28 juillet 2008

Affaire Tapie /Crédit Lyonnais : une nécessaire commission, par Nicolas Dupont-Aignan

Dans les années 80, Bernard Tapie nous présentait l’émission « Ambitions » sur TF1, afin de réconcilier les Français avec le monde de l’entreprise et leur apprendre à être « des faiseurs de fric » par l’initiative, la prise de risque et l’investissement personnel…

22 ans après, ces beaux principes sont battus en brèche puisqu’il semble plus efficace d’entretenir un réseau de connaissances et de connivences au sommet afin d’accomplir cette ambition de fortune.

L’arbitrage qui vient d’être rendu mérite une commission d’enquête car il s’agit, ne l’oublions pas, de renflouer une fortune privée avec de l’argent public. Un « Etat en faillite », des « caisses vides »… sauf en ce qui concerne l’augmentation du pouvoir d’achat de M.Tapie. Les Français qui ne peuvent partir en vacances, faute de moyens suffisants, apprécieront.

L’ancien chanteur du tube « Réussir sa vie »[1] n’avait pas précisé à l’époque que c’était aux dépens des autres.


[1] les paroles de cette inoubliable chanson sont disponibles ICI

Le fichage généralisé des acteurs publics autorisé et encouragé, par Nicolas Dupont-Aignan

Le décret du 1er juillet 2008 instituant un nouveau fichier dénommé Edwige organise de manière scandaleuse le fichage généralisé de toutes celles et de tous ceux qui entendent jouer un rôle dans la vie de la cité.

Il est d’ailleurs révoltant de voir un alinéa de l’article 1 de ce décret évoquer les informations relatives « aux personnes physiques ou morales ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif, sous condition que ces informations soient nécessaires au gouvernement ou à ses représentants pour l’exercice de leurs responsabilités » et l’alinéa suivant aborder, je cite, « les informations relatives aux individus, groupes, organisations et personnes morales qui, en raison de leur activité individuelle ou collective, sont susceptibles de porter atteinte à l’ordre public ».

Dans l’esprit de ce décret, il n’y a qu’un pas entre l’engagement politique ou syndical et le trouble à l’ordre public !

D’autant plus scandaleux est l’article 2, qui de manière très ambiguë aborde le contenu des informations du fichier. « Le traitement peut enregistrer des données à caractère personnel de la nature de celles mentionnées à l’article 8 de la loi du 6 janvier 1978 susvisée. Celles de ces données autres que celles relatives aux opinions politiques, philosophiques ou religieuses, ou à l’appartenance syndicale ne peuvent être enregistrées au titre de la finalité du 1 de l’article 1er que de manière exceptionnelle ».

En un mot, par dérogation tout est permis !

On comprend alors les réserves de la CNIL et les protestations diverses. Par glissements successifs notre pays est en train de perdre tous ces réflexes démocratiques.

25 juillet 2008

La force de l’idée française, par Nicolas Dupont-Aignan

Je viens de retrouver par hasard dans mes papiers ce texte remarquable extrait du discours pour la France de Philippe Séguin, prononcé à l’occasion du débat référendaire sur le Traité de Maastricht en 1992.

Tout y est. La force de l’idée française, sa cohérence, sa dynamique. On comprend aussi pourquoi elle gène tant. On enrage de l’inconscience de nos élites qui s’acharnent à détricoter cet idéal républicain.

Le coup, sinon fatal du moins important, est donné en ce moment par Nicolas Sarkozy. Raison essentielle pour ne céder en rien et toujours défendre cette certaine idée de la France si chère à nous tous.

