27 février 2008

Interview de Victor Hugo sur le Président de la République

Voilà un petit texte qui circule beaucoup sur Internet ces dernières heures. Nous n'avons pu résisté à vous en faire profiter ici. "Corrosif".

Quel regard portez-vous sur notre nouveau Président ?

Depuis des mois, il s'étale; il a harangué, triomphé, présidé des banquets, donné des bals, dansé, régné, paradé et fait la roue... Il a réussi. Il en résulte que les apothéoses ne lui manquent pas. Des panégyristes, il en a plus que Trajan. Une chose me frappe pourtant, c'est que dans toutes les qualités qu'on lui reconnaît, dans tous les éloges qu'on lui adresse, il n'y a pas un mot qui sorte de ceci : habileté, sang-froid, audace, adresse, affaire admirablement préparée, instant bien choisi, secret bien gardé, mesures bien prises. Tout est là... Il ne reste pas un moment tranquille; il sent autour de lui avec effroi la solitude et les ténèbres; ceux qui ont peur la nuit chantent, lui il remue. Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets; ne pouvant créer, il décrète.

Derrière cette folle ambition personnelle, décelez-vous une vision politique de la France, telle qu'on est en droit de l'attendre d'un élu à la magistrature suprême ?

Non, cet homme ne raisonne pas; il a des besoins, il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse. Ce sont des envies de dictateur. La toute puissance serait fade si on ne l'assaisonnait de cette façon. Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit, et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve si énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve quelque surprise. On se demande comment a-il fait ? On décompose l'aventure et l'aventurier...On ne trouve au fond de l'homme et de son procédé que deux choses : la ruse et l'argent...Faites des affaires, gobergez-vous, prenez du ventre; il n'est plus question d'être un grand peuple, d'être un puissant peuple, d'être une nation libre, d'être un foyer lumineux; la France n'y voit plus clair. Voilà un succès.

Que penser de cette fascination pour les hommes d'affaires, ses proches ? De sa volonté de mener le pays comme on mène une grande entreprise ?

Il a pour lui désormais l'argent, l'agio, la banque, la bourse, le comptoir, le coffre-fort et tous les hommes qui passent si facilement d'un bord à l'autre quand il n'y a à enjamber que la honte...Quelle misère que cette joie des intérêts et des cupidités...Ma foi, vivons, faisons des affaires, tripotons dans les actions de zinc ou des chemins de fer, gagnons de l'argent; c'est ignoble, mais c'est excellent; un scrupule en moins, un louis de plus; vendons notre âme à ce taux ! On court, on se rue, on fait antichambre, on boit toute honte...Une foule de dévouements intrépides assiègent l'Elysée et se groupe autour de l'homme. C'est un peu un brigand et beaucoup un coquin.

Non, il ne s'agit pas de celui à qui vous pensez. Victor Hugo décrit le Prince-Président de la IIème République, le futur Napoléon III, dans son ouvrage corrosif : "Napoléon le Petit".

26 février 2008

Oui aux ruptures nécessaires, non à la transgression permanente !, par Nicolas Dupont-Aignan

A l’usage, il apparaît de plus en plus clairement que le président de la République ne peut s’empêcher d’exercer son mandat sur le mode d’un pouvoir très personnel et presque toujours à la limite de la transgression.

Transgression des usages républicains, des lois non-écrites de notre démocratie, des principes généraux parmi les plus consensuels,… comme si cette volonté de rupture, incontestable chez le président (et dont il faut encore attendre pour en mesurer les résultats concrets), ne pouvait s’exprimer que de manière systématiquement provocatrice et parfois même franchement transgressive.

Cette manie de la transgression, légitimement inquiétante pour une part croissante de nos concitoyens, s’est ainsi manifestée à propos de la réintégration de la France dans l’OTAN, de la scientologie et de la laïcité, de la Shoah, du salaire présidentiel, ou encore de l’échange de mots au salon de l’agriculture. Sur tous ces dossiers, pour certains essentiels, Nicolas Sarkozy est allé dans la mauvaise direction et avec une brutalité qui, quoi qu’il s’imagine, ne le rapproche pas des Français mais l’éloigne au contraire de la mission présidentielle qu’ils lui ont confiée.

Transgression aussi lors de la ratification parlementaire du traité de Lisbonne, cette Constitution européenne refusée par le suffrage universel et à peine remaquillée : Nicolas Sarkozy était l’homme tout désigné pour bafouer la voix du peuple exprimée deux ans plus tôt. Une « divine surprise » pour les élites, politiques, économiques et médiatiques, ravies de laisser ainsi à ce président toujours en première ligne la responsabilité d’un « sale boulot » qu’elles répugnaient à endosser elles-mêmes devant les Français. Souvenons-nous ainsi du « lâche soulagement » que trahirent les propos de François Hollande, déclarant que le PS n’avait pas à s’opposer à la ratification parlementaire au prétexte que Nicolas Sarkozy avait été légitimement élu à la présidence de la République. Argument bien entendu inepte et parfaitement hypocrite, car à ce compte-là le PS n’aurait aucune légitimité à s’opposer à la majorité sur aucun dossier, ce qu’il ne se prive pourtant pas de faire sur la plupart des réformes…

Aujourd’hui cette tentation élyséenne de la transgression s’applique à la censure partielle par le Conseil constitutionnel de la loi de rétention de sûreté, lui interdisant tout effet rétroactif. Les élites, hier complaisamment silencieuses sur la remise en cause du résultat référendaire de 2005, poussent tout à coup des cris d’orfraie parce que le président veut à juste titre parvenir à la prise en charge durable des criminels pathologiques.

