30 décembre 2008

L'impasse, par Nicolas Dupont-Aignan

« Deux peuples pour une même terre avec un Dieu de chaque côté ». J’ai toujours gardé en mémoire cette phrase de François Mitterrand qui résume la guerre tragique entre les Israéliens et les Palestiniens.

Il est vrai que depuis soixante ans, d’escalades en blocus, on semble remettre toujours au lendemain – et sans trop d’illusions – un espoir de paix durable.

La question qui se pose après l’embrasement de ces derniers jours est la suivante : Israël devait-il répondre de manière si disproportionnée à la provocation du Hamas ?

Il est probable que par cette opération, l’Etat hébreu ne gagne qu’à court terme, car il est sûr que rapidement, son offensive aidera le Hamas à développer son emprise sur l’ensemble de la population palestinienne, pourtant plus sceptique qu’on ne le croit à l’égard des extrémistes.

Quant à la timidité de la réaction française, elle ne rend service ni aux Israéliens, ni aux Palestiniens. Là aussi on a l’impression que le manque de courage politique et diplomatique fera, à terme, un peu plus le jeu des islamistes radicaux comme des jusque-boutistes israéliens. Quel dommage, on est si loin du temps d’Yitzhak Rabin !

Mais il faudra bien reprendre le fil des négociations car il n’y aura jamais d’issue militaire définitive avec une telle disproportion démographique et sur un aussi petit territoire.
Une fois de plus, la France devrait rappeler la base des résolutions de l’ONU, le droit d’Israël à vivre en sécurité et en paix, le droit des Palestiniens d’avoir un Etat qui corresponde à leur peuple et à leur nation, un compromis enfin, sur Jérusalem qui appartient à l’humanité tout entière.

26 décembre 2008

Je persiste et je signe, par Nicolas Dupont-Aignan

Mon blog de mercredi a suscité beaucoup de controverses sur les sites internet des principaux journaux. Certains n’ont pas compris ma remarque et m’ont accusé de faire de la démagogie.

Je persiste et je signe. Ce n’est pas faire de la démagogie que de s’étonner de l’absence concomitante du Président et de son Premier ministre. Libre à chacun bien évidemment de prendre les vacances qu’il souhaite, mais pas en même temps, ni de surcroit lorsqu’une partie de nos compatriotes affronte le Noël sans doute le plus difficile depuis plusieurs décennies.

Mais au-delà de ce point précis, c’est la conception de la fonction présidentielle qui est en jeu. Je crois en effet profondément que la France a besoin d’un Président de la République qui ne gouverne pas seulement, mais qui incarne la Nation. La dimension symbolique de la fonction est essentielle à la bonne marche de notre pays. Les Français doivent se retrouver dans leur Président et c’est ce que ne comprend manifestement pas Nicolas Sarkozy.

Sa prétendue modernité n’est finalement qu’une facilité qu’il souhaite se donner afin de cumuler les avantages de la fonction sans en accepter les contraintes. En voulant jouer sur tous les tableaux, le Président ne semble pas saisir qu’il scie la branche de l’institution présidentielle sur laquelle il est assis.

De même, j’ai lu aujourd’hui, avec stupéfaction, que le Président de la République s’inviterait au Conseil National de l’UMP du 24 janvier pour mettre en place la nouvelle équipe de direction. Son message au pays est clair : « C’est donc moi le patron de l’UMP ».

C’est tout l’édifice institutionnel voulu par le Général de Gaulle qui s’effondre donc ; le Président n’est plus au-dessus des partis, mais l’homme d’un parti. Il ne faudra pas pleurer quand la colère montant des profondeurs du pays, le premier qui sera emporté, sera la chef du clan.

Raison de plus pour préparer au plus vite l’après Sarkozy avec une équipe solide et un projet volontariste.

24 décembre 2008

La place du Président et du Premier ministre est auprès des Français !, par Nicolas Dupont-Aignan

J’ai récemment visité l’appartement de Georges Clemenceau, transformé en musée, rue Franklin, près du Trocadéro à Paris.

Rien n’a changé depuis sa mort le 24 novembre 1929. Le temps semble suspendu et cela est d’autant plus émouvant que le petit musée installé à l’étage au-dessus révèle des facettes inattendues du personnage, son éclectisme, son extrême sensibilité, qui contrastent avec l’image habituelle du « Tigre ».

On comprend surtout en visitant ce musée pourquoi Clemenceau était le seul qui pouvait rassembler la Nation lors de la terrible épreuve de 1917 où tout semblait s’effondrer.

Seul Clemenceau, comme Président de la Commission de la Défense du Sénat de 1915 à 1917, allait au front visiter les tranchées partager l’ordinaire des poilus. Ce n’était pas une image d’Epinal mais la réalité d’un homme qui ne pouvait accepter de voir ses compatriotes au front pendant que les élites françaises étaient confortablement au chaud à l’arrière.