« J'ai parlé de république, de valeurs républicaines. Il faut à ce sujet bien nous entendre. En France, la République n'est pas seulement un régime institutionnel. Et s'il fallait lui trouver une date de naissance, je la situerais à Valmy, le 20 septembre 1792, avec le «peuple en armes», plutôt qu'à la Convention, le lendemain, quand les députés décidèrent d'abolir la monarchie. Car la République, c'est avant tout ce système de valeurs collectives par lequel la France est ce qu'elle est aux yeux du monde. Il y a une République française comme il y eut une République romaine. Depuis l'origine, sa maxime est la même : la souveraineté du peuple, l'appel de la liberté, l'espérance de la justice. Elle est inséparable de la dignité de la personne humaine et de son émancipation, de l'Etat de droit, de l'équité et de l'égalité des chances. Elle est inséparable de la solidarité nationale, de l'ambition collective nationale, de l'esprit national, de l'indépendance nationale, Elle est inséparable de l'Etat qui, en son nom, doit arbitrer, rendre la justice, attaquer inlassablement les privilèges, combattre les féodalités, accorder la primauté aux mérites et à la vertu. C'est dire que forgée dans le même moule, la République n'est pas séparable de la nation. Et tout cela, bien sûr, ne date pas d'hier! »

22 juillet 2008

Nicolas Dupont-Aignan dit ses "4 vérités" sur la réforme des institutions

Ce mardi, NDA était l'invité des "4 vérités" de France 2. Voici la vidéo grâce à NDATV.

Congrès de Versailles : la tambouille de la IVème République, par Nicolas Dupont-Aignan

A une voix seulement, le congrès de Versailles vient de donner le deuxième coup de grâce (après celui du quinquennat) à notre Vème République.

Certes, il ne s’agit pas de la réforme du siècle. Pour autant, on détricote un peu plus l’œuvre du Général De Gaulle et de Michel Debré, qui avait apporté cinquante ans de stabilité institutionnelle.

Comme pour le quinquennat, il s’agit a priori d’une modernité. Mais en vérité, cette réforme déséquilibre les institutions, efface un peu plus le Premier Ministre, supprime l’obligation de référendum pour l’adhésion de nouveaux Etats dans l’Union Européenne, renforce la présidentialisation du Régime.

On y parle des droits du Parlement. Tout cela est bien factice quand on sait qu’un seul parti a la majorité absolue des sièges de l’Assemblée Nationale, et qu’il est directement piloté depuis l’Elysée. En vérité, le Général De Gaulle avait voulu lutter contre le Régime des partis et son lointain successeur, lui, reconstruit le régime du Parti.

La manœuvre est surtout politicienne. Il s’agit de faire croire aux Français que le Parlement est revalorisé et que Nicolas Sarkozy est un grand démocrate. Si vraiment le Président de la République avait voulu démocratiser la Vème République, il avait l’embarras du choix : instiller une dose de proportionnelle pour rétablir le multi-partisme, lutter contre le cumul des mandats, mieux contrôler les directives de Bruxelles, et surtout faire usage du référendum.

Mais le président essaie davantage les manœuvres d’appareil, les petits chantages sur Députés et Sénateurs un peu lâches, les récompenses pour les radicaux toujours prêts de l’assiette au beurre, les petites combines pour que Bernard Tapie retrouve sa fortune, les protections pour que Jacques Lang continue de briller…

Cette après-midi à Versailles, il régnait un étrange parfum de IVème République.

Pendant ce temps, les problèmes de la France ne sont pas vraiment traités, on reste dans l’apparence, les effets de show biz, les pressions sur les médias.

Tout cela ne peut pas durer, les Français ne méritent pas cela.

Honneur aux quelques députés de la majorité, vrais gaullistes, qui n’ont pas cédé. Ce sont eux qui reconstruiront la France quand la tornade sarkozienne sera passée.

16 juillet 2008

Se mobiliser pour la médiathèque de Rouen, par Thomas Lefèvre

Il est un sujet polémique à Rouen en ce moment : la construction de la médiathèque. Dernière des agglomération de sa taille à ne pas disposer d’une infrastructure de ce genre, la Municipalité dirigée par Pierre Albertini (ex-UDF, centriste indépendant) tenta d’y remédier lors du mandat précédent. Certes, la gauche émit de sérieuses critiques sur la forme et, notamment, sur la localisation excentrée de la future médiathèque. Elle priva ce projet culturel à vocation régional de leur soutien. Cette défection imputa donc l’essentiel du financement à la commune de Rouen. L’alternance étant faite aux dernières échéances municipales, le nouveau maire de Rouen décida de remettre à plat les engagements financiers de la ville par un audit. Le fait en soi était parfaitement légitime. Néanmoins, il servit de justification à l’arrêt de la construction de la médiathèque qui entamait le deuxième étage. Le fait est, en revanche, fortement contestable au regard du triple gâchis culturel, financier et de l’image de la ville de Rouen.


