29 mai 2007

Europe: l'heure de vérité, par Nicolas Dupont-Aignan

Nous sommes le 29 mai 2007. Il y a deux ans jour pour jour le peuple français, dans un sursaut de lucidité et de liberté, rejetait le piège mortel de la Constitution européenne.

Cet acte collectif d’indépendance a été immédiatement perçu comme un sacrilège par les élites européennes qui, comme les émigrés de l’ancien Régime, ne supportent pas la remise en cause de leur nouvelle tutelle.

Tout a été fait depuis pour culpabiliser et accabler les peuples français et hollandais. La crise de l’Europe aurait été la conséquence de ce vote alors qu’elle en est, bien sûr, à l’origine.

Les Français n’ont pas voté ce jour-là contre la belle idée européenne mais contre la trahison de l’idéal européen par ceux qui mènent la danse à Bruxelles, Frankfort et Luxembourg.

Les commentateurs se trompent aujourd’hui en croyant que les Français sont revenus sur leur vote en élisant Nicolas Sarkozy. Le nouveau Président a été élu (l’analyse géographique et sociologique du scrutin le prouve) pour une bonne partie par les électeurs du NON. Ses diatribes contre la Banque Centrale européenne et le libre échange déloyal, son refus de l’adhésion turque, ont été pour beaucoup dans son succès.

La question aujourd’hui est simple. S’agit-il d’un coup politique comme celui de la « fracture sociale » de 1995 ? Ou alors est-ce le début d’une véritable réorientation de la politique française ? L’avenir le dira. En tous cas, pour ma part, je ferai tout pour peser sur la politique européenne de la France et alerter l’opinion. Car, ne nous faisons pas d’illusion, aucun redressement ne sera possible en France s’il n’y a pas une refondation européenne. Pour la simple et bonne raison qu’il ne peut y avoir de résultats si on ne traite pas les causes du mal, qui se trouvent pour une bonne partie en dehors de nos frontières.

Pas de maîtrise de l’immigration sans contrôle des frontières ;* - pas de relance de l’emploi et de l’investissement sans réforme de la Banque Centrale européenne ;
pas de lutte contre les délocalisations sans préférence communautaire ;
pas de cohésion européenne avec l’adhésion turque ;
pas d’indépendance de la France avec le renforcement des votes à la majorité et la fin de l’égalité au conseil entre la France et l’Allemagne.

Après 1981 les Français se sont sentis trompés, car François Mitterrand a refusé de s’attaquer à la dérive européenne. Après 1995, les Français se sont sentis trahis par Jacques Chirac, car il a oublié la fracture sociale sitôt élu. Après 1997 les Français se sont sentis méprisés par Lionel Jospin, qui a dénoncé le Pacte de stabilité à la veille du second tour, avant de se dire dès le lendemain impuissant à le changer pour cause de cohabitation !

Nicolas Sarkozy n’a pas le droit à l’erreur !

C’est pourquoi il faut :

opposer le veto de la France dès le 26 juin à l’ouverture des trois nouveaux chapitres de négociation pour l’adhésion turque ;

revoir les statuts et les objectifs de la Banque Centrale européenne, pour que la croissance et l’emploi soit défendus à égalité avec la lutte contre l’inflation ;

rappeler à l’ordre les Commissaires européens au commerce extérieur et à l’Agriculture, qui évoquent ouvertement le démantèlement de la PAC comme monnaie d’échange à l’OMC ou variable d’ajustement des politiques structurelles de l’UE ;

veiller à ce que le mini traité ne reprenne pas la « substance » de la Constitution rejetée, notamment l’extension exagérée de la majorité qualifiée, la primauté du droit communautaire sur le droit constitutionnel national, ou encore une pondération démographique qui déséquilibrerait gravement la relation franco-allemande.

A nous de nous mobiliser pour que la France garde sa marge de manœuvre préalable indispensable à son redressement.

A nous de nous mobiliser pour bâtir une Europe réellement au service des peuples qui la composent.

28 mai 2007

Préparer l'avenir du mouvement gaulliste et républicain

Nicolas Dupont-Aignan dans un récent message Internet adressé aux adhérents de Debout la République évoque l'avenir du courant gaulliste et républicain en France et le rôle que doit jouer DLR. Il justifie encore une fois le choix qu'il s'était moralement imposé pour le deuxième tour de l'élection présidentielle.