Mais ce n’est pas parce que Nicolas Sarkozy propose une mauvaise solution (le contournement du Conseil constitutionnel) qu’il ne pose pas un vrai problème. Son style provocateur risque ici d’enfermer ce vrai problème dans une alternative en forme d’impasse : soit prendre ses aises avec l’Etat de droit, soit laisser dans la nature des prédateurs qui n’attendent que de recommencer.

Cette opposition stérile doit conduire d’urgence à mieux poser le problème : ce qui manque à notre pays, c’est d’une part une Justice suffisamment dotée de moyens (par habitant, ils sont actuellement moitié inférieurs à ceux de la Grande-Bretagne !) et la reconstruction de fond en comble d’un système psychiatrique apte aussi à traiter les criminels malfaisants, lorsque c’est possible.

Ainsi, à force de focaliser l’attention sur la manière, on en oublierait le fond : la nécessité de plaider avec sérieux cette réforme, de délimiter rigoureusement les populations auxquelles elle devra s’appliquer, de lui allouer les moyens humains et matériels qui font tant défaut.
On peut suivre Nicolas Sarkozy sur certaines de ses intuitions de rupture, mais il est indispensable qu’il rompe avec lui-même, avec sa tendance permanente à la transgression qui non seulement n’est pas la condition des réformes, mais en est bien souvent l’ennemie.

23 février 2008

De bonnes mesures pour l'école de la République

Xavier Darcos, ancien enseignant et actuel ministre de l'Education nationale, vient d'annoncer les mesures qu'il entendait mettre en oeuvre pour le rétablissement de l'école française. Depuis quelques années les experts s'accordent pour dresser un constat relativement allarmiste sur les capacités de nos enfants à lire, écrire et compter convenablement. Nicolas Dupont-Aignan avait d'ailleurs, lors de sa pré-campagne aux présidentielles de 2007, avancé diverses mesures pour y remédier. Aujourd'hui, le nouveau ministre applique l'axe directeur de notre projet éducatif (l'acquisition à l'école élémentaire des fondamentaux du français, des mathématiques et de l'éducation civique) sans en reprendre toutes les mesures nécessaires. Voici ci-dessous le texte du communiqué de presse envoyé par Debout la République et le rappel nos propositions pour l'école.


Ecole : coup de chapeau à Xavier DARCOS

Les pistes de réforme de l’école élémentaire avancées par Xavier DARCOS vont globalement dans le bon sens et méritent d’être saluées.

Principal problème, la suppression des heures de cour non-remplacées du samedi matin relance la perspective de la semaine de quatre jours, dont beaucoup de spécialistes soulignent à juste titre le caractère discutable. De même, cette diminution absolue d’heures de cour va à rebours de l’objectif affiché d’intensifier l’effort sur les matières fondamentales.

Pour autant, on ne peut que se réjouir de voir le paquet mis - enfin ! - sur les fondamentaux que sont le français et les mathématiques, sans oublier une éducation civique organisée autour des symboles et valeurs de la République, comme de l’histoire de la Nation.

Cette politique courageuse, osant traiter le problème dès le niveau de l’école élémentaire, marque le retour du bon sens au cœur de l’école de la République, ainsi que le souhaitent et le pratiquent d’ailleurs de plus en plus d’enseignants qui devront être étroitement associés à la mise en œuvre des mesures.

Nicolas DUPONT-AIGNAN
Député non-inscrit de l’Essonne
Président de Debout la République


Rebâtir l’école du mérite

Réaffirmer l’objectif d’une école publique, laïque et obligatoire, fondée sur l’effort et le mérite.

Rétablir l’autorité des enseignants en les rendant à nouveau pleinement maîtres des décisions de redoublement, sensibiliser les familles aux obligations de leur enfant en milieu scolaire lors d’une formation en début d’année.

Recruter des personnels non-enseignants pour épauler les professeurs dans le maintien de la discipline et l’accompagnement médico-social des élèves.

Conditionner le versement des allocations familiales à l’assiduité scolaire, ainsi que l’accès au statut d’étudiant à un suivi réel du cursus universitaire.

Augmenter le nombre d’heures hebdomadaires consacrées au français dans le cycle élémentaire (de 10 à 16).

Rétablir la méthode analytique d’apprentissage du français et encourager les exercices de mémorisation, les dictées, l’apprentissage des tables de multiplication, de la grammaire, etc.

Mettre en place un soutien scolaire systématique pour les enfants en difficulté grâce à la création d’équipe de professeurs spécialisés.

Remplacer pour les primo arrivants les enseignements des langues et cultures d’origine par des classes d’apprentissage du français.

Créer dans le cycle secondaire des « classes d’excellence » où seront admis les élèves les plus méritants.

Revaloriser et développer l’enseignement technique et professionnel et en permettre l’accès dès la classe de 4ème

Revoir les rythmes scolaires pour alléger les emplois du temps quotidiens, quitte à réduire la durée des vacances.

Réformer les IUFM pour recentrer la formation des maîtres sur le contenu des enseignements.

Renforcer le budget des universités par une défiscalisation des soutiens des ménages et des entreprises et par l’acquittement de droits d’entrée modérés et progressifs selon le revenu des parents.

21 février 2008

Penser le "Grand Rouen" après les élections municipales, par Thomas Lefèvre

Pierre Albertini en a décidé ainsi. Il se passera des gaullistes indépendants aux prochaines élections municipales à Rouen. Pourtant, il n'y a pas de quoi avoir honte de notre action durant le mandat qui s'achève. Brigitte Brière, notre secrétaire départementale et conseillère municipale déléguée aux affaires militaires et funéraires et aux anciens combattants sortante, a su mener plus qu'honorablement la délégation qui lui était attribuée. Elle a soutenu le plus loyalement possible son maire sans dissimuler les désaccords possibles qui pouvaient y avoir entre eux sur la question européenne.