  • Un gâchis culturel : La future médiathèque était une nécessité culturelle pour la ville de Rouen. Sa présence était aussi le symbole d’une ambition culturelle. Elle devait rassembler les fonds patrimoniaux de la ville de même que les ouvrages les plus récents avec une utilisation des nouvelles technologies. Ce devait être une relance de la lecture publique et non une limitation comme le laisse entendre Valérie Fourneyron. Si la bibliothèque dédiée principalement aux fonds patrimoniaux et celle qui était située à proximité devaient fermer, les autres étaient conservées afin de garder un service de lecture publique de proximité. Ce faisant la médiathèque était le fer de lance de la politique culturelle de la ville avec un rayonnement plus ample. Dans ce gâchis culturel, je pense notamment aux agents préparant le transfert des fonds patrimoniaux de la Bibliothèque Villon à la Médiathèque. Leur travail depuis de nombreux mois tendait à l’ouverture de cette dernière. Qu’en reste-t-il ?


  • Un gâchis financier : L’article de Patrick Bottois de la Gazette des communes (version électronique) ne peut guère être plus clair : « La décision est lourde de conséquences, car la ville a déjà payé 9 millions d’euros au constructeur et que deux étages de la médiathèque sont pratiquement construits. Leur destruction en coûtera 4 millions d’euros à la ville […] ». Certes, le coût élevé (44 millions d’euros) pouvait interpeller sur ce projet qui était néanmoins un investissement à long terme. Il faut bien sûr voir les responsabilités de l’ancienne équipe municipale qui est passée outre l’opposition des autres collectivités dont la participation pleine et entière était fondamentale pour la réussite d’un tel projet. Mais, il faut également voir les responsabilités de la majorité politique locale actuelle. Une continuité devait être assurée dans la mesure où la décision avait été prise et où son exécution avait été bien avancée. Au résultat, même si le dernier conseil municipal a repoussé la destruction au profit d’une adaptation pour une autre utilisation de ce qui a été bâti, cette décision restera un gâchis car le nouveau projet demandera une adaptation qui aura encore un coût.


  • Un gâchis pour l’image de Rouen : Le communiqué de Christine Albanel, ministre de la Culture, est en soit révélateur. Cette dernière « regrette que cette décision ait été prise sans concertation avec ses services ». Cette décision n’apparaît pas tant pour un problème financier (qui aurait pu trouver sa solution avec la bonne volonté leurs collègues des autres collectivités) que par une réaction politicienne arrêtant un projet phare de la Municipalité précédente avec le soutien de l’Etat. L’interview de l’architecte du projet de médiathèque, réalisée il y a deux semaines par le quotidien Paris-Normandie, ne fait que souligner ce fait caractérisant cette décision comme une « honte pour la ville de Rouen ».
Au bilan de ce triple gâchis, les critiques de Valérie Fourneyron et de son équipe sur « les critères d’accessibilité » semblent faibles puisque l’ouverture d’une installation de cette envergure devait se cumuler avec une adaptation des services de transport en commun. Cela participait au renouveau du quartier Grammont avec la nouvelle gare. Quant aux visiteurs extérieurs à la ville de Rouen, l’accessibilité en était facilité au regard de la circulation et de la capacité de stationnement à faible de coût pour aller consulter, par exemple, les fonds patrimoniaux à la Bibliothèque Villon en plein centre-ville.

C’est pour cela que nous nous solidarisons avec le collectif des citoyens rassemblés sur le blog sauvonslamédiatheque.com et appelons les habitants de l’Agglomération de Rouen, et plus généralement les usagers des services culturels de la ville de Rouen à signer la pétition accessible sur Internet.


Vous trouverez sur le blog le lien pour signer la pétition.