Voici ci-dessous la teneur de ce courriel:



Chers Amis, Chers Compagnons,

En adhérant à DLR vous avez exprimé votre volonté de changer la vie
politique française et de porter haut et fort l'idéal gaulliste et républicain,
sans lequel la France n'est plus la France. Les dernières semaines ont été
délicates pour notre mouvement. J'ai été empêché de me présenter à l'élection
présidentielle et ce fut une déception personnelle et politique car j'avais le
sentiment que beaucoup de nos concitoyens regardaient ma démarche avec
sympathie. D'ailleurs, nous avons reçu au lendemain de ce 16 mars fatidique bon
nombre de témoignages de soutien et d'encouragement. Au premier tour, j'ai
refusé de soutenir quiconque car aucun candidat ne portait notre idéal. Au
second tour, j'ai rendu public mon vote en faveur de Nicolas Sarkozy. Je sais
que cette position en a heurté certains autant qu'elle en a réjoui d'autres.
Mais il fallait bien choisir et, aussi bien en tant qu'élu, responsable de parti
politique et que citoyen, il était pour moi impensable d'aller à la pêche alors
qu'il était demandé aux Français de s'acquitter de leur devoir civique. Faute
morale, une telle attitude aurait été une grave erreur politique car, sous la
Vème République, refuser de se situer dans la majorité ou l'opposition c'est
être nulle part. Même fort de ses 6,8 millions de voix du premier tour, François
Bayrou risque d'en faire l'expérience au soir du 17 juin !

Dans ce contexte peu porteur, il a été particulièrement difficile de se
remettre en selle pour participer à la bataille des législatives. Heureusement,
la plupart des responsables locaux de DLR se sont mobilisés pour que nous
présentions un maximum de candidats de qualité, ce qui doit permettre à notre
mouvement de devenir demain un parti politique à part entière. Une soixantaine
de candidats porteront nos couleurs ou seront administrativement rattachés à
Debout la République.


Selon le score d'au moins cinquante d'entre eux, DLR pourrait ainsi avoir
accès au financement et à la reconnaissance publics qui sont cruciaux pour son
action et son avenir. L'objectif est aussi de renforcer notre implantation
locale, en vue des échéances électorales suivantes où j'entends bien que nous
nous investissions (municipales, cantonales, européennes). L'objectif, enfin,
est de peser de toutes nos forces sur la question européenne qui revient au
grand galop sur le devant de la scène. Car n'en doutons pas : l'élection de
Nicolas Sarkozy n'a pas tranché le question clef des rapports entre la France et
l'Europe. Nicolas Sarkozy a été élu en grande partie, les résultats électoraux
le prouvent, par les couches populaires qui ont voté Non le 29 mai 2005. En
chevauchant, reconnaissons-le, nos thèmes et nos thèses sur la Banque Centrale
Européenne et les dangers de l'Euro fort, l'indispensable rétablissement d'une
juste préférence communautaire, la nécessité de maintenir des frontières pour
maîtriser l'immigration et le refus de l'adhésion de la Turquie à l'Europe, la
promotion d'une identité nationale décomplexée, Nicolas Sarkozy a rendu espoir à
beaucoup de Français. La question centrale aujourd'hui est de mettre en
application ces orientations.


Le rôle de DLR, notre rôle à tous, est d'exprimer et de porter ces espoirs au
sein de la majorité nouvelle, de rappeler qu'aucun redressement de la France ne
sera possible sans changer en profondeur le logiciel de la construction
européenne. L'agenda européen coïncide parfaitement avec l'épreuve de vérité du
début de mandat et avec le contexte propice des élections législatives :



Lors du sommet des 21 et 22 juin, la question de l'avenir institutionnel
de l'Union Européenne sera posée sur la table. Je me battrai pour que le « mini
traité » proposé par le président de la République ne soit pas une simple
resucée de la Constitution européenne rejetée par le peuple français, dont on se
serait contenté de supprimer les symboles ostentatoires en en conservant la «
substance ».


Le 26 juin, la Commission de Bruxelles proposera l'ouverture de trois
nouveaux chapitres de négociation pour l'adhésion de la Turquie. Je me battrai
pour que Nicolas SARKOZY, conformément à l'hostilité permanente qu'il a affichée
ces dernières années face à l'intégration turque, oppose le veto de la France.


Courant juin, la Banque Centrale Européenne annoncera en toute
probabilité une hausse de ses taux d'intérêt pour lutter contre une inflation
qui n'existe plus. Je me battrai pour que le nouveau président de la République
accorde ses actes avec les dures paroles qu'il a prononcées contre l'ineptie de
cette politique monétaire à contrecourant de notre politique de l'emploi.