Quel contraste avec les cercles du pouvoir d’aujourd’hui qui, au moment où des dizaines de milliers de salariés voient leur entreprise fermer, s’envolent toujours plus loin, ici au Brésil, là en Egypte, pour réveillonner à l’écart des difficultés du pays. Au mieux, c’est une maladresse, au pire c’est une faute.

Les Français qui souffrent auraient aimé en cette fin d’année voir leurs dirigeants auprès d’eux, sans ostentation, avec simplicité et sincérité.

20 décembre 2008

Stopper l'engrenage de la récession, par Nicolas Dupont-Aignan

Nous voilà officiellement en récession!

Après nous avoir chanté au cours de 2008 "tout va bien Madame la Marquise", le gouvernement va-t-il, enfin, face au mur des réalités ouvrir les yeux?

Depuis des mois, je n'ai pourtant, avec beaucoup d'économistes (Jean-Luc GREAU,Jacques SAPIR, Gérard LAFAY), pas cessé d'alerter sur l'urgence d'une action profonde et massive de relance. Nous étions, nous disait-on des cassandres, des pessimistes!!

La question maintenant est de savoir si nos dirigeants veulent vraiment s'en sortir?
-Le plan de relance est un trompe oeil.
-La france est muette sur l'attitude absolument scandaleuse de l'Allemagne comme de la BCE.

Dans ces conditions on peut craindre une véritable saignée en 2009, avec une flambée du chômage.

Au moment où l'Angleterre, les Etats-Unis, la Chine se lancent dans une dévaluation compétitive sans précédent de leur monaie, la zone euro s'enferme dans une politique monétaire suicidaire. En baissant ses taux d'intérêt trop peu et trop tard la BCE condamne notre tissu industriel et nos emplois.

L'Allemagne avec ses excédents commerciaux colossaux, ses finances saines et une démographie en recul peut, sans doute, le supporter. La France, de son côté, avec une population en croissance, une jeunesse peu formée, des entreprises fragiles et des déficits importants, court au chaos économique et social.

La Grèce et l'Italie paieront aussi très cher cette myopie de la BCE ou plus exactement cette gestion au bénéfice d'un seul pays, l Allemagne qui de surcroit n'entend en rien relancer son économie.

Si l'on voulait faire exploser la zone euro, on ne ferait pas mieux!

Pour sortir de cette impasse, le Président de la république, au lieu de s'agiter en tout sens, accusant à tort et à travers sa majorité ou la gauche de tous les maux, ferait mieux de réfléchir un peu et d'ordonner ses priorités:

-1- Accentuer le plan de relance français par une baisse massive des charges sur les PME.

-2- Placer clairement l'Allemagne et la BCE qui, en vérité, en ce moment ne font qu' un devant leur responsabilité.

-3- Demander d'urgence une réunion du G7 ou du G 20 pour éviter le cercle vicieux des dévaluations compétitives qui s'apparentent au protectionnisme désordonné des années 30 .

19 décembre 2008

Débat sur l'actualité du gaullisme avec Nicolas Dupont-Aignan

Vous trouverez ci-dessous le contenu de l’émission « Le débat du jour » avec Nicolas Dupont-Aignan qui a été diffusée sur RFI le jeudi 18 décembre sur le thème : « Etre gaulliste aujourd’hui a-t-il encore un sens ? ». Bonne écoute !



18 décembre 2008

Présidence française de l'Union européenne : tout en com et en strass..., par Nicolas Dupont-Aignan

La conclusion de la Présidence française de l’Union européenne donne lieu à un nouvel exercice d’autosatisfaction du Président de la République, largement relayé par les observateurs.

Mais, si l’on creuse un peu, on s’aperçoit une fois de plus que la forme l’emporte sur le fond, l’image sur la réalité, le faire-savoir sur le savoir-faire. En vérité, le style Sarkozy tombe à pic pour les défenseurs d’une Union européenne en lambeaux.

L’activisme du Président permet aux oligarchies européennes de continuer à se voiler la face malgré les échecs avérés de leur construction baroque.

L’accord obtenu à l’arraché sur le « paquet » énergie/climat, est-ce vraiment un succès éclatant, ou une timide avancée ?

Au bénéfice du doute, observons qu’il s’agit d’un compromis passable qui aura peut-être le mérite d’enclencher un processus à plus long terme.

Mais c’est dans le domaine financier et économique que le décalage entre les discours et les actes est le plus saisissant. La montagne médiatique a accouché d’une souris. La réactivité reconnue sur la crise des banques n’a malheureusement donné lieu à aucun équivalent en matière de plan de relance, l’Allemagne refusant d’avancer et bloquant tous les autres, à commencer par la France. La Banque centrale européenne a baissé ses taux d’intérêts trop tard et trop peu. L’euro reste largement surévalué pénalisant un peu plus nos exportations et mettant en grand péril notre tissu industriel.

Le libre échange intégral pénalise en premier l’Union européenne. Les banques ont été aidées sans aucune contrepartie. La zone euro s’enfonce dans la récession quand la Grande Bretagne organise la dévaluation compétitive de sa monnaie comme la plupart des autres pays du monde.