Aucun membre de Debout la République ne sera donc présent dans ces élections municipales à Rouen. Dès lors, nous pouvons regarder ce "grand Rouen" (comme il est à la mode de le nommer) avec le recul et la lucidité que nous offre la position de spectateur.

Par ses propres choix, Pierre Albertini s'est ainsi fermé la porte à un nouveau mandat. La voie de Valérie Fourneyron et de sa liste d'union PS-Verts-PCF est ouverte pour une nouvelle conquête par la gauche de la ville centriste.

Est-ce un mal ? La question est difficile. Notre choix par défaut n'a jamais été le choix socialiste. Que dire de cette symbolique des 100 projets (pour 100 clochets) alors que certains des 40 projets de Pierre Albertini en 2001 n'ont pas encore été entrepris ou finalisés ? Que dire du retour de cette équipe socialiste battue pour de bonnes raisons en 2001 ? Ne voyons pas le retour des socialistes à Rouen comme une nouvelle donne qui bouleversera la vie des Rouennais et des Rouennaises. Le débat n'est déjà plus là, mais à une autre échelle, celle de l'Agglo. de Rouen.

Quels changements cela entrainera au niveau des options politiques de la Gauche qui tient la Communauté d'Agglomération ? Qui remplacera François Zimeray, récemment nommé par le Président de la République ambassadeur des droits de l'homme auprès de Rama Yade ?

Alors que Valérie Fourneyron se dit "prête" à assurer la fonction de présidente (n'ayant pas peur déjà du cumul de député-maire), la presse relate la rumeur qui veut que Laurent Fabius prenne la direction de l'Agglo. A défaut de candidat de notre bord politique, il est clair que l'Agglo de Rouen dans ces nouvelles circonstances de l'après élections municipales aura besoin d'un président d'envergure.

Tout cela doit nous amener à réfléchir au "Grand-Rouen d'après". Y aura-t-il de la place pour construire une alternative dans la capitale haut-normande ? Quels propositions concrètes pour Rouen ? Quelle vision de Rouen à 20 ans ?

Au sein de la fédération de Debout la République de Seine-Maritime, nous avons peu abordé ces enjeux pourtant fondamentaux, au profit des enjeux nationaux et européens tout aussi importants. La présence de Debout la République dans les échéances régionales et dans les débats locaux nous permettra d'énoncer de manière indépendante notre vision de la politique locale.

NB: pour les électeurs rouennais qui ne savent que choisir pour les élections municipales, un blog comparant les programmes de Pierre Albertini et Valérie Fourneyron a été créé. En savoir +

Qui sème le vent..., par Nicolas Dupont-Aignan

La garde rapprochée du président de la République dénonce avec une rare virulence une chasse à l’homme dont serait victime son champion. A l’entendre, le holà exprimé dans les colonnes du magazine Marianne aux dérives de plus en plus inquiétantes de la politique élyséenne, serait rien moins que l’expression d’une posture antirépublicaine et antidémocratique. Les signataires de cet appel à la vigilance républicaine ne seraient que les « mauvais perdants » des dernières élections, contestant en réalité le choix des Français eux-mêmes.

Oubliant les règles élémentaires de la courtoisie républicaine et du débat démocratique sérieux dont, bien entendu, ils ne manquent pas au passage de s’autoproclamer les uniques gardiens, les porte-flingues de la Sarkozie en danger ne reculent devant aucune invective : « charognards », « revanchards » lancent-ils, drapés dans les habits immaculés des martyres de la démocratie.

On voit même fleurir des tentatives de contre-appels, sans aucun doute promises à un brillant avenir ! L’échéance toute proche d’un remaniement gouvernemental fait naître, manifestement, bien des vocations et bien des outrances…

Mais, au-delà du caractère dérisoire pour ne pas dire pathétique de cet écran de fumée ultra-polémique, comment ignorer l’évidence ? Hors du cercle élyséen, chacun en conviendra : aussi bien dans la pratique du pouvoir que sur le fond, Nicolas Sarkozy ne fait que récolter ce qu’il a semé. Pire, les toutes dernières incartades du chef de l’Etat et de son entourage, sur le devoir de mémoire et la scientologie, étayent jusqu’à la caricature les sages mises en garde de l’appel publié par Marianne.

La pratique du pouvoir de Nicolas Sarkozy, qui frise en réalité une autocratie à des années-lumière de tout ce qu’on avait connu jusqu’à présent sous la Vème République (même sous de Gaulle, qui laissait les ministres gouverner), éclipse tous les rouages ordinaires de l’Etat pour ne mettre en première ligne que son chef : annonces improvisées, à tort et à travers, confusion des rôles, interventions sans légitimité ni lisibilité de conseillers qui distillent par procuration les dernières « trouvailles » du moment, etc.

Le gouvernement ? Inexistant. Le Parlement ? Aux ordres. La justice ? Traitée comme un adversaire par le pouvoir exécutif. La presse ? Méprisée et accusée de tous les maux lorsque la popularité se fait rare. Les opposants ? Des jaloux bien sûr… Or, à force d’être sans freins ni limites, tout pouvoir penche naturellement vers l’excès et l’aveuglement. Le contenu des annonces présidentielles, qui sont presque à chaque fois autant de provocations, le démontre amplement.