Enfin, l'OMC va reprendre bon train la négociation du fameux « cycle de Doha
», qui donnerait un coup de grâce sans aucune contrepartie à notre industrie
agroalimentaire. Je me battrai alors pour que le chef de l'Etat rappelle à nos
partenaires et à la Commission sa promesse faite aux Français de rétablir une
vraie préférence communautaire, seule garantie réelle d'échanges commerciaux
équitables entre l'Europe et les autres grandes régions économiques du monde.


Pour que DLR puisse peser d'un vrai poids dans ces batailles vitales pour
l'avenir de la France, je vous demande de vous mobiliser :
En
apportant votre aide et votre soutien à nos candidats d'ici au 10 juin.
En témoignant une fois de plus de votre générosité par vos dons à DLR,
dont les moyens très éprouvés sont mis au service de notre campagne
législative.Je vous demande enfin de faire preuve d'indulgence vis-à-vis de
l'équipe nationale de DLR, actuellement en sous-effectif, et totalement absorbée
par l'aide de chaque instant qu'elle fournit à nos candidats. La restructuration
de notre mouvement, des nominations nouvelles à la tête des clubs et de nos
instances départementales, seront annoncées en juillet.


Enfin, nous discuterons à tête reposée de l'année écoulée, de nos
orientations, de notre positionnement national, de nos perspectives, lors de nos
prochaines universités de rentrée qui auront lieu les 7, 8 et 9 septembre
prochains, vraisemblablement en Ile-de-France. Naturellement, je vous invite à
réserver d'ores et déjà ces dates sur votre agenda personnel.


Je compte sur votre confiance intacte et votre soutien actif !


Cordialement,


Nicolas DUPONT-AIGNAN

22 mai 2007

Le blog reprend, par Nicolas Dupont-Aignan

Après quelques semaines d’interruption, je suis décidé à reprendre mon blog.

Soyons francs, les lendemains de ma précampagne présidentielle ne furent pas faciles à gérer.
D’un côté, un grand nombre de témoignages de soutien de tous ceux qui comptaient sur moi pour porter les valeurs gaullistes, de l’autre côté les portes qui soudain se ferment au prétexte que vous n’êtes plus dans la course.

Le mérite de ce genre de situation est de pouvoir vite trier les vrais amis des faux. Je tiens à cet égard à remercier sincèrement tous ceux qui loin de se décourager se sont retroussés les manches pour relever les défis immédiats.

Il a fallu tout d’abord surmonter le choix du 2nd tour. Je sais que certains m’ont reproché mon vote en faveur de Nicolas Sarkozy. Mais que voulaient-ils faire ? Voter Ségolène Royal ? Son projet était inepte. Ne pas se déterminer ? Je ne me voyais sincèrement pas aller à la pêche tout en demandant aux Français d’aller voter !

Je crois, au contraire avoir fait le bon choix car dans la vie, quels que soient les désaccords, il faut savoir choisir. Et entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, mon choix pour la France était simple. Ce choix ne m’interdit d’ailleurs en rien de faire part de mes sentiments en fonction de mes convictions. Ce choix me permet de conquérir définitivement mon autonomie.
C’est dans cet esprit que Debout la République présentera au 1er tour comme le MPF ou le CNI des candidats aux élections législatives. Je remercie les candidats gaullistes et républicains présents dans 59 circonscriptions pour leur courage. Leur tâche n’est pas facile mais elle est indispensable pour faire vivre notre idéal et faire connaître notre mouvement.

Debout la République est désormais autonome de l’UMP. Il lui fallait donc voler de ses propres ailes. Certes le début est modeste mais il était impératif d’être présent. Le scrutin uninominal à deux tours permet à des partis politiques d’exister au 1er tour malgré la bipolarisation imposée par le second.

On peut avoir voté pour Nicolas Sarkozy, souhaiter le succès de son gouvernement et en même temps défendre nos propres convictions pour que cette certaine idée de la France inspire l’action de la majorité.

Debout la République, comme le MRC de Jean-Pierre Chevènement à gauche ou le MPF à droite, doit cependant éviter deux écueils :
- celui de la fusion avec le parti majoritaire. C’est tout le sens de notre départ de l’UMP. Nous sommes différents, notamment sur l’Europe, et nous devons l’assumer.
- celui du « ni-ni » car sous la Vème République, il est impossible d’être « ailleurs », sauf à être nulle part. Il faut bien se positionner. C’est la logique institutionnelle.