Enfin, sur le plan institutionnel, le beau discours sur la marginalisation de la Commission et le retour des Etats n’est qu’illusion. Le Président de la République, fidèle serviteur du rouleau compresseur supranational, a obligé le gouvernement irlandais à organiser un nouveau référendum d’ici à l’automne 2009. La Constitution européenne bis qui enfermera les Etats dans un système sans contrôle démocratique est, hélas, à nos portes, après avoir piétiné ce qu’il y a de plus sacré : le suffrage universel. Seuls les Irlandais peuvent désormais empêcher l’irréparable et chaque Européen, chaque démocrate, doit les y aider.

Sérieusement, qui peut parler d’un bon bilan pour les peuples d’Europe niés dans leur vote, souffrant de la pire récession depuis la seconde guerre mondiale ? La Présidence Sarkozy, en vérité, n’aura donné qu’un répit de plus à cette mauvaise Europe qui a dénaturé l’indispensable et belle idée européenne. Ce feu de paille, tout en com et en strass, n’aura illusionné que les habituels spectateurs complaisants de la mauvaise comédie européenne…

Les élections du 7 juin prochain seront l’occasion pour les électeurs de reprendre la main.

17 décembre 2008

Débat sur la nature de la construction européenne et son avenir

On pourrait dire que la question "Une nation européenne est-elle possible ?" ne fait pas partie des problématiques prioritaires de la construction européenne. Mais, c'est justement le contraire. Cela port sur la nature de cette construction et sur la manière de la faire. Si à DLR nous considérons qu'une "nation" européenne n'est guère réaliste, c'est que la démocratie européenne n'existera que si nous concevons celle-ci comme l'Europe des nations démocratiques.