Comment imaginer ainsi que l’on puisse tenir la scientologie pour une « religion comme une autre » ? C’est en substance le message voilé de la Directrice de Cabinet de l’Elysée, dont les démentis confus et partiels, tout comme d’ailleurs l’absence d’un ferme rappel à l’ordre présidentiel, ne laissent pas d’inquiéter aussi bien pour l’avenir de la laïcité que pour la lutte contre les phénomènes sectaires. Que Tom Cruise se fasse le prosélyte de choix de cette secte, c’est son droit de citoyen américain et sa faculté de star hollywoodienne. Mais qu’un président de la République française ne démente pas formellement sa directrice de cabinet qui semble lui emboîter le pas, NON !

La ferme défense de la laïcité républicaine, sans plus jouer avec la ligne jaune d’une « laïcité positive » à géométrie manifestement très variable, voilà ce que nous réclamions entre autres dans l’appel de Marianne. Mais il n’aura pas fallu une semaine pour que l’entourage élyséen en rajoute une couche en ne se contentant plus, cette fois, de se faire simple apologétiste des religions, mais de manifester une incompréhensible tolérance à l’égard d’une secte aux relents millénaristes extrêmement dangereux.

Les Français, à juste titre impatients de résultats qui restent à l’état de promesses, sont las et même désormais inquiets des annonces présidentielles tonitruantes. C’est la principale raison de sa chute libre dans les sondages de popularité qui, avec l’affaire de la scientologie, risque de se prolonger jusque dans les abysses. « Qui sème le vent, récolte la tempête » dit l’adage populaire…

Le président de la République voudrait faire de la politique comme on est à la mode. Mais il a oublié une seule chose, capitale : toutes les modes se démodent, surtout en politique où la persistance des problèmes finit toujours par se voir et se payer dans les urnes. Au lieu de chercher des boucs émissaires pour expliquer son désamour grandissant d’avec les Français, Nicolas Sarkozy ferait mieux de se ressaisir, de cesser l’exhibitionnisme bling-bling et de bousculer les vrais verrous qui justifient la rupture tant attendue : euro cher, saignée des délocalisations, interdiction de Bruxelles de pratiquer toute stratégie industrielle digne de ce nom, misère de la Justice et de l’audiovisuel public, etc. Il y a urgence.

20 février 2008

Les craintes de l'Appel républicain de "Marianne" se trouvent justifiées

Les récents propos d'Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet du président de la République, à VSD apportent un démenti cinglant aux différentes critiques de membres de l'UMP ou du gouvernement contre l'appel républicain de "Marianne". La laïcité et la lutte contre les sectes sont bien en danger. Voici ci-dessous le texte du communiqué de presse de DLR.


Reconnaissance de la scientologie : est-ce cela, la « laïcité positive » ?

Les propos tenus par la directrice de Cabinet du président de la République et partiellement démentis, laissant entendre que les sectes et notamment la scientologie pourraient ne pas constituer une menace pour la société, ne peuvent qu’inquiéter.

Ballon d’essai sur le futur visage de la soi-disant « laïcité positive », ou faux-pas d’une collaboratrice trop exposée à la lumière des médias ? L’avenir le dira.

Signataire il y a quelques jours d’un appel à la vigilance républicaine aussitôt vilipendé par les proches de l’Elysée, je constate en tout cas que les craintes émises dans cet appel, notamment quant à la pratique du pouvoir et à la défense de la laïcité républicaine, sont hélas d’une totale actualité.

La confusion est à son comble : le président de la République doit d’urgence clarifier la position de l’Etat et rétablir un minimum de discipline dans son entourage, sauf à considérer qu’il en approuve les dérapages.

Nicolas DUPONT-AIGNAN
Député non-inscrit de l’Essonne
Président de Debout la République

19 février 2008

Indépendance du Kosovo : attention danger !

Alors que la France vient de reconnaître l'indépendance du Kosovo, DLR vient de publier un communiqué de presse invitant à prendre du recul face à un évenement aux conséquences incertaines dans une zone à l'histoire explosive. Contrairement à la pensée unique qui verrait dans cet événement l'expression de la Liberté, les gaullistes et les républicains pointent du doigt le possible retour à la "balkanisation de l'Europe". Voici ci-dessous le texte de ce communiqué de presse.


Indépendance du Kosovo : une bombe à retardement

L’indépendance du Kosovo, en violation du droit international et sans accord au sein de l’ONU, constitue un précédent particulièrement dangereux pour la stabilité du continent européen.

Cet Etat artificiel, sous complète perfusion des Etats-Unis et d’une partie des pays de l’Union européenne, est une véritable bombe à retardement placée au cœur des Balkans, zone particulièrement fragile de l’Europe depuis plus de 150 ans.

La décision précipitée de la France de reconnaître cette indépendance témoigne de son alignement de plus en plus grand sur les Etats-Unis et d’une inconscience croissante de sa politique étrangère.

Après l’avoir accordée aux Kosovars albanophones, comment refusera-t-on demain aux Albanais de Macédoine, aux Serbes de Bosnie, aux Catalans, aux Basques, aux Hongrois de Slovaquie et de Roumanie, à toutes les minorités nationales européennes séparatistes ou irrédentistes, des autodéterminations-sécessions grosses d’un réveil dévastateur des rivalités nationalistes en Europe ?

Nicolas DUPONT-AIGNAN
Député non-inscrit de l’Essonne
Président de Debout la République

L'appel républicain de Marianne, par Nicolas Dupont-Aignan

16 février 2008

Nicolas Dupont-Aignan rejoint l'appel républicain de "Marianne"

Vous trouverez ci-dessous le texte du magazine Marianne signé par des personnalités d'horizons diverses dont des gaullistes comme Pierre Lefranc ou Nicolas Dupont-Aignan ainsi qu'un court article extrait du site Le Monde.fr.


L'Appel républicain de "Marianne"

Nous reproduisons ci-dessous un appel, publié dans Marianne, signé par douze personnalités de la droite, du centre, de l'écologie et de la gauche républicaine. A situation exceptionnelle, rassemblement inédit...