Si les Irlandais revotent, n’hésitons plus et faisons revoter pour l’élection du Président de la République Française !, par Nicolas Dupont-Aignan

Le bras de fer entre les peuples européens et les dirigeants eurobéats continue. En effet, Nicolas Sarkozy a annoncé aujourd’hui à l’Elysée, devant les députés UMP, que « les Irlandais devront revoter » sur le traité de Lisbonne, lequel n’en finis pas de mourir.

En parallèle, tous les spécialistes inféodés à la technocratie bruxelloise cherchent un moyen efficace pour contourner le « NO » de ce peuple souverain.

Le président en exercice de l’UE se rend-il compte de ce qu’il est en train de faire ? De l’impasse dans laquelle il conduit l’Union européenne ?

Quand on ne respecte pas le suffrage universel, on perd toute légitimité politique et donc toute capacité d’action collective.

De plus, si l’on remet en cause l’expression du suffrage Irlandais, alors quid du suffrage français de 2007 ? En quoi ce dernier serait-il plus légitime que celui de nos voisins irlandais ? On le voit bien, avec ce type de raisonnement, la démocratie se retrouve vidée de sa substance.

Ainsi, c’est la belle idée européenne, elle-même, qui se trouve menacée par cet entêtement contraire aux valeurs démocratiques élémentaires.

Les élections de juin 2009 constitueront le référendum refusé aux peuples par Nicolas Sarkozy.

12 juillet 2008

On ne plante pas un arbre de travers !, par Nicolas Dupont-Aignan


Le projet d’Union pour la Méditerranée est une bonne idée que je défends depuis longtemps.

Il va de soi, qu’obnubilée par la construction européenne, la France a eu tendance ces derniers temps à ne pas porter assez d’attention à ses voisins du Sud. Comment multiplier les beaux discours sur l’aide au développement et ne pas renforcer notre coopération avec les pays riverains de la Méditerranée ?

Malheureusement la préparation du sommet du 13 juillet a laissé à désirer et deux obstacles majeurs, l’un de fond, l’autre de forme, risquent de mettre en péril ce fragile édifice.

Sur le fond, le Président Sarkozy a eu tort de capituler devant Mme Merkel en acceptant d’intégrer dans le projet les institutions de l’Union européenne. L’idée de départ d’Henri Guaino était la bonne. Seuls les pays riverains de la Méditerranée devaient participer à cette Union. Ce qui avait été accepté pour la mer Baltique devait l’être pour la méditerranée. En réintégrant dans le processus, la Commission de Bruxelles et l’Allemagne, on revient de fait au projet de Barcelone qui ne marche pas. Un arbre planté de travers ne peut pas s’épanouir. Il en sera de même de ce projet d’Union pour la méditerranée qui se verra toujours mettre des bâtons dans les roues par des pays qui refusent à la France le droit de jouer son rôle propre sur le flanc sud de l’Europe. Le second obstacle tient à la forme. Par pure mégalomanie de show-biz, le Président a voulu organiser à l’occasion du 14 juillet à Paris une rencontre entre les 27 dirigeants de l’Union et ceux du bassin méditerranéen. Il eût été préférable de ne pas tout mélanger. L’affiche pouvait paraître belle pour Paris Match, malheureusement elle sera entachée de sang.

Comment en effet accepter de voir l’armée française saluer devant la tribune officielle, place de la Concorde, le Président d’un pays, la Syrie, impliqué dans le terrible attentat du « Drakkar » au Liban en 1983. On demande en quelque sorte aux victimes de se soumettre à leur bourreau.

Je n’ai jamais été un avocat d’une politique étrangère, « droit de l’hommiste ». Je conçois très bien que l’on rétablisse progressivement des relations d’Etat à Etat avec la Syrie. Mais de là à faire preuve de tant de cynisme et d’impudeur, il y a un pas qu’il ne fallait pas franchir. Le 14 juillet est la fête de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité. Tout le contraire de ce triste spectacle qui fait honte aux Français.