La tâche est difficile car il est évident que le PS comme l’UMP veulent imposer une bipolarisation totale. Mais pour cela, il faudrait qu’ils passent à un scrutin législatif à 1 tour et à une élection présidentielle à un tour.

Nous en sommes loin. Les Français sont attachés à la diversité politique. A nous donc de la faire vivre.

10 mai 2007

Réunion de la campagne législative reportée

La réunion de lancement de campagne pour les élections législatives en Seine-Maritime est reportée. Une nouvelle date sera annoncée très prochainement.

Poursuivez ici le débat sur la campagne législative de Debout la République.

Un nouveau président mais pour quelle politique ?, par Nicolas Dupont-Aignan

Les Français ont élu Nicolas Sarkozy Président de la République pour tourner la page de 20 années d’immobilisme. Ils ont été séduits par le langage direct et le sentiment donné par le candidat qu’avec lui tout est possible. Ils ont aussi estimé que Ségolène Royal n’était pas suffisamment apte à s’attaquer aux maux du pays.

Cette campagne n’a pourtant pas abordé le fond des problèmes. Les deux finalistes ont surtout mené une campagne d’image et le plus dur commence maintenant.

Le nouveau Président doit en effet à la fois réconcilier les Français et s’attaquer aux racines des problèmes.

Pour ce faire quelle sera sa politique ? Celle de ses proches qui rêvent de normaliser la France ou celle de ses discours qui s’attaquaient à la politique de la Banque Centrale européenne ou du libre échange déloyal ? Beaucoup, je le sais bien, m’ont reproché d’avoir rendu public mon vote en sa faveur. Mais, j’ai clairement indiqué que si au 1er tour on exprime une préférence, au second on élimine le candidat dont le projet est le moins positif pour le pays.

Or j’assume mon rejet du programme de Ségolène Royal qui aurait perpétué un immobilisme fatal pour la France. Le duel télévisé de l’entre-deux-tours a d’ailleurs révélé aux Français combien sur les retraites, l’emploi, la sécurité, l’immigration, le projet de Nicolas Sarkozy était, que cela plaise ou non, plus solide que celui de sa rivale.

Quant à l’affaire européenne, les deux candidats ont cultivé la plus parfaite ambiguïté : tous deux partisans acharnés du oui en 2005, l’un et l’autre se sont contentés de donner des gages particulièrement fragiles à la France du non, sans qu’il soit possible de savoir à coup sûr où se trouvait la moins mauvaise garantie contre la résurgence du traité. Car, entre nous, il était bien évident que la candidate socialiste, en promettant un référendum, cherchait avant tout à réconcilier le oui et le non à gauche plutôt qu’à l’échelle du peuple français tout entier. Rien ne dit qu’elle aurait tenu parole, dès lors que l’adjonction de quelques vagues protocoles sociaux au TCE aurait ramené un semblant de calme dans son camp. De son côté, Nicolas Sarkozy a certes affiché la couleur d’une ratification parlementaire, mais en prenant soin de dire que, la Constitution étant « morte », il ne pouvait s’agir que d’un traité a minima. Dans un cas comme dans l’autre, les garanties et les assurances étaient en réalité bien minces.

Quoi qu’il en soit, ce n’est pas parce que j’ai fait mon choix que cela m’interdira de mener avec franchise mon action politique. Tout au contraire, c’est parce que j’ai eu le courage de surmonter mes réticences vis-à-vis de certains aspects du candidat de l’UMP, de ne pas me complaire dans le ni-ni, que je pourrais d’autant plus dire et agir.

L’enjeu maintenant est de faire comprendre au Président et à sa nouvelle majorité qu’ils doivent, pour réussir, être cohérents. Ce n’est en effet qu’en changeant préalablement d’Europe que l’on pourra redresser la France.

Pour maîtriser l’immigration, il faut contrôler les frontières et aider l’Afrique. Pour relancer l’emploi, il faut changer le fonctionnement de la Banque Centrale européenne et rétablir la préférence communautaire. Pour investir massivement dans les industries d’avenir, il faut revoir la politique de la concurrence.

