31 octobre 2008

Pendant que l’assemblée nationale refuse de réglementer le système financier, le sénat cadenasse Internet, par Nicolas Dupont-Aignan

L’indécence n’a plus de limite : alors qu’on annonce un feu roulant de plans sociaux, de mises au chômage technique, le gouvernement n’a rien trouvé de mieux que de déclarer l’urgence sur le projet de «riposte graduée» sur Internet visant à confier à l’industrie du divertissement le contrôle d’une juridiction d’exception qui supervisera une «haute autorité» chargée de la surveillance généralisée des internautes dans le but de détecter des échanges de MP3 ou de DivX.

La riposte graduée n'est rien d'autre qu'un dispositif de sanction aboutissant à la coupure de la connexion à la suite de 2 avertissements par émail dans le cas du téléchargement du moindre morceau de musique par un internaute... Pour être mise en œuvre, il est nécessaire de surveiller toutes les connexions des internautes. Ce sont donc des moyens colossaux qui seront utilisés afin de protéger le modèle économique dépassé des majors du disque. C’est effectivement très urgent !

Développement de la Radio, Cassette audio, CD gravable, baladeurs MP3, à chaque innovation on a droit aux mêmes arguments qui annoncent la fin de la création musicale. L’urgence d’en finir avec les échanges sur Internet est donc plus que discutable.

En 2005 l’urgence avait déjà été utilisée pour faciliter l’adoption de la loi DADVSI. Malgré ce processus démocratique «accéléré» quelques députés, de tous bords politique, dont je faisais partie, avaient réussi à faire passer (le temps d’un amendement éphémère) le projet de «Licence Globale», qui remplaçait les droits d’auteurs menacés d’extinction par une contribution minimum sur chaque abonnement haut débit. Certains de nos détracteurs de 2005 commencent à l’évoquer comme l’une des solutions possibles pour financer la création. Malheureusement le gouvernement en retard d’une guerre s’entête. Les sénateurs viennent de voter le projet absurde de la ministre de la culture. On croit rêver, au moment où la majorité à l’assemblée nationale refuse de taxer les stock-options, celle du sénat s’attaque à la liberté des échanges quand à elle très positive sur internet.

Honnêtement le système des échanges financiers cause bien plus de problèmes économiques que celui des systèmes « peer to peer » ! Échanges d’obligations pourries, spéculations, défiscalisations, transferts de fonds dans des paradis fiscaux … Pas de soucis pour les élites financières et bancaires, le libre échange, quelles qu’en soient les conséquences, eux, y ont droit sans restrictions et à vos frais si ça tourne mal. Mais par contre si vous avez le malheur d’échanger des MP3 vous devrez subir les foudres des majors de l’industrie du divertissement via une juridiction d’exception dont il est clair qu’elle sera illégale car anticonstitutionnelle, et à laquelle je m’opposerais comme je l’avais annoncé lors de la journée libre accès en juin dernier :


PS : De nombreuse initiatives ont vu le jour ces derniers mois sur Internet comme celles de la Quadrature du Net ou de l’UFC que Choisir qui a décidé de traiter la question avec humour avec le site ca-va-couper.fr . Ils informent et alertent les internautes sur les graves dérives auxquelles nous sommes confrontés. Avec des citoyens plus que jamais informés de ce qui se décide à leur place le débat à l’assemblée risque d’être intéressant.

30 octobre 2008

Rappel: Congrès fondateur du parti gaulliste et républicain indépendant Debout la République

Dans trois semaines, le 23 Novembre 2008, le Congrès fondateur du parti gaulliste et républicain indépendant se tiendra à la Mutualité à Paris. Pour mémoire, nous vous rappelons le programme de cette journée en deux temps. Tout d'abord, pour les adhérents, l'assemblée générale sera l'occasion de modifier les statuts de DLR et de renouveller les instances nationales (présidence de DLR et conseil national). Dans un second temps, le Congrès sera ouvert aux sympathisants ou aux simples curieux avec les interventions politiques et le discours de clôture de Nicolas Dupont-Aignan.