Il se passe de drôles de choses dans notre République. L'actuel Président avait bien promis la rupture. Rupture il y a, mais pas seulement telle qu'elle avait été annoncée.

Un gouvernement marginalisé, dont le travail s'avère pré-mâché par les conseillers du Prince. Rupture.

Un Président qui semble déserter la fonction, parlant tour à tour comme croyant ou comme laïc. Rupture.

Un Président qui veut mettre la politique en chiffres, comme s'il s'agissait de vendre des petits pois. Rupture.

Un Président qui entend diriger ses équipes comme un manager d'hypermarché, distribuant bons et mauvais points, primes ou sanctions. Rupture.

Un Président qui reste chef de parti et dont le domaine réservé est davantage la Mairie de Neuilly que la politique de défense. Rupture.

Un Président qui prétend substituer au débat contradictoire traditionnel entre majorité et opposition la mise en scène des divergences entre ses courtisans et ses ministres. Rupture.

Un Président qui affirme devoir être heureux pour gouverner le pays. Rupture.

Un Président qui annule ses rendez vous du soir et du matin pour vivre pleinement son couple. Rupture.

La liste est longue des stupéfiantes innovations, que, volontairement ou involontairement, Nicolas Sarkozy a introduit dans la politique présidentielle. Ce nouveau cours suscite donc des inquiétudes, une anxiété même. C'est cette anxiété, qui risque bien de s'amplifier dans les semaines et les mois à venir, que traduit l'appel républicain de douze hommes et femmes politiques que nous reproduisons ci-dessous. On ne doit pas se tromper sur sa signification : si des personnalités politiques de premier plan qui ont l'habitude de s'affronter sur la scène public depuis des années, prennent le risque de s'afficher au bas d'un même texte à quelques jours d'un scrutin dont le président lui a annoncé qu'il serait politique, si cet appel a recueilli la signature de plusieurs hommes et femmes politiques de la droite républicaine, c'est bien que le contexte politique créé par huit mois de sarkozysme est totalement inédit.
A lire. A méditer.
Avant d'agir ?


Pour une vigilance républicaine

Les soussignés se réclament de sensibilités très diverses, et ils ont sur un certain nombre de sujets importants des positions très différentes, mais ils ont malgré tout en commun un certain nombre de convictions et de valeurs qu'ils entendent réaffirmer.

- Leur attachement au principe républicain et, en conséquence, leur refus de toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective.

- Leur attachement aux fondamentaux d'une laïcité ferme et tolérante, gage de la paix civile.

- Leur attachement à l'indépendance de la presse et au pluralisme de l'information.

- Leur attachement aux grandes options qui ont guidé, depuis cinquante ans, au-delà des clivages partisans, une politique étrangère digne, attachée à la défense du droit des peuples et soucieuse de préserver l'indépendance nationale et de construire une Europe propre à relever les défis du XXI° siècle.

Au-delà de leurs divergences, les soussignés tiennent à rappeler leur engagement à défendre, séparément ou ensemble, ces impératifs, comme toujours cela fut fait au cours de l'Histoire de la République.

Pierre Lefranc, ancien chef de cabinet du Général de Gaulle
Dominique de Villepin, ancien Premier ministre
Ségolène Royal, ancien ministre, Présidente de la région Poitou-Charentes
Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre
Corinne Lepage, ancienne ministre
Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne
Bertrand Delanoë, maire de Paris
Maurice Leroy, député de Loir-et-Cher
Nöel Mamère, député de la Gironde
Jean-Christophe Lagarde, député de la Seine-Saint-Denis
Marielle de Sarnez, conseillère de Paris
André Gérin, député du Rhône
Arnaud Montebourg, député de la Saône-et-Loire
Jacqueline Gourault, sénatrice du Loir-et-Loire
Jean-Pierre Brard, député de la Seine-Saint-Denis
Jean-Paul Bled, président des Cercles universitaires d'études et de recherches gauliennes


Un appel "pour une vigilance républicaine" réunit personnalités de gauche, gaullistes et centristes

Dix-sept personnalités de gauche, centristes ou d'inspiration gaulliste ainsi que l'ancien premier ministre Dominique de Villepin, ont signé "l'appel du 14 février pour une vigilance républicaine" rendu public vendredi 15 février par l'hebdomadaire Marianne. Outre l'ancien premier ministre de Jacques Chirac, figurent notamment parmi les signataires les gaullistes Pierre Lefranc, ancien chef de cabinet du général de Gaulle, le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, le député communiste André Gerin, Jean-Pierre Chevènement, plusieurs socialistes de premier plan (Ségolène Royal, Bertrand Delanoë, Arnaud Montebourg), représentants du MoDem (François Bayrou, Marielle de Sarnez, la sénatrice Jacqueline Gourault) et du Nouveau Centre (les députés Maurice Leroy, Jean-Christophe Lagarde). Corinne Lepage, ancienne ministre de l'écologie d'Alain Juppé et le député Vert Noël Mamère sont également présents.

Dans un court texte dans lequel Nicolas Sarkozy n'est pas cité, ils déclarent refuser "toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective" et rappellent "leur attachement aux fondamentaux d'une laïcité ferme et tolérante" ainsi qu'à "l'indépendance de la presse".

Enfin, les signataires qui souhaitent prendre position "au-delà de leurs divergences" déclarent partager un attachement commun "aux grandes options qui ont guidé depuis cinquante ans, au-delà des clivages partisans, une politique étrangère digne, attachée à la défense du droit des peuples, soucieuse de préserver l'indépendance nationale".

