21 janvier 2008

Réforme de l'audiovisuel public : pour le meilleur ou pour le pire, par Nicolas Dupont-Aignan

La décision du Président de la République de supprimer toute publicité sur les chaînes publiques part d’une bonne intention mais risque de se retourner contre le service public.

Oui, il y a sans doute trop de publicité sur France2 et France3, les piégeant dans l’engrenage d’une course à l’audimat qui n’est pas toujours belle à voir et qu’elles ne peuvent pas, par nature, gagner sur ce terrain peu reluisant de la télévision purement commerciale. Faut-il pour autant tout supprimer ? N’allons-nous pas passer d’un excès à l’autre ? Attention à ne pas enfermer France télévisions dans une espèce de ghetto culturel qui l’éloignera des Français, favorisera les chaînes privées aux émissions parfois racoleuses et aboutira en fin de compte au démantèlement du service public.

Surtout, où trouver les 1,2 milliard nécessaire à l’opération (800 millions de pub et 400 millions pour remplacer les 3 heures de pub par des programmes) ?

Pourquoi ne pas mettre en œuvre une politique plus équilibrée, plus progressive ? Pour ma part, je proposerai :

  1. Une suppression partielle de la publicité de 19H30 à 22H afin de libérer la première partie de soirée de la tyrannie de l’audimat. Dans une première étape pourquoi ne pas tester cette solution sur une seule chaîne publique : France3 par exemple.
  2. La création d’une taxe sur les ressources publicitaires des chaînes privées, car il n’y a aucune raison pour que cette opération bénéficie exclusivement à ces dernières.
  3. Une légère et progressive augmentation de la redevance car on ne peut pas avoir un service public fort, comme en Allemagne, sans un financement pérenne. Cela aiderait aussi à la constitution d’un pôle extérieur dynamique dans le monde (RFI, TV5, France 4).
  4. De nouveaux cahiers des charges différenciés par chaîne, tout en veillant à ne pas étouffer le service public sous des contraintes irréalistes.
  5. L’interdiction, comme dans d’autres pays, pour un groupe économique détenant une chaîne de télévision de vivre des commandes de l’Etat (armement, BTP…).
Rouvrir le débat sur l’avenir du service public de l’audiovisuel n’est pas anodin. Cela peut mener au pire comme au meilleur. Quand on voit les difficultés pour s’exprimer dans notre pays sur certaines chaînes privées, quand on connaît les pressions répétées sur certaines dans le service public, il est clair que pour conserver un minimum de liberté d’expression, nous avons intérêt à rester vigilants ! A agir pour que la réforme de l’audiovisuel public mène au meilleur…

19 janvier 2008

"L'intendance suivra..." disait le Général de Gaulle

Suite à un problème de ligne téléphonique qui a fait que d'où ce blog était édité nous n'avions plus de téléphone ni d'Internet depuis plus d'un mois, voici le retour à la normale. Ce blog va de nouveau reprendre sa mise à jour régulière. Il rassemblera à nouveau toute l'actualité de Nicolas Dupont-Aignan et de Debout la République et permettra à tous de dialoguer par le biais des commentaires.

Merci de votre fidélité.

Avec tous nos voeux de bonne et heureuse année à tous nos visiteurs et commentateurs.

16 janvier 2008

Le grand silence..., par Nicolas Dupont-Aignan

Présentation à la presse lundi de mon livre, Le coup d’Etat simplifié, discours dans le cadre du débat sur la révision constitutionnelle à l’Assemblée Nationale mardi, je n’ai pas relâché mes efforts ces derniers jours pour alerter l’opinion sur les terribles conséquences du traité de Lisbonne et plus encore sur le viol délibéré de notre démocratie que représente la ratification parlementaire.

Nous étions peu nombreux à l’Assemblée hier soir à nous opposer à ce coup de force parlementaire, sans précédent depuis la libération.