Une nation européenne est-elle possible ?
Marianne2.fr, 13 décembre 2008
Au moment où la France achève une présidence de l’Union marquée par la crise financière, « Marianne » a demandé à Hubert Védrine* et au philosophe libéral Pierre Manent** d’évaluer la solidité de la construction européenne face au nouveau contexte international.
Marianne : Selon vous, une « nation » européenne, au sens plein du terme, a-t-elle une chance d’advenir ?
Hubert Védrine : Personnellement, j’ai toujours été activement européen, mais je n’ai jamais cru en l’idée fédéraliste stricto sensu. Il s’agit d’une belle idée, mais l’expérience m’a convaincu qu’elle ne s’appliquait pas à l’ensemble européen. L’expression « Etats-Unis d’Europe » a été un slogan utile pour sortir les Européens des ornières du repli sur soi, mais pas un programme véritable. Mon sentiment, aujourd’hui plus fort que jamais, est qu’il n’y a pas une « nation » européenne ; il y a des nations européennes qui sont toujours là et, selon la formule déjà ancienne de Delors, une « fédération d’Etats-nations ».
Je ne crois pas non plus en l’idée d’une « dynamique », sur le mode : « c’est une étape », « on ira plus loin », « l’opinion n’est pas encore mûre », etc. Il me semble que les opinions n’évoluent guère à ce sujet, qu’elles régressent même plutôt… Je ne conçois donc pas l’avenir de l’Europe comme s’inscrivant dans un processus de fabrication d’une nation européenne venant en punition, en substitution ou en sublimation des anciennes nations. Je crois en plus de coopération, plus de convergence, d’actions communes, etc., entre elles. Bref, je vois les choses d’une façon ambitieuse, mais autrement…
Pierre Manent : Je partage la perspective que vous venez de tracer. Qu’il faille aller vers toujours plus de coopération entre les nations européennes est un point sur lequel les citoyens des différents pays européens peuvent se retrouver ; mais cela suppose que les nations demeurent les éléments de base de notre vie politique. Et ce pour trois raisons principales. D’abord parce que, comme l’illustre l’histoire, le surgissement du principe consistant à « se gouverner soi-même » passe par la constitution des unités nationales. Il y a une solidarité étroite entre la formation des nations et la cristallisation des démocraties européennes, au point qu’on se demande si une démocratie détachée des nations est envisageable. En tout cas, cela ne s’est jamais vu.
La deuxième raison est que la constitution de l’Europe comme puissance n’a fait qu’un avec la montée en puissance des nations. De même que la cité était la forme politique propre à la Grèce, l’Etat-nation est celle de l’Europe. Les partisans doctrinaires d’une nation européenne rêveraient donc de séparer l’effet de sa cause, la civilisation européenne de sa raison politique, qui réside dans une relation entre les nations, faite d’un mélange de rivalités et d’émulation.
Le dernier argument concerne un point de morale politique au sens large, vient du fait que, pour que la vie politique soit humainement satisfaisante, qu’elle ouvre un avenir qui ait du sens, il faut que les hommes politiques soient responsables devant les citoyens. Et ceci ne peut advenir qu’à l’intérieur d’une unité bien circonscrite. Les Etats-Unis sont un pays très ouvert, à la population mêlée, mais il y a une frontière nette entre les Américains et les autres, un processus d’acquisition de la nationalité très strict, un contrôle sévère des frontières. Le problème des institutions européennes est qu’on ne sait pas devant qui elles sont responsables et qu’elles-mêmes l’ignorent ! Hormis, bien sûr, devant une certaine idée de l’Europe qu’elles ont produite et entretenue. Ce manque de substance politique explique aisément leur discrédit…
Marianne : Une « nation » européenne peut-elle néanmoins valoir en tant que but ultime des Européens, horizon de leurs actions communes ?
Hubert Védrine : En rappelant le décalage qui existe entre la vision post-nationale que certains ont de l’Europe et l’Europe telle qu’elle a été historiquement, Pierre Manent montre bien les limites de cette idée. Car l’Europe n’a paradoxalement jamais été aussi forte que lorsqu’elle était divisée : c’est la désunion – ou plutôt la compétition et la rivalité entre les nations – qui ont fait sa force du XVIe au XIXe siècle. Bien sûr, il n’est pas question de transposer ces leçons au temps présent, mais parler d’une nation européenne tient manifestement de l’oxymore. Je ne pense donc pas que ce puisse être le but ultime.
Non seulement cela n’arrivera pas, mais, si l’on considère les opinions européennes, la curiosité des unes envers les autres est même plutôt moins aiguisée qu’auparavant. On le voit bien en ce qui concerne la langue, la culture, et même Erasmus. Les Français parlent moins l’allemand qu’avant ; et il s’est généralisé, chez nous comme ailleurs, une sorte d’anglais d’aéroport, purement fonctionnel, qui ne témoigne d’aucun intérêt pour les autres cultures européennes, pas même britannique ! Le temps ne me semble donc pas travailler en faveur de la formation d’une nation européenne. C’est, à mon avis, une illusion, et donc aussi une machine à créer de la désillusion.
J’ajouterais que cette idée est propre à entretenir une sorte d’incompréhension radicale du monde extérieur par les Européens. S’ils continuent à croire qu’ils vivent dans un monde post-tragique, post-identitaire et post-national, ils risquent de moins comprendre que jadis ce qui se passe dans le monde, y compris aux Etats-Unis. L’objectif reste donc bien pour moi plus d’Europe, mais pas au sens d’une dépossession des nations au profit d’un système mou, au rôle mal défini et à la responsabilité incertaine : c’est plus d’Europe au sens de plus de coopération entre les nations, plus de politiques communes. Bref, il s’agit de prendre acte de la diversité de l’Europe, sans en faire un drame, et de transformer cette diversité en force. Qu’on arrête donc de sermonner les peuples européens en leur faisant honte de ce qu’ils sont ! Se libérer de la représentation d’une Europe transnationale permettrait de consacrer plus d’énergie à trouver entre nous des objectifs communs.
Pierre Manent : Je constate d’ailleurs le même manque de curiosité mutuelle, que vous déplorez, dans mon propre métier. La formule selon laquelle « l’Europe nous ouvre l’esprit » dit exactement le contraire de ce qu’on observe. Quel doit donc être l’objectif pour nous, dans ces conditions ? Des institutions communes, nous en avons suffisamment, peut-être même trop ; ce dont nous manquons, c’est d’actions communes, dans laquelle les pays européens puissent se reconnaître et se réunir.
Marianne : Des événements dramatiques comme la crise actuelle ne peuvent-ils pas modifier de fond en comble ces données et pousser l’Europe à l’intégration ?
H.V. : Je n’y crois pas. On évoquait tout à l’heure les cités grecques. Je ne suis pas sûr que la menace perse ait abouti à les faire fusionner…
P.M. : Non, et chacune procédait dans son coin à ses petites négociations avec les Perses…
Hubert Védrine : Même la menace stalinienne, à l’origine de la construction européenne, n’a pas entraîné une fusion des nations. Elle a engendré des structures collectives de défense, une construction économique, un marché commun, pas plus… Je ne vois pas quel phénomène extérieur, même la crise actuelle (sauf si la Chine voulait dominer le monde et absorber l’Europe, ce qui n’est pas le cas) pourrait forger une nation européenne. Comme le montre l’histoire des nations anglaise, française ou autre, cela a été un processus très long, avec beaucoup de violence, et de répression, l’interdiction des langues locales, de la purification ethnique, etc. Tout cela est heureusement impensable à l’époque moderne. En revanche, le moment est peut-être favorable pour que l’Europe élabore ce « point de vue actif » dont a parlé Pierre Manent.
C’est même indispensable : si les Européens veulent conserver leur mode de vie et leur type très particulier de société, avec ses équilibres et sa qualité de liberté, ils doivent accepter de devenir une puissance – sinon, ils seront condamnés à la dépendance et échoueront à se préserver. Et il me semble qu’il y a, en ce moment, une vraie opportunité. Une certaine désillusion se fait jour, le réalisme est à nouveau compris, et avec des crises à répétitions, alimentaire, énergétique, écologique, financière, etc., on entrevoit la fin d’un cycle américain irresponsable. Tout cela crée une occasion pour que les Européens s’affirment, à condition, bien sûr, d’en finir avec l’illusion du dépassement des identités – officiellement abandonné mais subliminalement obsédant –, qui handicape l’élaboration d’une vraie politique commune des Européens face au monde.
Pierre Manent : A condition que l’on sorte aussi de cette « délégitimation » intime des nations, née des guerres du XXe siècle et qui, depuis l’Allemagne, s’est répandue à des degrés divers dans toute l’Europe. Comme si l’histoire de nos nations se réduisait à la succession de leurs crimes, réels ou supposés. Comment donc faire en sorte que chacune d’entre elles retrouve une certaine « amitié avec soi-même » ? Peut-être la crise aura-t-elle ce bon effet de nous ramener à une vie plus sobre et plus juste de ce que nous sommes et pouvons être.
Hubert Védrine : On ne sortira, je crois, de ce dilemme que par une approche le plus lucide possible de l’histoire, ce qui est le contraire de la repentance. Et face à la crise économique, c’est la combinaison des réponses nationales adéquates et coordonnées qui fait la réponse européenne. Bref, on n’arrivera pas à imposer une Europe-puissance par une substitution de l’Europe aux nations, mais par une prise de conscience par celles-ci de la nouvelle dureté du monde et une volonté commune, déterminée et durable.
* Ancien ministre socialiste des Affaires étrangères, auteur de Continuer l’histoire, Fayard, 2008.
**Directeur du centre Raymond-Aron, auteur de La Raison des nations, Gallimard, 2006.