Jean-Michel Normand

15 février 2008

De la nécessité d'un travail de mémoire réfléchi

Dans un récent communiqué de presse, Nicolas Dupont-Aignan est revenu sur la récente proposition présidentielle. Voici ci-dessous le texte de ce communiqué.


Pour un devoir de mémoire et d’histoire réfléchi

Non à l’instrumentalisation du devoir de mémoire, Oui à un moment de réflexion sérieuse sur la déportation !

En proposant que chaque élève de CM² « adopte » un enfant juif de France victime de la Shoah, Nicolas SARKOZY a une fois de plus voulu faire un « coup médiatique » à partir d’une question grave et sérieuse.

Cette instrumentalisation du devoir de mémoire et d’histoire n’est pas admissible, car le président de la République n’est pas dans son rôle en rendant polémique ce qui devrait faire concorde, en misant sur la division des Français là où le consensus devrait l’emporter.

Car il est inacceptable de faire peser sur des enfants de 10 ans, à qui on demanderait ainsi de se livrer à une sorte d’exercice douteux et inutile de projection morbide, les conséquences de ce nouveau gadget politico-médiatique.

Le gouvernement doit renoncer sans tarder à cette fausse bonne idée. Pourquoi ne pas proposer, tout simplement, à chaque établissement de l’enseignement secondaire de réaliser chaque année un travail spécifique sur les camps nazis et le destin tragique des enfants déportés ?

Nicolas DUPONT-AIGNAN
Député non-inscrit de l’Essonne
Président de Debout la République


14 février 2008

Pourquoi l'impopularité grandissante de Nicolas Sarkozy ?, par Nicolas Dupont-Aignan

Comme tous les Français, j’observe atterré l’évolution de la présidence Sarkozy. J’ai tenté dans une tribune d’analyser les causes de son impopularité croissante. Proposé à différents journaux qui ne semblent pas désireux de le publier, ce texte vous est directement soumis dans le cadre de mon blog. Comme toujours, vos réactions, votre point de vue, m’intéressent…

"La chute brutale de popularité de Nicolas Sarkozy est d’une gravité extrême car ses causes n’ont rien à voir avec celles qu’ont pu expliquer celle de ses prédécesseurs !

Il ne s’agit pas seulement d’une déception vis-à-vis de la politique menée mais d’une interrogation profonde et justifiée sur la capacité de Nicolas Sarkozy à assumer la charge de Président de la République et à incarner une « certaine idée » de la France.

Nos compatriotes ont élu Nicolas Sarkozy car ils ont été séduits par son énergie, son volontarisme politique et son programme de rupture avec la pensée unique. Ils doutent aujourd’hui pour trois raisons :

Tout d’abord pouvaient-ils imaginer que, pour la première fois sous la Vème République, l’heureux élu ne ferait pas, une fois intronisé, sa mue présidentielle ? Tous les Présidents ont su, en effet, se hisser dès leur entrée en fonction à la hauteur de leur suprême mission et faire preuve, quels que fussent leurs faiblesses ou leurs défauts par ailleurs, de dignité, de mesure, en un mot, d’une sorte de « sagesse présidentielle ».

Loin d’être métamorphosé par la fonction, Nicolas Sarkozy a au contraire voulu plier les institutions de la Vème à son égo. Il n’a pas compris que loin d’incarner la rupture, il se privait alors des moyens de la mettre en œuvre. Ce qui a pu un moment séduire les magazines people est vite devenu insupportable aux Français qui, en fait d’un chef de l’Etat, se sont réveillés avec une star de la politique spectacle

Augmentation inconvenante de son salaire, vacances au frais de milliardaires, étalage de sa vie privée, il n’y a vraiment que le petit milieu parisien blasé de tout qui pouvait tolérer ce comportement. Heureusement la France ne se résume pas à Neuilly !

Mais la déception des Français puise ses racines plus loin encore. Nicolas Sarkozy a du talent, il est habile, cela ne fait aucun doute. Pour autant, le Président de la République n’est pas là pour tenir en haleine le pays avec des « coups » politico-médiatiques sans lendemain, à la manière d’un avocat brillant sachant emporter « affaires » sur « affaires ». Le Président de la République est là pour mener dans la durée une action cohérente, suivie, globale, au service de l’intérêt de la France et des Français.

L’esbroufe impressionne sur le moment. Mais, portée aux nues sur le coup, elle se révèle bien souvent contre-productive dès le lendemain. Ainsi, au sommet de Bruxelles de juin dernier, Nicolas Sarkozy a été applaudi par les medias unanimes pour avoir soi-disant « sauvé l’Europe ». Pourtant, en ce début d’année, nos compatriotes ont fini par découvrir le pot aux roses. Le traité de Lisbonne n’est que le retour de la Constitution européenne qui aggrave les dérives de l’UE, à des années-lumière du « mini-traité » promis. Quant à la ratification parlementaire, elle apparaît au grand jour pour ce qu’elle est : un déni de démocratie pur et simple.

De même le paquet fiscal fut populaire en juillet car il semblait répondre à l’aspiration légitime de nos concitoyens à l’accès à la propriété, mais impopulaire dès septembre car totalement inefficace pour stimuler le pouvoir d’achat. Un jour le rapport Attali, le lendemain la capitulation face aux taxis. Un jour les caisses sont vides, le lendemain 200 euros de plus pour le minimum vieillesse – en parfaite contradiction avec l’annonce faite quelques heures avant par le Premier ministre !

L’activisme s’est transformé en agitation, pour ne pas dire en hyperactivité…

Enfin, à la déception des Français s’ajoute l’inquiétude sur le modèle qui semble inspirer Nicolas Sarkozy et qui avait été soigneusement dissimulé sous des discours de campagne inspirés par Henri Guaino.