Pour tous ceux qui souhaitent assister au Congrès fondateur (adhérents, sympathisants ou curieux), un covoiturage au départ de Rouen est organisé. Merci de contacter la fédération par téléphone ou par courriel (contacts sur la colonne de droite).

Nous rappelons aux adhérents de bien vouloir adresser leur coupon réponse au centre national afin de confimer leur présence et leur choix de restauration le midi avant le 7 novembre prochain :

Debout la République
BP 18
91330 YERRES
ou
Programme:

10 h 00 Accueil
10 h 30 Assemblée générale de Debout la République: Rapport moral du Président, Rapport financier du trésorier, Approbation des statuts, Renouvellement des instances (conseil national et président), Débat sur l'orientation du mouvement. Seuls les adhérents à jour de cotisation peuvent voter. Possibilité de renouveler sur place.
12 h 30 Déjeuner

14 h 00 Ouverture au public
14 h 15 Interventions politiques
15 h 00 Discours de clôture de Nicolas Dupont-Aignan
16 h 30 Fin du Congrès

29 octobre 2008

Sur les lois mémorielles... et le pouvoir législatif

Vous trouverez ci-dessous l'intervention d'Anne-Marie Le Pourhiet devant la mission d'information sur les questions mémorielles. Intervention salutataire ! Bon visionnage.




28 octobre 2008

« Plan pour l’emploi » : la montagne accouche d’une souris, par Nicolas Dupont-Aignan

Les mesures annoncées par le Chef de l’Etat à Rethel dans le cadre d’un ensemble baptisé « plan pour l’emploi », laissent pour le moins sur sa faim.

Bien sûr, il est indispensable de prendre des mesures d’urgence pour amortir des effets d’une crise qui s’annonce dévastatrice. Mais, au-delà du choc conjoncturel, ce qui est en jeu, c’est la capacité de l’économie française (et européenne) à rebondir, à éviter qu’une récession ponctuelle ne se transforme en une dépression de grande ampleur et de longue durée.

A cet égard, parmi d’autres, l’augmentation des contrats aidés, l’extension du Contrat de Transition Professionnelle ou encore le remplacement de la Convention de reclassement personnalisée, traitent les effets en s’interdisant de toucher aux causes, d’ordre national ou d’ordre européen.

Des causes qui sont pourtant connues. Au plan national, les charges sociales demeurent trop lourdes, continuant de peser sur la production et l’emploi, faute d’avoir osé la TVA sociale comme au Danemark ou en Allemagne. Au plan européen, bien sûr, il y a un pilotage monétariste de l’économie qui privilégie la rente en pénalisant l’investissement, le travail et la production, une phobie irréaliste de l’inflation qui confine à la déflation permanente, un dogme absurde de la concurrence qui condamne toute politique industrielle au-dedans et ouvre les vannes des produits importés au dehors, etc. Bref, alors que la réalité impose de réviser radicalement les orientations malthusiennes et antisociales de Bruxelles, malgré leur échec patent, on se contente simplement de les mettre au congélateur… surtout d’ailleurs lorsqu’il s’agit de sauver des banques d’une coupable irresponsabilité !

On trouve 400 milliards pour les banques, mais on jette l’aumône aux salariés et à la relance. Le discours sous-jacent est connu, bien que scandaleux et faux : l’argent pour les banques serait nécessaire là où celui pour la relance serait gaspillé. Cette conception de la relance minimaliste est pourtant délétère pour les finances publiques : car, encore une fois, le traitement social du chômage, sans mesures structurelles fortes pour la croissance, aggrave les déficits publics sans traiter la racine du problème. Autant arroser le sable…

Ce deux poids deux mesures injuste et inefficace a une cause évidente qu’il ne fait pas bon dire : les règles européennes et de l’OMC, taillées sur mesure pour un capitalisme de rente et de spéculation et inscrites au cœur du traité de Lisbonne, n’ont été mises qu’entre parenthèses. Le président de la République est très ambigu : d’un côté il pourfend les « dogmes de Bruxelles », de l’autre il signe des deux mains un traité de Lisbonne qui les aggrave et fait les gros yeux aux courageux Irlandais qui votent « non ».