16 décembre 2008

Démocratie disciplinaire !, par Nicolas Dupont-Aignan

Lors de la réforme institutionnelle au mois de juillet, le Président de la République et le gouvernement nous promettaient le renforcement des droits du Parlement. A l’usage, quelques mois plus tard, on s’aperçoit que tout cela n’était qu’écran de fumée.

Dès que le Président de la République se trouve confronté au moindre désaccord de sa majorité, il tempête et fait tout pour faire pression sur les parlementaires ou contourner le Parlement.

Sur l’audiovisuel, la manœuvre est inadmissible. Il revient même à Mr de Carolis et au Conseil d’Administration de France Télévisions de supprimer la publicité à 20 heures. Le Parlement est piétiné et l’avenir de France Télévisions entravé puisqu’elle ne disposera pas, dans ces conditions, de la compensation financière promise par l’Etat !... sauf si les parlementaires bien sûr cèdent au chantage en avalisant le plan élyséen.

Souhaitons simplement que le Conseil d’administration de France Télévisions saura résister au caprice du prince et, dans un sursaut de dignité, lui infligera le camouflet qu’il mérite !

Sur la question du travail le dimanche, la situation est pire car c’est la majorité elle-même qui répugne à mettre le doigt dans l’engrenage de la déstructuration sociale et familiale de notre pays. Jean-François Copé essaye de trouver un compromis. Qu’en sortira-t-il ? Nous n’en savons encore rien. Mais il est clair que là aussi le débat d’idées, le simple rôle délibératif du Parlement, est assimilé par le chef de l’Etat à une offense personnelle.

Cela me rappelle étrangement le Nicolas Sarkozy d’avant élection présidentielle, qui me téléphonait pour m’intimider en m’expliquant, puisque j’osais être en désaccord avec lui, que je l’attaquais personnellement !

Notre pays, qui affronte une crise économique et sociale sans précédent, pourra-t-il encore se payer longtemps le luxe de cette démocratie disciplinaire et vexatoire, où le pouvoir d’un seul tend désormais à la mise au pas des 64 millions d’autres citoyens… pardon, sujets ! ?

11 décembre 2008

Déficit du commerce extérieur : le chiffre tabou, par Nicolas Dupont-Aignan

Le déficit commercial de la France s’est encore creusé en octobre à 7,066 milliards d’euros. Un nouveau record !

Sur les 12 derniers mois le déficit cumulé s’établit à 56,2 milliards d’euros. Là aussi, un record historique !

Ce désastre commercial résulte de la perte de compétitivité de notre économie mais aussi, et les deux sont liés d’ailleurs, des délocalisations multipliées depuis des années notamment dans le secteur automobile.

Cette nouvelle, qui aurait dans le passé obligé la France à prendre des mesures radicales (plan d’aide aux entreprises, dévaluation compétitive), ne suscite que des brèves dans les journaux. Inconsciemment ou non, le sujet est tabou car il révèle l’échec de l’euro et du libre échange intégral.

En effet notre pays à cause de la monnaie unique peut se permettre, en apparence du moins, un tel déficit sans répercussion sur son taux de change. Cependant l’euro n’est qu’un anesthésiant qui ne guérit pas le mal et qui, même, l’aggrave.