En effet, derrière les coups de menton contre Bruxelles et l’OMC, derrière les déclarations martiales voire menaçantes, se dessine un projet politique totalement décalé par rapport aux aspirations profondes des Français. La remise en cause de la laïcité comme la dérive euro-atlantiste en politique étrangère, avec l’engagement accru en Afghanistan (au mépris des déclarations de veille de second tour présidentiel) et la création d’une base à Abou Dhabi, éloignent un peu plus les Français du Président.

Le cumul de ces comportements, de ces déceptions, de ces contradictions, explique sans aucun doute la colère grandissante des Français. La gauche étant incapable d’offrir la moindre alternative sérieuse, l’UMP ayant étouffé les gaullistes et les républicains, le Centre se débattant dans ses guerres picrocholines, il va de soi que notre pays est au devant de grands périls.

Plus que jamais il nous revient de préparer une alternative politique. Respect de la République, du peuple et des institutions, continuité et cohérence dans l’action, nouvelle voie économique et sociale, reconstruction inévitable de l’Europe.

Les défis de l’après Sarkozy sont déjà là !"

09 février 2008

Quel avenir pour le monde ?

Alors que les primaires américaines se déroulent, le monde se tourne vers cette Nation par qui passe tant d'enjeux mondiaux pour les décennies à venir. Avec un favori annoncé chez les Républicains en la personne de John McCain, les conservateurs ont semble-t-il trouvé leur candidat. A l'inverse, les primaires des Démocrates semblent ménager un suspense entre Hillary Clinton et Barack Obama. Veuillez trouver ci-joint quelques vidéos récentes afin de vous faire une idée et exprimez votre préférence.







04 février 2008

Déshonneur !, par Nicolas Dupont-Aignan

Les parlementaires français se rendent-ils compte à quel point ils vont aujourd’hui déshonorer leur fonction, affaiblir notre démocratie et rendre illégitime l’Union européenne ?

Comment ceux qui sont censés représenter, servir et défendre le peuple, peuvent-ils ainsi le trahir ?

Hélas, le lundi 4 février 2008 restera comme le jour où pour la première fois dans l’histoire de notre pays, le Parlement s’érige en censeur du peuple.

Pour préserver les formes et se donner bonne conscience, certains font encore semblant de croire que ce traité de Lisbonne est différent de la Constitution Giscard rejetée par le peuple français le 29 mai 2005. Mais tous ceux qui ont lu le traité de Lisbonne savent qu’il n’en est rien.

En vérité, le peuple n’ayant pas voté il y a deux ans comme les élites le souhaitaient, elles ont décidé tout simplement de passer outre. Mais plus grave encore, ce coup de force dans la forme se double d’une atteinte sans précédent à notre souveraineté nationale. En effet, ce traité par ses principales dispositions (généralisation de la majorité qualifiée, charte des droits fondamentaux contraire à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, alignement sur l’Otan, etc.) met en cause le droit du peuple français à disposer de lui-même.

Bien entendu, aucune leçon n’a été tirée des échecs du passé, notamment sur le commerce international ou la monnaie. La nomenklatura française, UMP et PS confondus, a tout cédé à nos partenaires sans rien obtenir pour au moins rendre plus efficace le pouvoir oligarchique de la Commission et de la Banque Centrale européenne !

L’histoire a toujours défait les constructions politiques artificielles imposées par la force. Les parlementaires aujourd’hui, par un mélange inconscient de facilité et de lâcheté, vont décrédibiliser un peu plus nos institutions et rendre illégitime une construction européenne qui aurait besoin d’être réorientée et profondément réformée. Le temps viendra où, par la force des choses, cette Europe-là s’effondrera et il faudra alors rebâtir une Europe des Nations qui, autour de projets concrets et de coopérations libres, s’appuiera sur les peuples.

Le combat ne fait que commencer. A ceux qui seraient tentés par le renoncement ou la résignation, je rappellerai ce propos du général de Gaulle, qui prend toute sa force aujourd’hui : « Soyons fermes, purs et fidèles ; au bout de nos peines, il y a la plus grande gloire du monde, celle des hommes qui n’ont pas cédé. »

02 février 2008

Lettre à Françoise Guégot sur la ratification parlementaire du Traité de Lisbonne

Dans la perspective de la ratification parlementaire du Traité de Lisbonne, j'ai adressé une lettre à Françoise Guégot, maire de Mont-Saint-Aignan et député de la deuxième circonscription de Seine-Maritime lui demandant de considérer le texte qui lui était soumis et de voter conformément aux intérêts de la démocratie française. Veuillez trouver ci-dessous le texte de cette missive d'après un modèle circulant sur Internet et que je publie sur le blog départemental de DLR.


Le 30 janvier 2008, l’an 219è de la Liberté française

Madame la Députée-Maire,

Le 29 mai 2005, le peuple français a rejeté par référendum le projet de Constitution européenne élaboré par Valery Giscard d’Estaing. Nicolas Sarkozy, élu président de la République, avait promis la négociation d’un traité simplifié tenant compte des critiques faites sur l’ensemble du contenu de la Constitution européenne.

Cette démarche était légitime et les Français l’ont vraisemblablement adoptée par leurs votes l’an passé. Or, il apparaît que ce traité n’a rien de simplifié et ne semble réconcilier le « oui » et le « non » qu’à la marge. En effet, selon l’avis du conseil constitutionnel, le traité de Lisbonne reprend les dispositions du projet de Constitution européenne. De plus, son co-auteur, Valéry Giscard d’Estaing l’a lui-même reconnu le 17 juillet lors d’une audition au Parlement européen : « Le nouveau texte ne devait pas trop ressembler trop au traité constitutionnel. Les gouvernements européens se sont mis d’accord sur des changements cosmétiques à la Constitution pour qu’elle soit plus facile à avaler ». Et Angela Merkel de conclure le 29 juin 2007 dans
The Daily Telegraph : « La substance de la Constitution est maintenue. C’est un fait. »

En vertu de la règle que les juristes appellent le parallélisme des formes, un vote parlementaire ne peut revenir sur une décision adoptée par référendum.