11 juillet 2008

Discours devant le parlement européen : l’impasse Sarkozy, par Nicolas Dupont-Aignan

C’est en parallèle de la très médiatique sortie de l’album de la «première dame » que Nicolas Sarkozy a lui aussi essayé de vendre son disque, rayé, sur l’avenir de la construction européenne devant le parlement de Strasbourg.

Enfilant les perles avec minutie, il a, entre autres, déclaré :

  • qu’il n’y aura pas de renégociation du traité de Lisbonne, confirmant ainsi l’aveuglement des élites face à la volonté des peuples.
  • que les élections de juin 2009 pourraient se faire « sur la base du traité de Lisbonne … » donc en dehors de tout cadre légal, « …ou du traité de Nice ». Comme ça il était à peu près sûr de ne pas se tromper.
  • que la défense européenne sera pensée avec l’OTAN comme symétrique ("Ce n'est pas l'OTAN ou la politique européenne de défense, c'est les deux"), parachevant la mise sous tutelle américaine de la politique européenne de défense. Gorges Bush saura apprécier…
  • que la retraite et la santé sont d’abord de dimension nationale. Enterrant temporairement le serpent de mer de l’Europe sociale qui ne manquera pas d’être exhumé par le PS, l’UMP et les centristes lors des prochaines élections européennes.
Fidèle à lui même, le président Sarkozy a caressé dans le sens du poil les eurocrates qui n’en demandaient pas tant, notamment sur l’élargissement sans fin de l’UE, annonçant l’intégration prochaine de la poudrière Balkanique. N’oubliant pas son habituel poncif de la critique au tilleul menthe de la BCE, il s’est bien gardé de dire quelle solution politique concrète est envisageable pour éviter à l’Euro d’aller dans le mur. La seule chose sensée qu’a déclaré le Président à Strasbourg, est que ce n’est pas à la Chine de fixer son agenda. Il a raison, les USA s’en occupent déjà très efficacement.

L’Europe est une chose bien trop sérieuse pour la laisser aux mains des eurobéats. Malheureusement, Nicolas Sarkozy s’inscrit dans le chemin tracé par les oligarchies non élues, confirmant ainsi l’inutilité de sa présidence … européenne bien entendu.

Les futures élections européennes constituent le grand rendez-vous qui permettra aux citoyens de désavouer clairement cette politique spectacle.

07 juillet 2008

Week-end irlandais, par Nicolas Dupont-Aignan

Ce dernier week-end les « organisateurs » du NON irlandais avaient organisé à Galway une rencontre de personnalités européennes qui les avaient soutenus.

Pendant deux jours nous avons beaucoup échangé sur notre vision de l’Europe. Il était intéressant de voir combien les points de vue étaient relativement proches quelles que soient les origines géographiques et politiques fort différentes des parlementaires présents.

Tous ressentaient profondément ce décalage entre le besoin de coopération européenne et l’impasse politique, économique et sociale dans laquelle les dirigeants européens ont plongé, par leur entêtement, l’Union européenne d’aujourd’hui.

A l’exception peut-être des Britanniques et des Irlandais, les « continentaux », Autrichiens, Français, Danois, etc… ont tiré la sonnette d’alarme sur la crise européenne, la surévaluation de l’euro, l’explosion des inégalités. A l’évidence, même en Allemagne la population souffre de plus en plus de cette jungle de la mondialisation dont la Commission est le cheval de Troie.

Enfin, tous ont reconnu la nécessité de réaffirmer notre plan B de manière à présenter en juin 2009, lors des élections européennes, une solution alternative. Il va de soi qu’il est réconfortant de voir chaque jour qui passe se renforcer l’idée d’une Europe confédérale, la seule qui peut marcher.

En juin 2009, nous pourrons ainsi surprendre toutes les petites élites européennes qui n’ont pas compris que se faisait jour dans tous les pays d’Europe ce même besoin d’une autre Europe qui s’appuie sur les peuples et respecte les Nations.

On comprend d’ailleurs mieux en parcourant l’Irlande, cette terre rude battue par les vents, pourquoi et comment ce peuple, petit par le nombre et grand par le courage, a pu dire sa vérité à l’Europe toute entière.