Les interventions des orateurs de l’UMP furent stupéfiantes. Le Général de Gaulle a dû s’en retourner dans la tombe ! Les arguments les plus faux ont été utilisés pour justifier l’injustifiable : le refus de consulter le peuple par référendum. L’un d’entre eux est même allé jusqu’à invoquer Gaston Monnerville, tandis que Madame Ameline raillait dans la veine politicienne la plus petite l’action parlementaire de ceux qui demandaient un référendum ! Pour ma part, j’ai démonté un à un les arguments du Gouvernement qui n’a pas jugé bon de me répondre car, honnêtement, il n’avait rien à redire !

En vérité, à côté de celles et ceux qui ne comprennent rien à rien et qui de toute façon s’en moquent, il y avait hier les parlementaires depuis toujours fédéralistes conscients du changement de régime historique qu’entraîne la ratification du traité de Lisbonne et qui savouraient discrètement leur victoire. Et ceux, bien naïfs, qui croient encore que l’on peut d’un côté faire preuve de volontarisme politique national et de l’autre appliquer un tel traité.
Face à ce front uni, le Parti Socialiste écartelé était aux abonnés absents et seuls les communistes, quelques gaullistes et une souverainiste, ont lutté jusqu’au bout !

Côté médiatique, nous continuons à nous heurter à un mur jamais vu. A part quelques journalistes assez surpris comme nous du grand silence de la presse, l’indifférence demeure la règle. Une règle de fer ! L’un d’entre eux, assez lucide, me disait avoir été missionné pour un reportage sur le billet d’un euro proposé par Louis Giscard d’Estaing, plutôt que de parler du débat sur l’avenir de la démocratie en France ! Pendant ce temps, on entendait et lisait partout que le PS est profondément divisé, sans qu’il soit fait mention en quoi que ce soit de l’enjeu de forme et de fond que représente la scélérate ratification parlementaire…

Une autre encore m’avouait, je la cite : « Mais pourquoi en parler, les Français trouvent cela compliqué ».

Il est sûr que si les médias n’en parlent pas, personne ne s’y intéressera ! Je demande aux journalistes, aux éditorialistes que je crois honnêtes et sincères pour la plupart, d’oser enfin parler des choses importantes. L’adoption du traité de Lisbonne qui transfère des pouvoirs considérables à des organismes non élus et qui vide de sa substance notre démocratie mérite débat, à tout le moins devoir d’alerte !

D’ailleurs, les Français s’y trompent moins qu’on veut le faire croire : 70% disent leur volonté d’un nouveau référendum, mais les médias ne diffusent pas cette information malséante et la commentent encore moins…

A force d’écarter du débat tout ce qui est substantiel, essentiel, vrai, le miroir médiatique dans lequel se mirent sans complexe les élites qui nous gouvernent, se brisera avec elles. Car n’en doutons pas, on ne pourra pas continuer bien longtemps à vivre paisiblement en France dans un système aussi verrouillé, aussi oligarchique, aussi méprisant pour le peuple et l’intelligence du public. Il n’est pas d’exemple historique où les Français subissent sans se rebeller une telle charge de plomb.

Au lieu d’y prêter la main, les principaux médias, notamment la presse écrite qui connaît un désamour croissant des lecteurs, devraient se souvenir que leur audience tient avant tout à leur crédibilité face à l’opinion publique.

14 janvier 2008

Voeux de DLR à la presse, par Nicolas Dupont-Aignan

J’ai présenté aujourd’hui les vœux de Debout la République à la presse pour la nouvelle année qui m’a permis de présenter mon dernier livre, Le coup d’Etat simplifié. Ce billet reprend mes propos.

Mes chers compagnons,

A l’aube de cette nouvelle année, permettez-moi de vous adresser mes vœux les plus sincères de bonheur.

Notre mouvement Debout La République a pris son indépendance. Lors de nos Universités d’été, nous avons pu constater que l’épreuve de la présidentielle n’avait pas éloigné nos responsables et nos militants. Comme nous nous y étions engagés, l’automne a été le temps de la structuration sur le territoire.

Dans 70 départements, nous avons désormais des équipes solides. Président départemental, Secrétaire départemental, Délégués de circonscription, notre mouvement s’est étoffé pour donner un cadre aux près des 10 000 adhérents que nous recensons en ce début d’année.