En conséquence, il est tout à fait fondamental qu’en tant que dépositaire de la démocratie française vous votiez, le 4 février prochain, contre la modification constitutionnelle exigée pour la ratification du traité de Lisbonne.

Toute autre position ne pourrait être qu’un déni de démocratie duquel vous devrez répondre, un jour ou l’autre, devant vos électeurs qui stigmatiseront votre impuissance à décider de mesures indispensables aux intérêts de la France.

Veuillez agréer, Madame la Députée-Maire, mes salutations distinguées.


Thomas LEFEVRE

01 février 2008

Réunion du bureau de la fédération DLR76

Ce mercredi a eu lieu une réunion à Rouen du bureau de DLR 76 dont vous lirez ci-dessous les grandes lignes du compte-rendu.

Brigitte Brière, sécrétaire départementale de DLR et coordinatrice régionale de Haute-Normandie, a acceuilli les membres du bureau. Il a été évoqué en quelques mots les changements dans les statuts et l'organisation interne de DLR. Brigitte Brière a évoqué le contexte des élections municipales et du cas plus spécifique de Rouen. Quelques cadres de la fédération seront présents dans différentes listes municipales sur le département.

Dans le cadre de la réorganisation de DLR, des nominations ont été évoquées afin de structurer notre mouvement du point de vue local: délégués départementaux et délégués de circonscription. Une liste définitive sera publiée sur ce blog dès qu'elle sera finalisée.

Rémi Brière a présenté les propos tenus à Paris lors d'un conseil national élargi auquel il participait à l'Assemblée national le jour même. Ces propos portaient sur le contexte de politique générale et sur le rôle de DLR.

Une discussion a été engagée sur la modération du blog. Suite à une demande des cadres nationaux de contrôler ce qui s'y dit par l'intermédiaire des commentaires, l'équipe échange sur ce problème. Il est décidé de modérer un peu plus l'espace commentaire, tout en garantissant la liberté des citoyens de nous faire par de leur pensée. Tout commentaire méprisant, insultant envers une personne ou un groupe, ou mensonger sera dorénavant supprimé. En dernier recours, la forme de ce blog serait à revoir.

Une campagne d'adhésion et de renouvellement d'adhésion sera lancée dans le département par le biais des délégués de circonscription.

Enfin, un appel est lancé à tous les citoyens pour manifester contre la ratification parlementaire du traité de Lisbonne, soit à Versailles, soit, pour ceux qui ne peuvent se rendre en région parisienne, devant la préfecture de Rouen (avenue Pasteur) à 11 heures.

L'Europe d'après, par Nicolas Dupont-Aignan

Une fois de plus l’actualité avec la crise financière et la rocambolesque affaire de la Société Générale chasse des écrans et des antennes, le débat pourtant essentiel sur la ratification du traité de Lisbonne.

Une fois de plus, les émissions auxquelles je suis invité sont annulées les unes après les autres, presque toujours en dernière minute. Il y a comme une paroi de verre érigée entre nous et les Français. Tout est fait pour dissimuler au peuple le forfait institutionnel perpétré dans leur dos.

A croire que les prescriptions du puissant centre de recherche fédéraliste, l’European Policy Centre, un « think tank » qui a pignon sur rue et bénéficie de nombreuses largesses financières, sont suivies à la lettre : ce dernier, fin novembre, a ainsi publié une étude (communiquée à la diplomatie française) invitant à respecter un « impératif de discrétion qu’impose le processus de ratification du traité tout au long de l’année. » Un souci de « discrétion » qui paraît le mieux partagé du monde dans les arcanes de l’eurocratie et qui a inspiré en septembre dernier à Jean-Claude Juncker, Premier ministre luxembourgeois et président de l’Eurogroupe, à propos de la Constitution bis, cet aveu chuchoté : « Bien entendu, il y aura des transferts de souveraineté. Mais serais-je intelligent d’attirer l’attention du public sur ce fait ? »

Nos compatriotes désinformés risquent de se réveiller demain avec la « gueule de bois ». On leur expliquera alors que la politique ne peut plus rien ! Que la France est isolée en Europe ! Que la loi de la majorité s’impose désormais ! Que c’est le fameux traité de Lisbonne qui s’applique !

La révolte qui couve déjà contre les élites, qu’elle soit économique, financière, politique et médiatique, risque alors de prendre des allures insurrectionnelles. Tout ça pour ça !

Au lieu de réorienter l’Union européenne dans un sens conforme à l’intérêt des nations, de la démocratie et du Progrès, au lieu d’entendre la voix des peuples, les chefs d’Etats, les oligarchies, vissent le couvercle sur la marmite. Il va de soi qu’aucune construction politique artificielle n’a jamais pu durer en violant les peuples qui la composent. Le système explosera donc un jour, tôt ou tard, à condition que les citoyens se réveillent et fassent valoir leurs droits.

Il est donc de notre devoir de préparer l’Europe d’après.

Il est de notre devoir sans cesse et toujours d’appeler les Français à rester un peuple libre. Les prochaines élections européennes de juin 2009 constituent déjà une première occasion pour les Européens de dire leur vérité à ceux qui aujourd’hui les bâillonnent, les bafouent !