La question européenne et la manière dont l’abordera Nicolas Sarkozy sera donc le test essentiel du début de mandat. Soit le Président capitule devant la pression de certains de nos partenaires et c’en sera fait, prématurément et définitivement, de son état de grâce : la déception des Français sera alors immense. Soit il réussit par le bras de fer à faire évoluer les choses et alors il se donnera les moyens d’avoir des résultats. Je précise d’ailleurs que s’il devait en être ainsi, je lui apporterai un soutien sans équivoque ni hésitation.

Tout l’enjeu est là. C’est pourquoi nous devons saisir les élections législatives pour nous muscler. C’est le sens des quelques 70 candidats que nous présenterons en juin.

Il s’agit de peser sur la future politique qu’impulsera le nouveau Président de la République.

04 mai 2007

Ne pas se dérober, par Nicolas Dupont-Aignan

Chers Compagnons, Chers Amis,

Le 31 mars à la Maison de la Chimie, nous avons collectivement décidé que DLR ne donnerait aucune consigne de vote pour l’élection présidentielle, chacun étant laissé entièrement libre, en conscience, de son choix.

Pour ma part, j’avais alors précisé que je ferais connaître, le moment venu, mon choix personnel pour le second tour.

Depuis lors, et après un premier tour inattendu, certains ont fait savoir qu’ils opteraient qui pour l’abstention, qui pour le vote blanc, qui même pour Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy.

Beaucoup d’entre vous, par ailleurs, sont curieux de ma propre décision.

Je vous l’avais promis, je n’avais aucunement l’intention de me dérober : en effet, j’estime inimaginable de me laver les mains, tel Ponce Pilate, du second tour de l’élection majeure pour l’avenir de notre pays.

Au premier tour, on exprime une préférence, qui pour nous, gaullistes et républicains, n’existait pas dès lors qu’aucun candidat de nos idées n’était sur les rangs. Au second tour, en revanche, on élimine celui ou celle dont le projet est le moins pertinent pour la France, quelles que soient par ailleurs les désaccords qu’on peut avoir sur tel ou tel aspect.

C’est ainsi que je viens de faire connaître mon choix pour dimanche prochain, dans un communiqué adressé à la presse et que je vous joins ci-dessous.

Vous vous en doutez, je ne nie aucunement le profond désaccord que j’ai avec Nicolas Sarkozy sur la Constitution européenne. Certes, je me suis réjoui de le voir reprendre à son compte nos thèses sur l’euro cher, la préférence communautaire ou encore la TVA sociale. Pour autant, je demeure très vigilant sur la question institutionnelle européenne, car si d’un côté Nicolas Sarkozy dit ne pas vouloir revenir sur un traité rejeté par les Français, de l’autre il propose d’introduire par la voie parlementaire certaines réformes de la Constitution selon lui consensuelles, y compris l’extension de la majorité qualifiée assortie de la double pondération qui sont et resteront pour nous totalement inacceptables.

Aussi, pour nous donner les moyens de nos ambitions, au-delà de cette échéance difficile, je veux m’atteler à la construction du vrai parti gaulliste et républicain indépendant dont nous avons jeté les bases le 31 mars.

C’est pourquoi je vous confirme que Debout la République présentera des candidats lors des élections législatives de juin (une centaine au plus) afin de garantir à l’avenir son indépendance financière et de poursuivre son travail d’implantation locale.

Plus que jamais, nous devons serrer les rangs et nous mobiliser pour bâtir un avenir gaulliste et républicain pour la France.


Le 3 mai 2007
COMMUNIQUE DE PRESSE


Le 6 mai, Nicolas DUPONT-AIGNAN votera Nicolas SARKOZY

Le temps du choix est venu. Le 6 mai les Français devront décider du chemin
de la France pour les cinq prochaines années. Si Debout la République a
collectivement et démocratiquement décidé ne pas donner de consignes de vote,
j’ai pour ma part clairement indiqué que je ne me déroberai pas et que je
rendrai public mon vote.

J’ai décidé d’apporter mon suffrage à Nicolas Sarkozy pour faire barrage à
une gauche sans projet précis. Le flou du programme socialiste sur les retraites
et la réforme de l’Etat, comme sur les questions essentielles de l’immigration
et de la Turquie, est préjudiciable à l’avenir du pays.

Si je refuse par sens de l’intérêt national cinq ans d’immobilisme
socialiste, je m’oppose et m’opposerai cependant à toute ratification
parlementaire, sous quelque forme que ce soit, des dispositions de la
Constitution européenne massivement rejetées par les Français.

Nicolas DUPONT-AIGNAN
Député de l’Essonne
Président de Debout la République