Nicolas Sarkozy multiplie les déclarations martiales pour faire croire qu’il va réellement porter le changement qu’attendent les Français. Mais pourquoi n’ajourne-t-il pas la privatisation rampante de la Poste ? Pourquoi ne proclame-t-il pas le maintien sans limitation de durée des tarifs administrés du gaz et de l’électricité ? Pourquoi n’engage-t-il pas une vraie politique de relance adossée à l’Etat ? Pourquoi prête-t-il aux banquiers sans entrer au capital des banques pour s’assurer qu’elles honorent leurs promesses en matière de distribution du crédit à des taux raisonnables ? Pourquoi ne convoque-t-il pas une conférence nationale des revenus du travail pour engager le rattrapage de 30 ans d’écrasement des salaires ?

Après le traitement social des banquiers puis, avec des moyens sans commune mesure, celui des chômeurs, quand viendra donc le plan de relance de l’économie française et européenne seul capable d’offrir aux Français les emplois et le niveau de vie attendus de tous ?

27 octobre 2008

"La Révolution française n'est pas terminée"

Bien que l'affrontement intellectuel semble s'être achevé près de 20 ans après le Bicentenaire, ce sont les hommes politiques qui réouvrent le débat. Bien qu'il paraisse accessoire, le débat n'est pas secondaire. En tant que républicains, il nous intéresse et il nous interpelle.

A gauche, c'est par la voix de Vincent Peillon qu'il s'exprime dans un livre intitulé La Révolution française n'est pas terminée. Pour en savoir plus sur ce dernier, je vous indique le lien afin d'accéder au compte-rendu et au débat rassemblés sur le site de l'Institut d'Histoire de la Révolution Française: ici.

Afin d'expliquer ce qui le sépare de l'historien François Furet sur ce sujet, V. Peillon dit: "Si dire que la Révolution est terminée c’est dire qu’il n’y aura plus de coups de force, de violences, il n’y a en effet pas débat. Mais c’est réduire la position de Furet et la dénaturer jusqu’à l’insignifiance. Furet dit en réalité beaucoup plus ! Il dit que les effets du complexe philosophique et historique ouvert par la Révolution sont épuisés. C’est la fin de l’exception française."

A droite, c'est par la voix de Dominique de Villepin que ce point de vue est porté. Pour ce dernier, vous trouverez ci-dessous une l'émission de radio durant laquelle il s'exprime là-dessus.

Ecouter l'émission sur le site d'Europe 1: ici.

N'hésitez pas à participer au débat en laissant vos commentaires.

24 octobre 2008

Debout la République contre HADOPI

Debout la République, conscient des enjeux pour la liberté des internautes, s'oppose au nouveau projet de loi HADOPI. L'instauration d'une licence globale est la seule solution durable afin d'assurer un droit que le numérique nous assure et la nécessité de rémunérer les créateurs. Ci-dessous l'interview de NDA sur ce projet de loi.

DLR76 sur le terrain

Depuis trois semaines, la fédération de Seine-Maritime réinvestit le terrain à l'occasion de la précampagne des élections européennes. Présents sur les marchés, sur les campus et dans les gares, nos équipes tentent de transmettre le message "Ne subissons plus cette Europe... Changeons-là".


Si vous désirez nous rejoindre ou tout simplement nous aider à l'occasion lors d'un collage ou d'un tractage, n'hésitez pas à nous contacter par courriel ou par téléphone (coordonnées sur la colonne de droite).


Ci-dessus, une de nos équipes de colleurs: atmosphère gaie et sympathique...
Bientôt sur ce blog de la fédération DLR de Seine-Maritime le compte-rendu du comité départemental qui s'est tenu mardi 21 octobre dernier à Rouen.

22 octobre 2008

L'Etat au service des banques ?, par Nicolas Dupont-Aignan

Alors qu’il y a encore quelques semaines nos banques étaient censées être les plus solides du monde, le gouvernement ne cesse d’annoncer des mesures en leur faveur.