04 juillet 2008

Loi « Création et Internet » : La création d’une citoyenneté de seconde zone sur Internet, par Nicolas Dupont-Aignan

Par la validation le mois dernier en conseil des ministres de la loi «Création et Internet », l’industrie du divertissement voit l’aboutissement de plusieurs années de lobbying intensif auprès des décideurs politiques. Ce projet prévoit la mise sous tutelle des Fournisseurs d’Accès Internet (FAI) par une Haute Autorité (dite Hadopi) contrôlée par l’industrie du divertissement afin de surveiller l’ensemble des communications sur internet.

« Consommez et obéissez », tel est le message de cette industrie aux internautes par la voix du gouvernement Fillon.

Consommez car le principe même des échanges qui est le fondement de l’Internet est remis en cause par le filtrage de la connexion attribué à l’industrie du divertissement qui devient de fait une sorte de vigile du net décidant de ce qui sera échangeable ou non dans une logique commerciale.

Obéissez sinon c’est la coupure de connexion. Elle se fera sur la base de relevés détaillés de l’usage de la connexion de l’ensemble des internautes français. Soumis à l’arbitraire d’une juridiction d’exception obéissant à une logique de profits et disposant de moyens de force publique, les internautes deviendront de fait des citoyens de seconde zone dont les droits constitutionnels sont passés à la trappe : ils risquent à tout moment les foudres des vigiles du net pour un malheureux MP3 téléchargé.

D’autant qu’il existe une autre solution : la licence globale. Je comprends les auteurs qui doivent recevoir une rémunération. Mais leurs intérêts dans ce cas sont nettement divergents par rapport à ceux de l’industrie. La mutation technologique induit fatalement une modification du modèle économique de distribution des œuvres que les majors refusent, cela n’est plus possible sauf à être liberticide et à tout contrôler. Ce sont les moines-copistes de l’ère moderne qui, pour conserver leur privilège de copier la bible, se sont lancé dans un combat d’arrière garde afin d’interdire l’imprimerie.

Par ailleurs le gouvernement n’est pas le seul à blâmer dans cette affaire, la Commission européenne de Monsieur Barosso ne se prive pas d’apporter sa pierre à l’édifice.

En effet sous l’impulsion de la commissaire luxembourgeoise, Viviane Redding, des députés européens sont an train de modifier le droit européen pour autoriser la mise en place de mécanismes de traque des internautes en contradiction totale avec la directive sur la vie privée.Semaine de 65 heures, poulet chloré, viol de la vie privée… Le premier semestre 2008 aura été riche en « innovations » pour la Commission européenne. La cupidité de quelques-uns associée à la servilité des élites forment un cocktail assez amer pour ceux qui se soucient de savoir si nous vivons encore en République.

Le sujet peut paraître aride mais il est essentiel. Les modifications législatives actuelles sur les technologies informatiques portent en elles la négation pure et simple des droits fondamentaux des citoyens : des droits de l’homme.

03 juillet 2008

Dignité, par Nicolas Dupont-Aignan

Je pourrai écrire aujourd’hui plusieurs billets tant l’actualité est chargée.

Heureusement, la libération d’Ingrid Betancourt apporte une bouffée d’air frais, preuve s’il en est besoin, que dans la vie, il ne faut jamais renoncer, ni perdre espoir. Mais n’oublions pas toutes celles et tous ceux, anonymes, qui, à travers le monde, sont encore aujourd’hui les victimes d’enlèvements politiques.

Il y aurait aussi beaucoup à dire sur la démission du Général Cuche, chef d’Etat-Major de l’Armée de Terre, soldat exemplaire qui a fait preuve d’un surcroit de dignité, face au déversement de bile du Président de la République. Un Président de la République qui n’a pas jugé utile de rendre visite aux casques bleus français du Liban car il « n’en avait pas le temps », mais qu’il a trouvé à Carcassonne, ce temps, pour sur jouer l’émotion.

Il fallait peut-être des démissions, mais celle du Général Cuche est-elle vraiment la bonne ? D’autant plus que ce soldat, lucide et honnête, avait eu le courage de critiquer certains aspects du Livre Blanc de la Défense, ce qui n’a sans doute pas plu.