En effet, une part importante de ce déficit est liée à la surévaluation de la monnaie. S’il n’y a pas de crise de change, comme par le passé, la sanction se paye, en destruction de capacité économique, de croissance et d’emplois. Les cercles du pouvoir, complètement coupés du peuple, n’y sont guère sensibles et se rassurent avec le prétendu bouclier européen, mais les ravages du chômage de masse – en retour très rapide depuis 2 mois – n’en sont pas moins dévastateurs.

Nous sommes ainsi dans la situation du malade qui ne voyant plus la fièvre se croit en bonne santé, alors que la maladie continue de le ronger.

Avec l’aggravation continue du chômage, il va de soi que la réaction sera sociale et politique. Faut-il connaître des émeutes comme à Athènes pour faire comprendre que l’économie française va, en chantant, tout droit au précipice ! On ne pourra pas continuer longtemps à avoir d’un côté l’euro surévalué, et de l’autre l’absence totale de barrières douanières.

Soit les Européens décident de se protéger collectivement et ils pourront se permettre de conserver l’euro, soit ils laissent leurs marchés ouverts aux quatre vents et alors, la France, l’Italie et l’Espagne seront amenées, sous la contrainte de l’émeute, à sortir de l’euro et à dévaluer massivement leur monnaie pour affronter la compétition économique mondiale à armes moins inégales.

Bien évidemment, il serait indispensable aujourd’hui, au-delà de cette problématique européenne cruciale, de renforcer l’appareil productif français - baisse des charges sociales compensées par une réforme de la fiscalité, aides à l’innovation et à la recherche, réforme de l’Etat, amélioration de la formation professionnelle, politique industrielle. Mais tant que les grands (dés)équilibres européens n’auront pas préalablement été corrigés, tout effort national sera gigantesque pour un résultat minime…

09 décembre 2008

Nicolas Dupont-Aignan signataire de l'appel pour l'indépendance et le pluralisme des médias lancé par "Marianne"


Au nom des principes de la démocratie et des valeurs républicaines, les soussignés demandent au Parlement de renoncer à la loi qui permettrait au président de la République de nommer et de révoquer les présidents de France Télévisions et de Radio France.

Ils rappellent que la télévision et la radio publiques n’appartiennent pas au pouvoir politique, quel qu’il soit, mais à tous les citoyens.Ils réitèrent leur engagement à défendre l’indépendance de la presse et le pluralisme de l’information.

Martine Aubry (première secrétaire du Parti socialiste), Ségolène Royal (présidente de la région Poitou-Charentes), François Bayrou (député, président du MoDem), François Léotard (ancien ministre de la Culture et de la Communication), Jean-Pierre Chevènement (sénateur), Nicolas Dupont-Aignan (député), Jack Lang (député), Noël Mamère (député), Jean-Luc Mélenchon (sénateur), Marielle de Sarnez (députée européenne).

Annick Coupé (porte-parole du syndicat SUD), Jean-Claude Mailly (secrétaire général de Force ouvrière), Bernard Van Craeynest (président de la CFE-CGC), Jacques Voisin (président de la CFTC), Anousheh Karvar (secrétaire nationale de la CFDT).

Hervé Bourges (ex-PDG de TF1, de France Télévisions et du Conseil supérieur de l’audiovisuel), Michèle Cotta (ex-présidente de la Haute Autorité audiovisuel), Jean-Claude Guillebaud (écrivain, journaliste), Laurent Joffrin (président de Libération), Jean-François Kahn (écrivain, journaliste, cofondateur de Marianne), Edwy Plenel (directeur de Médiapart), Philippe Val (directeur de Charlie Hebdo), Bernard Stiegler (philosophe).

08 décembre 2008

Un amendement surréaliste, par Nicolas Dupont-Aignan

La crise financière semble faire perdre la tête à ceux qui étaient jusqu’à maintenant les plus raisonnables, comme en témoigne l’amendement surréaliste du sénateur Marini visant à déduire des revenus imposables les plus values de cessions de valeurs mobilières cotées en bourse.

Comment peut-on aussi, au moment où tant de Français perdent leur emploi ou ont du mal à boucler leur fin de mois faire encore payer le contribuable pour une catégorie de Français qui n’est pas le plus à plaindre.

Cette mesure est inacceptable pour 4 raisons :

  • c'est une mesure qui vise à indemniser les pertes de patrimoine, mais qu'en est-il des pertes de revenus que vont subir des centaines de milliers de Français ?
  • on ne cible que les valeurs cotées en bourse, mais qu'en est-il des Français possédant des valeurs mobilières non cotées (part de SA non cotées par exemple, parts de SARL) ? Préfère-t-on, comme toujours, dépenser davantage en faveur des actionnaires du CAC 40 sans aider les PME ?
  • il existe déjà un dispositif permettant de reporter les moins values sur les plus values ultérieures
  • le dispositif vise indistinctement toutes les moins values, qu'elles résultent ou non de comportement spéculatifs (exemple : je préfère vendre des titres pour en racheter d'autres dont la valeur immédiate est sous-estimée par rapport à leurs capitaux propres ou aux dividendes distribués).
La loi sur l’audiovisuel, le travail le dimanche et maintenant un nouveau privilège sur fonds public, on se demande vraiment si la majorité veut mettre les Français dans la rue !