Outre la décision des chefs d’Etats européens de garantir les crédits interbancaires pour leur permettre de se prêter à nouveau entre elles, Mme Lagarde a annoncé hier soir, lundi 20 octobre, le déblocage de 10 milliards sous forme de prêt. Cette somme considérable s’ajoute aux 22 milliards mobilisés - pour soi-disant aider les banques à financer les PME - à partir des fonds de la Caisse des Dépôts et Consignations. 5 milliards seraient d’ores et déjà disponibles via OSEO la banque publique qui a pour mission de soutenir l’innovation et la croissance dans les PME. 17 autres milliards auraient été virés par la Caisse des Dépôts et Consignations en deux fois (8 milliards le 15 octobre, 9 milliards le 21 octobre) selon le journal le Monde. Ce dernier ajoute que les pouvoirs publics et la Fédération française de banques n’ont pas encore signé la convention qui doit permettre d’en suivre l’utilisation !

Cette précipitation du gouvernement peut s’expliquer par la gravité de la crise et les moments de panique boursiers. En revanche, l’opacité qui règne dans les relations entre l’Etat et les banques ne peut qu’inquiéter.

De deux choses l’une, soit les établissements français n’ont pas de difficulté et pourquoi alors déverser de telles sommes (les 40 milliards de fonds propres représente 2,1% du PIB, pour un secteur bancaire pesant 2,6% du PIB !), soit leur situation est périlleuse et pourquoi alors ne pas exiger une nationalisation même partielle et temporaire accompagnée d’un changement de stratégie et de direction ?

On peut comprendre, pour éviter des mouvements de retrait en chaîne, la nécessaire discrétion de Bercy. Mais se donne-t-on vraiment les moyens de savoir ? Plusieurs questions méritent de toute urgence une réponse.

  1. La Banque de France et le gouvernement ont-ils un état précis, banque par banque, des risques réels ? La moindre des choses serait de voter une loi qui oblige, sous peine de poursuites pénales, les dirigeants à communiquer les détails de leurs engagements. De surcroît, il y a suffisamment d’inspecteurs des finances et de contrôleurs d’Etat qui pourraient être missionnés dans chaque direction pour faire un état des lieux, notamment de leurs engagements dans les hedge funds et les paradis fiscaux
  2. Pourquoi prêter de l’argent aux banques, renforcer leurs fonds propres ou leur transférer des fonds de la Caisse des Dépôts et Consignations sans prendre une part du capital ? Car qui paye, en l’occurrence le contribuable, doit contrôler ! Comment ne pas voir non plus que les promesses faites lors de l’annonce de la mobilisation des 40 milliards d’euro au profit des banques, ne seront pas tenues ? Il avait été question en contrepartie de cette aide astronomique d’une prise de participation directe dans le capital et les décisions des banques ! Or avec ce prêt de 10 milliards, il n’en est rien ! Faut-il comprendre que les banquiers français sont des libéraux dogmatiques, hostiles par idéologie à toute nationalisation, alors même que leurs homologues britanniques et américains, plus pragmatiques eux, s’y résolvent ? Faut-il comprendre qu’ils mènent les représentants de l’Etat par le bout du nez ? Comment admettre que la puissance publique, par le mécanisme retenu, évite à des actionnaires défaillants une dilution du capital et une diminution des dividendes ? L’Etat serait-il au service des banques plutôt que de la collectivité ? A cet égard, il paraît pour le moins incompréhensible que l’Etat soit minoritaire au sein même de la structure de refinancement créée pour l’occasion.
En définitive, le flou qui règne sur ce sauvetage bancaire ne peut qu’inquiéter et donc scandaliser à terme un peu plus nos concitoyens. Au-delà des grands discours du président de la République, de quelques sanctions très provisoires (le Directeur Général des Caisses d’Epargne deviendrait Président du Crédit Foncier), l’oligarchie politico-financière du pays montre le visage d’une toute petite minorité essayant de sauver les meubles aux frais du contribuable et dans son dos.

Et pendant ce temps-là, rien de probant sur la lutte contre les paradis fiscaux, le contrôle public des agences de notation, l’interdiction franche et réelle des hedge funds ou des revenus indécents que s’adjugent les profiteurs de la finance. Enfin et surtout rien pour redresser durablement une économie réelle qui a plus que jamais besoin d’une gestion keynésienne, notamment par un grand plan d’investissement européen.