Dignité également, du Président de France Télévision qui, à force de voir son institution salie et caricaturée par le Président de la République, a décidé que la coupe était pleine. L’idée initiale de Nicolas Sarkozy de supprimer la publicité sur les chaînes de la télévision publique n’était au reste pas nécessairement mauvaise, mais encore aurait-il fallu l’intégrer à un vrai projet ambitieux quant à la mission et au programme du service public et l’assortir d’une augmentation très substantielle de moyens pour hisser France Télévision à la hauteur de ses homologues allemands et britanniques. Hélas, la précipitation et les arrières pensées à courte vue l’ont emporté…

Ecœurant ? Les personnels de France Télévision, même s’ils ont leurs défauts, n’en sont pas moins le levain du service public audiovisuel de qualité qui fait tant défaut dans notre pays.

Décidemment, Nicolas Sarkozy n’a toujours pas pris la mesure de sa mission.

02 juillet 2008

NDA dans "Le Monde" sur la présidence de l'Union européenne

Dans une interview au Monde, Nicolas Dupont-Aignan dresse une vision de la présidence française et plus précisément de la présidence sarkozienne de l'Union européenne. Vous trouverez ci-dessous le texte de cette interview consultable sur le site Internet du quotidien.


"Le chef de l'Etat s'est placé dans une contradiction insurmontable"

Nicolas Dupont-Aignan, ancien UMP, député (non inscrit) de l'Essonne, est président de Debout la République. Il a mené campagne en 2005 pour le non au traité constitutionnel européen et a voté contre la ratification du traité de Lisbonne.

Le Monde - Que vous inspire le déploiement des drapeaux français et européens pour la présidence française de l'Union Européenne ?

Nicolas Dupont-Aignan - Pour qu'un drapeau ait un sens dans la conscience collective, il faut qu'il représente quelque chose de positif, qu'il y ait une légitimité démocratique. Or, l'Union européenne d'aujourd'hui n'en a aucune puisque ses dirigeants bafouent ouvertement le suffrage universel et veulent imposer aux peuples une Europe qui ne marche pas. Le décalage saisissant entre la multiplication des drapeaux européens et l'échec patent de l'Union à améliorer la vie de ses citoyens explique le rejet des peuples, de plus en plus lassés du double discours permanent.

Après le non irlandais au traité de Lisbonne, quel plan B proposez-vous ?

Les dirigeants européens auraient dû accepter les refus référendaires des Français et des Néerlandais et ne pas chercher à les contourner. Le non irlandais montre que les peuples n'ont pas été dupes. Il fallait donc reconnaître ce vote populaire et suspendre le processus de ratification. Le président polonais et le président tchèque se chargeront de le faire. Ce traité est mort. L'Europe qu'il met oeuvre ne fonctionne pas. Le plan B est simple. Rompre les négociations avec la Turquie et lui offrir un partenariat. Revoir le statut de la Banque centrale européenne pour y inclure un objectif de croissance économique et de lutte contre le chômage. Rendre des compétences aux Etats-nations pour gérer leurs propres affaires. Développer des coopérations à la carte sur les sujets essentiels qui permettront à l'Europe de peser dans la mondialisation - sciences, industrie, environnement... En un mot, arrêter de rêver une Europe uniforme à vingt-sept, impossible à construire, pour bâtir la seule qui peut marcher : celle des coopérations à géométrie variable.

Quelles devraient être les priorités de Nicolas Sarkozy durant sa présidence ?

Nicolas Sarkozy s'est placé dans une contradiction insurmontable. D'un côté, il épouse, par lucidité, la protestation sourde des peuples. Il met même de l'huile sur le feu en faisant croire aux Français que l'Europe lui interdit, par exemple, de baisser la fiscalité sur l'essence. De l'autre, il vénère toujours le mythe de l'Europe politique et, à Bruxelles, signe tous les textes dont il conteste les effets à Paris. Ce grand écart est irresponsable, à la fois pour la belle idée européenne qui mérite mieux et pour la mise en oeuvre de sa propre politique qui, aujourd'hui, est dans l'impasse.