En 2008, nous allons poursuivre ce travail avec Jean-Pierre Antoni, notre nouveau Secrétaire Général, et Dominique FARCIS, son Adjoint.

En 2008, nous adopterons aussi nos nouveaux statuts lors de notre Congrès Fondateur.

Je voudrais remercier toutes celles et tous ceux, notamment les Elus, qui croient comme moi qu’une voix gaulliste, républicaine et sociale doit pouvoir s’exprimer dans le paysage politique français.

Je suis en effet convaincu que les Français se lasseront vite du One Man Show présidentiel.
Ils se lasseront pour trois raisons principales.

1. Tout d’abord, puisque l’on ne parle plus que de cela, le style, la fameuse modernité va vite se démoder. Pour une raison très simple, le Président de la République doit être un symbole pour la Nation, un symbole de désintéressement, de dignité, de sérénité. Le Général de Gaulle concevait bien évidemment le Président comme celui qui, au-dessus des partis, des intérêts, des influences, incarnait la France.

Or, je ne crois pas qu’en se rendant devant les cadres de l’UMP, en empruntant l’avion d’un riche industriel, en augmentant sa rémunération, le Président puisse se hisser au-dessus de la mêlée.

La fonction présidentielle constituait l’un des atouts de la France dans le concert des Nations. La transformation du Président en un super Premier Ministre peut sembler à première vue alléchante. A moyen terme, elle prive la France d’un Président capable de rassembler, donc de durer.

2. Ensuite, sur le fond, les Français vont se lasser du fossé grandissant entre les discours et les actes. La saturation médiatique des coups d’éclats, des belles intentions, d’un volontarisme politique parfois séduisant n’empêchera pas les Français de juger les résultats. Et ceux-ci ne pourront qu’être malheureusement fort maigres, puisque les politiques menées ne correspondent en rien aux engagements.
- L’école primaire devait être la priorité mais on supprime 7% des heures de cours, et on veut porter aux communes la charge financière de l’accueil des élèves le samedi matin.
- Le logement social est un impératif mais on laisse Bruxelles banaliser le Livret A.
- L’immigration devait être maîtrisée mais on tolère, on encourage même, une immigration de travail sans précédent.
- La culture dans les services publics devait être renforcée mais, sous prétexte de la favoriser, on supprime toute la publicité des chaînes publiques, au risque de renforcer encore l’hégémonie des chaînes privées.
- La politique étrangère devait renouer avec les grands principes mais on déroule le tapis rouge devant Kadhafi.
- On n’a que le mot Démocratie à la bouche mais on bafoue le Peuple en ratifiant au Parlement le traité de Lisbonne et on veut supprimer le verrou du référendum obligatoire sur l’entrée de la Turquie.
- On fait campagne sur le pouvoir d’achat et on s’en lave les mains le lendemain.
- On parle de civilisation, synonyme de qualité de vie, d’humanité mais on prépare une France de l’argent-roi.

Les idées sont souvent intéressantes, les discours sont parfois magnifiques, mais les actes n’ont rien à voir avec eux.

Dans le domaine européen bien sûr, le double langage est à son comble :
- la «démocratie Européenne» : on l’impose par la force ;
- l’Europe qui protège : on signe un traité qui va déréguler toujours plus ;
- l’Euro trop cher : on refuse d’en faire un élément de négociation ;
- la France est de retour : pour briller le temps d’un sommet, elle a tout cédé en acceptant un traité qui est la copie de celui qu’a refusé son Peuple.

En vérité, la France par ce traité renonce à son modèle, se lie les mains et affaiblit un peu plus sa Démocratie.

En vérité sous prétexte de vouloir redresser la France, le Président de la République la normalise, en fait un Lander, un état américain où le pouvoir n’a plus le pouvoir. D’où peut-être, d’ailleurs, l’intérêt d’amuser la galerie, d’occuper les gazettes, de «tenir» l’information.

3. La troisième raison de la lassitude prochaine des Français est l’omniprésence du Président et l’évanouissement des acteurs de notre vie politique. Tout semble se résumer en un dialogue entre Nicolas Sarkozy et le miroir que lui tendent les médias sous le regard de plus en plus ébahi et agacé de nos compatriotes.