Loin d’une reprise en main de l’économie par les politiques, les mesures prises s’apparentent davantage à une privatisation de l’Etat au profit de ceux qui ont mis hier les peuples sur la paille et s’apprêtent aujourd’hui à les mettre à la rue. Un Etat qui vient au secours du marché et qui en est devenu l’otage ! A suivre, et de près…

18 octobre 2008

Mister Président : le sommet de la francophonie se tient à Québec, pas à Washington !, par Nicolas Dupont-Aignan

Pour la première fois depuis sa création le sommet de la francophonie ne sera pas clos dimanche prochain à Québec par le Président de la République française.

Nicolas Sarkozy a préféré faire faux bond à 54 chefs d’Etat et de Gouvernement francophones pour aller rencontrer, avec M. Barroso, Georges Bush.

Certes, la crise financière nécessite une rencontre entre Européens et Américains, mais il était tout à fait possible pour le Président de la République d’organiser son agenda de manière à concilier les deux évènements.

En passant en coup de vent à Québec, Nicolas Sarkozy révèle malheureusement le peu d’intérêt qu’il manifeste depuis toujours pour la francophonie et la défense de la langue française.

Comment demander aux 54 chefs d’Etats des pays membres de l’organisation internationale de la francophonie de s’impliquer, si la France manifeste un dédain à l’égard de cet engagement collectif.

Quel gâchis, quand on sait :
- que le somment de Québec se tient l’année du 400ème anniversaire de la fondation de l’Amérique française par Samuel de Champlain,
- que l’objet des travaux du dimanche matin est la langue française elle-même,
- que c’est la première rencontre internationale, depuis le déclenchement de la crise financière, avec des chefs d’Etat de pays en voie de développement, notamment africains.

Après le discours de Dakar, qui a révulsé les dirigeants africains, après le renforcement de nos troupes en Afghanistan, après l’annonce de la réintégration prochaine de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, cette décision symbolique prend un sens particulièrement inquiétant.

En fait, le Président de la République n’a pas compris le rôle mondial de la France. Au moment où un monde multipolaire émerge, Nicolas Sarkozy conserve une vision rétrécie de la politique étrangère.

Il croit renforcer la France, et surtout son prestige personnel, en se concentrant sur la relation euro-atlantique alors qu’en vérité il enferme un peu plus notre pays dans une position de dépendance qui l’affaiblit aux yeux du monde entier.

P.S. La révélation d’une perte de 600 millions d’euros par les Caisses d’Epargne sur des marchés spéculatifs prouve bien ce que je n’ai cessé de dire depuis le début de la crise financière qu’il est irresponsable de renflouer les banques avec l’argent public sans en contre partie exiger le départ des dirigeants les plus fautifs et surtout sans revoir les règles de régulation du système.

Je renvoie, une fois de plus, aux 21 propositions que j’ai présentées le 1er octobre dernier.

En vérité, les Français découvrent avec effroi que le petit monde oligarchique qui les a précipités dans la tourmente, s’exonère de tout esprit de responsabilité.

Ce n’est pas étonnant puisque le pouvoir politique confie aux pyromanes le soin d’éteindre l’incendie.

15 octobre 2008

Déplacement DLR 76 à Cambrai

Afin de préparer le Congrès du 23 Novembre prochain et discuter des futures élections européennes, les représentants de la fédération de Seine-Maritime ont participé à la réunion de travail pour la grande région Nord-Pas-de-Calais-Picardie-Normandie hier à Cambrai. Vous trouverez ci-dessous l'article du journal La voix du Nord rapportant cette rencontre.


« Ne subissons plus cette Europe, changeons la » a proposé N. Dupont-Aignan, hier, à la mairie

Hier, le président du mouvement « Debout la République » a rencontré, à la mairie de Cambrai, ses responsables du Nord - Pas-de-Calais, de Picardie et de Haute-Normandie. Une réunion de travail primordiale avant le Congrès fondateur d'un nouveau parti, le 23 novembre à Paris, et l'approche des élections européennes, en juin.