05 décembre 2008

Nouvelle adresse pour DLR76

Le blog départemental de Debout la République en Seine-Maritime vient de se doter d'une nouvelle adresse, plus simple. Cette adresse est:


N'hésitez pas à la diffuser largement...

Une nouvelle fonctionnalité a été ajoutée au blog. Vous pouvez devenir "abonnés fidèles" de DLR76 afin de vous tenir régulièrement au courant des mises à jour de celui-ci. Cette fonctionnalité se trouve dans la colonne de droite en dessous de l'agenda.

Merci à vous chers lecteurs et commentateurs fidèles du blog DLR76.

03 décembre 2008

Les prud'hommes à Rouen

Aujourd'hui, c'est jour d'élection pour les prud'hommes. Suite au débat sur le sujet depuis deux jours sur ce blog, vous trouverez ci-dessous un article du quotidien national Le Monde écrit par un envoyé spécial à Rouen. Un complément d'information utile en ce jour !

"Ce qui mine les prud'hommes, ce sont les délais"

ROUEN ENVOYÉ SPÉCIAL

La robe noire de madame le juge contraste. De chaque côté, deux conseillers prud'homaux élus par les salariés et deux autres, élus par les employeurs. Ils sont en civil, ceints d'un large ruban rouge et bleu, "le même pour tous", soulignent-ils. Ce jeudi 27 novembre, dans une petite salle du tribunal des prud'hommes de Rouen, Mélanie Petit-Delamare, du tribunal d'instance, vient apporter son "expérience", selon son expression, pour une audience dite de départage.

Durant trois heures, elle va examiner trois affaires sur lesquelles les deux parties n'ont pu se mettre d'accord. Face à elle, Albéric, un salarié licencié par son entreprise de sécurité. Son avocat estime que la "mutation disciplinaire" dont il a fait l'objet était illégale. Au coeur du débat porté par Me Eric Malexieu, cette notion de mutation disciplinaire et la clause de mobilité prévue dans le contrat de travail.

L'employeur a proposé à Albéric de changer de poste et d'aller travailler au Havre à "75 km de Rouen où il réside". Le salarié prend un congé maladie, "syndrome dépressif". Aujourd'hui, son avocat demande le paiement d'indemnités de licenciement, les congés payés, l'indemnité de préavis, un rappel de salaire, le tout pour quelque 4 500 euros. "Il est facile de prendre des sanctions pour pousser à la démission et éviter un licenciement, explique maître Malexieu, c'est un détournement de pouvoir."

L'avocat de l'employeur, ce dernier absent lors des débats, insiste sur les fautes commises : "Rondes non effectuées, absences injustifiées, difficultés de comportement, visite féminine dans le poste de garde." "De plus, le salarié n'a jamais pris son nouveau poste, argue Me Jérôme Lestoille, il y a donc abandon." En une heure, les faits sont exposés, tous les détails déballés. La juge annonce que le délibéré est fixé au 22 janvier. La saisine remonte à novembre 2007. Une conciliation a eu lieu sans succès - celle-ci est obligatoire et doit permettre aux deux parties de trouver un arrangement - en décembre. L'audience s'est tenue en mai 2008 et le jugement a été rendu à la mi-juillet. Devant l'impossibilité d'un accord entre les quatre conseillers, il a été fait appel au "juge départiteur". Plus d'un an, un délai fréquent, a été nécessaire.

En aparté, Mélanie Petit-Delamare confie son attachement aux prud'hommes, "une justice marquée par une vraie collégialité". "Notre rôle est d'apporter des règles de droit et, souvent, d'amener un peu de recul par rapport aux conseillers, élus par les salariés et les employeurs", estime-t-elle. Mais, se félicite la juge, "les défenseurs syndicaux interviennent toujours dans l'intérêt du salarié, sans le confondre avec des revendications collectives, syndicales". Seul problème, "les délais sont trop longs".

"CALVAIRE"

Dans les couloirs du tribunal, les conseillers acquiescent : "Ce qui mine les prud'hommes, ce sont les délais, les renvois quand les avocats professionnels disent ne pas être prêts." Une affaire d'argent, estiment-ils, les avocats touchant moins quand la conciliation réussit et que les délais sont plus courts. Pour Jean-Pierre Lemouton, conseiller du collège employeur, "on considère cela comme un échec quand on n'est pas arrivé à se mettre d'accord".

La juge enchaîne avec une nouvelle affaire : Séverine, licenciée pour fautes par son employeur, un boulanger. C'est un défenseur syndical, bénévole, qui l'assiste. Jean-Luc Robin, un cheminot CGT, parle de harcèlement, dit le "calvaire" de la jeune salariée, sa dépression. Il explique longuement la "rupture abusive".