Propos recueillis par Patrick Roger
Article paru dans l'édition du 03.07.08.

01 juillet 2008

Europe : les raisons de la colère, par Nicolas Dupont-Aignan

Les dirigeants européens ressemblent de plus en plus à des enfants en colère qui, rappelés à l’ordre par leurs parents, cassent leurs jouets de fureur. En l’occurrence ce sont les peuples, par le suffrage universel, qui, à trois reprises, les ont rappelés à l’ordre, opposant une saine résistance à la tentative de leur imposer une Union européenne toujours plus supranationale.

Plutôt que d’écouter la voix des peuples, de tenter de comprendre la motivation des rejets référendaires, les dirigeants ont joué l’épreuve de force, le contournement du vote populaire, en un mot la crise. Une crise dont ils font ensuite porter la responsabilité aux peuples pour culpabiliser ceux qui ne pensent pas comme eux.

Ce jeu est particulièrement dangereux pour l’idée européenne elle-même qui est de plus en plus assimilée à la manière de construire l’Europe. En refusant aux peuples de décider librement et démocratiquement le visage de l’Europe, ils condamnent les Européens à avaliser une « mauvaise » Europe ou à rejeter toute Europe. Dans ce contexte, le Président de la République, navigue à vue, jetant sans s’en rendre compte beaucoup d’huile sur le feu, sans aucune chance de succès. D’un côté en effet, il épouse le diagnostic populaire en reconnaissant que cette Union européenne ne marche pas mais, de l’autre, il s’incline de fait devant la technocratie européenne laissant s’aggraver les dérives qu’ils contestent. Ce fossé entre les discours à Paris et les décisions à Bruxelles est saisissant.

Pourquoi reconnaître les failles de l’Union européenne et vouloir imposer aux Irlandais un nouveau vote pour poursuivre la ratification ?

Comment faire toujours campagne contre l’adhésion de la Turquie et accepter l’ouverture des chapitres de négociations à Bruxelles, sans parler même de la suppression du caractère obligatoire du référendum sur la Turquie ?

Pourquoi critiquer la gestion de la Banque Centrale européenne et au lendemain de son élection, fort du soutien du peuple, ne pas exiger au moment de la signature du Traité de Lisbonne, un changement de statuts de la Banque Centrale européenne ?

Comment oser demander des plafonnements de TVA sur l’essence, alors qu’il sait que ses partenaires ne le souhaitent pas et qu’il suffirait d’agir au niveau national ?

En vérité, l’Union européenne est à un tournant de son histoire. La construction artificielle, bureaucratique et anti démocratique construite à Bruxelles engendre irresponsabilité politique, confusion et immobilisme, terreau idéal pour la régression économique et sociale comme pour le recul de la démocratie.

Les institutions communautaires veulent s’occuper de tout dans la vie des Nations mais ne sont pas capables de les faire coopérer dans quelques domaines clés pour faire de l’Europe le multiplicateur de puissance dont on a tant besoin pour relever les défis de la mondialisation.

Le choix est simple : allons-nous continuer à subir cette impuissance collective ou, au contraire, garder le meilleur de la réconciliation de l’Après-Guerre tout en osant lutter contre le moins bon (voire le pire) qui dénature la belle idée européenne ?

Le Chef d’Etat qui osera proposer le plan B sera au rendez-vous de l’histoire et sauvera l’Europe.

La tâche n’est pas aisée, certes. Il faut à la fois appuyer sur le frein de l’intégration uniforme à 27 et sur l’accélérateur des coopérations à la carte. Il faut savoir résister aux intérêts qui, aujourd’hui, gouvernent le Monde et l’Europe, pour défendre le seul intérêt général. Il faut avoir une vision géopolitique pour établir des partenariats avec la Russie, la Turquie, le Maghreb, tout en stoppant l’élargissement sans fin.

Ces huit propositions que je formule (et que vous pouvez retrouver ici en un seul clic : ICI ), donneraient un espoir aux Français et aux Européens qui pourraient à nouveau réconcilier leur amour de la Nation et leur souhait de vivre ensemble.