Le silence du Premier Ministre, des Ministres, de l’UMP, comme une certaine atonie voire complaisance de l’Opposition, vide de sa substance le débat public. Tout n’est qu’apparence tactique, jeux de rôle.

Alors je le sais, beaucoup répondent à quoi bon ? Comment se faire entendre ? Il fait tout ! Il tient tout !

Et bien, à nous d’exister, de réagir, de proposer. A nous d’offrir une alternative nationale, républicaine, sociale.

- Tous ceux qui croient en la Nation, dans une Europe refondée autour de projets concrets ;
- tous ceux qui aspirent au retour d’une Démocratie vivante où les médias ne sont pas sous le poids des intérêts ;
- tous ceux qui veulent des Institutions équilibrées, où le Premier Ministre, la Majorité et l’Opposition reprennent vie ;
- tous ceux qui veulent une économique forte au service du progrès social ;
- tous ceux qui croient en la laïcité ;
- tous ceux qui veulent une politique étrangère, indépendante de celle des Etats-Unis ;
doivent faire tout ce qu’il est possible de faire pour peser sur le cours du quinquennat.
De deux choses l’une :
- soit nous sommes entendus et le Président, réalisant qu’il ne peut pas continuer ainsi à tout se permettre, réoriente son action ;
- soit il poursuit dans ce «berlusconisme» et nous offrirons alors une alternative aux Français, une alternative qui sera bien utile au pays si cette agitation perpétuelle mène au chaos.

Alors, vous le voyez mes Amis, l’enjeu est là. Bâtir une force politique capable de proposer avant qu’il ne soit trop tard une voie digne, sérieuse, solide, efficace pour vraiment redresser en profondeur le pays et redonner un espoir aux Français.

08 janvier 2008

Incohérences, par Nicolas Dupont-Aignan

Décidément, à gauche comme à droite, la journée du 8 janvier aura été marquée par l’affichage assumé de positions politiques incohérentes. Comme si dans notre pays on pouvait dire sans aucune gène tout et son contraire !

Pour une fois commençons par le Parti socialiste, qui vient d’annoncer le boycott du Congrès de Versailles pour soi-disant protester contre la ratification parlementaire du Traité de Lisbonne.
Le plus sérieusement du monde François Hollande appelle pourtant à un référendum !

Comment peut-on à ce point se moquer des Français quand on sait que c’est justement en allant à Versailles voter contre cette modification parlementaire de la Constitution préalable à la ratification du Traité européen, que les députés et sénateurs PS pourraient, s’ils le voulaient, vraiment forcer le Président de la République à consulter les Français.

En effet, l’UMP et le Nouveau Centre ne disposent pas de la majorité des 3/5 pour faire modifier la Constitution. Avec les communistes, les gaullistes et les souverainistes, les socialistes pourraient dépasser les 2/5 et bloquer tout.

En vérité, une partie du PS approuve le Traité de Lisbonne et n’entend pas respecter l’engagement d’un référendum de la campagne présidentielle. Mais comment le PS sera-t-il crédible demain devant les Français, quand aujourd’hui il refuse de les consulter et se fait ainsi le complice du Président de la République qu’il prétend par ailleurs combattre ?

La journée d’aujourd’hui a aussi été un modèle d’incohérence du côté droit. La conférence de presse de Nicolas Sarkozy aurait pu être un grand moment de volontarisme politique. Comment ne pas partager les propositions du Président de la République sur l’école, la télévision publique, la politique industrielle, la participation, … ?.

Mais là aussi, le double langage atteint des sommets. Car comment oser parler de « l’Europe qui protège » quand on impose aux Français un Traité européen qui ligotera la France par un système de décisions à la majorité qualifiée ? A 27 nous sommes en effet en minorité dans quantité de domaines (OMC, politique de la concurrence, etc…). D’un côté le Président affirme « la France est de retour », de l’autre il abdique la souveraineté nationale, c'est-à-dire la liberté du peuple français de mener la politique qui lui semble la meilleure !