L'avocate professionnelle du boulanger expose, elle, les nombreuses fautes : "moule à madeleines pas propre", "croissants trop légers qu'il a fallu jeter"... Photos à l'appui. Une heure plus tard, Mme Petit-Delamare demande à Séverine quelle est sa situation. "A la recherche d'un emploi", répond-elle timidement. L'employeur, présent, n'a rien à ajouter. Délibéré en janvier pour une saisine remontant à septembre 2007.

Dans la salle voisine, se tient une audience de conciliation, à huis clos. "Cela permet de mieux échanger et de faire évoluer les positions", explique Alain Paubert, défenseur syndical et ancien conseiller. Dans le couloir, Philippe, employé d'une société de protection incendie, le sollicite. Son CDD a été rompu avant terme, sans explication de l'employeur. "J'ai deux enfants, un prêt pour la maison et je ne sais même pas si j'ai le droit de retravailler", explique-t-il. Alain Paubert lui expose dans le détail les démarches à suivre.

En 2007, à Rouen où oeuvrent 130 conseillers, 1 787 affaires ont été jugées, contre 2 436 en 2006. Sur ce nombre, 156 ont été résolues en conciliation, 790 ont été rendues sur le fond dont 105 en départage. La durée moyenne des affaires reste longue mais elle a été fortement réduite, passant de 16 mois en 2006 à un peu plus de 13 mois, l'an dernier.

Rémi Barroux

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Ci-dessous l'éditorial de Thomas Lefèvre appelant à voter

02 décembre 2008

Les copains du Fouquet's l'ont emporté sur l'intérêt général !, par Nicolas Dupont-Aignan

Jusqu’où ira-t-on ?

Le débat parlementaire sur l’audiovisuel donne la nausée.

Comment la majorité peut-elle accepter de se livrer à un tel exercice de sabordage du service public ?

Au gré des amendements, les petits télégraphistes d’intérêts privés dessinent un paysage audiovisuel à la Berlusconi. L’idée de départ consistant à supprimer la publicité pour libérer France Télévisions de la dictature de l’audimat n’était pas mauvaise si elle restait partielle et si elle était compensée par des ressources pérennes. En vérité, il ne s’agissait que d’un piège pour faire avaler en douceur aux Français « l’essorage » de France Télévisions.

La suppression des recettes de la pub ne sera pas compensée et le service public devra obligatoirement faire preuve chaque année d’obéissance pour quémander son budget.

Avec la nomination directe du Président de France Télévisions, les parlementaires de la majorité se rendent-ils d’ailleurs compte qu’ils subiront, en cas de retour dans l’opposition, les effets déplorables de leur plan.

Une fois de plus, par volonté de contrôler l’information, le pouvoir public passe à côté d’une occasion historique. Une réduction maîtrisée de la pub, une redevance confortée, une réorganisation interne, l’investissement dans le numérique, une liaison entre la télévision et les disciplines artistiques (théâtre, cinéma, lecture…), auraient permis enfin de faire de la télévision publique un pôle culturel et éducatif fort.

Vidéos du Congrès fondateur de Debout la République

Vous trouverez ci-dessous deux vidéos sur le Congrès fondateur. Tout d'abord, il y a la vidéo de la lecture du texte fondateur par Elisabeth Laithier et Laurent Seurot. Ensuite, il y a la vidéo du discours de Nicolas Dupont-Aignan. Bon visionnage !

Vous pouvez consulter les vidéos précédentes avec les témoignages de compagnons de DLR et l'intervention du député européen Jens Peter Bonde sur Dailymotion.

01 décembre 2008

Election des prud'hommes le 3 décembre prochain: votez !, par Thomas Lefèvre

Depuis quelques jours, les municipalités ont ressorti les panneaux électoraux. Pourquoi, on revote ? Contrairement à ce que l'on pourrait penser après la volonté de Nicolas Sarkozy de faire revoter le peuple irlandais sur le traité de Lisbonne, il ne s'agit pas de revoter en France pour la présidentielle. Il ne s'agit pas, non plus, de politique. Il s'agit des élections prud'hommales qui auront lieu le 3 décembre prochain.

Pourquoi en parler sur un site politique ? Etre citoyen français ne se limite pas au droit et au devoir de voter pour les élections nationales et locales. La plupart de nos compatriotes sont également aux jours ouvrables des travailleurs. En tant que tels, au grand désespoir des élites mondialisées, ceux-ci ont des droits. Pour les faire respecter, il existe le Conseil des prud'hommes dont les membres sont élus. Malheureusement, la participation à ces élections est régulièrement faible. Pour nous qui défendons une participation accrue des salariés au fonctionnement de l'entreprise, il est juste et cohérent d'inviter nos concitoyens à s'exprimer dès qu'ils en ont l'occasion. Alors, comme le dit le spot publicitaire, "si vous êtes pour, votez pour".



Pour en savoir plus sur les élections prud'hommales, vous pouvez consulter le site dédié par le Ministère du Travail: www.prudhommes.gouv.fr.