« Il s'agit de transformer Debout la République en vrai parti politique, gaulliste et républicain », a indiqué Nicolas Dupont-Aignan, accompagné du maire F-X. Villain qui a « renouvelé son soutien au député de l'Essonne et aux idées qu'il incarne ». C'est «une voix différente, moderne, que nos concitoyens attendent ».

Pourquoi un parti politique différent ? « Parce qu'il y a absolument besoin d'oxygène (...) On le voit dans la crise financière : oui, il faut un rassemblement dans les moments difficiles, et je soutiendrai le président de la République, mais ce n'est pas assez ! Il faut sauver les banques, mais il faut mettre la même énergie à sauver les emplois et le pouvoir d'a-chat ! ». Et investir aussi, notamment dans « les grands défis technologiques et scientifiques (exemple : la voiture propre, pour sauver l'industrie automobile) qui feront les emplois de demain ». « Notre mouvement politique a proposé depuis des années des choses qui aujourd'hui sont reprises, mais il y a encore beaucoup à faire ! ».

Bientôt, donc, à la tête d'un parti, N. Dupont-Aignan prépare les échéances européennes : « Il faut changer l'Europe si on veut s'en sortir ». Ni « Euro-béni-oui-oui (PS, UMP, Modem) », ni « Euro-ronchon » (de Besancenot à Le Pen) , il lance une souscription, à l'attention « de ceux qui ont voté "non" au référendum de 2005 et ont été bafoué s depuis ». Il s'agit d'un « plan B » : « Nous allons faire des propositions audacieuses pour moraliser le système financier, relancer et protéger notre économie, la moderniser, Nous préparons les élections de juin 2009 et nous aurons des listes dans toute la France ». Et de conclure : « Il y a des solutions. Nous ferons entendre notre petite musique !
».

BRUNO DEMEULENAERE

Sauver les banques c'est bien, sauver l'emploi et le pouvoir d'achat c'est mieux !, par Nicolas Dupont-Aignan

En se réunissant dimanche, les dirigeants de la zone euro ont enfin adressé un message fort au marché financier. De manière assez habile, ils ont présenté leur plan comme une grande victoire de l’Europe.

Il s’agit plus exactement de la victoire de la coopération entre les Etats Nations, dans la lignée des succès d’Airbus et d’Ariane. Preuve, s’il en était besoin, que lorsque l’essentiel est en jeu, les Etats redeviennent maîtres du jeu et font fi des chimères de l’Europe supranationale.

La Banque Centrale européenne et la Commission ont d’ailleurs été désavouées de fait sur la gestion des déficits. Pour autant, ces deux institutions, dont la responsabilité dans la crise financière et économique est immense, n’ont pas dit leur dernier mot. Elles font le gros dos mais n’ont rien abandonné de leurs idées fausses. Ne nous racontons pas d’histoires : tous leurs dogmes (monétaire, concurrentiel, libre échangiste,…), que Nicolas Sarkozy avait d’ailleurs étrillés lors de son discours de Toulon, ont en réalité été mis au congélateur et en ressortiront à la première occasion.

C’est bien là toute l’ambigüité de ce plan de sauvetage. On aide de manière considérable les banques, mais où sont les contreparties ? Rien sur les paradis fiscaux, rien sur les hedge funds, peu sur l’encadrement des rémunérations, presque rien sur la régulation effective des mécanismes de l’économie-casino !

Et pourtant, le Parlement européen a voté à la quasi unanimité une réglementation stricte de ces fonds réglementés. La Commission de Bruxelles, la refusant de toutes ses forces par pure idéologie, a fait capoter ce projet.

Cette faiblesse morale (cette complaisance ?) des dirigeants européens à l’égard du système est avant tout une faute économique car, comme l’a dit très bien Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, « une transfusion sanguine ne sert à rien si on ne guérit pas l’hémorragie interne ».
Plus grave encore, les dirigeants européens prennent les citoyens pour des imbéciles. Comment peuvent-ils décemment nous expliquer que leur plan d’action ne coûtera rien aux contribuables ? Et comment osent-ils refuser tout plan de relance pour l’économie réelle ?

En vérité, ils sont capables d’investir des dizaines de milliards d’euros pour sauver le système bancaire sans vraiment le réformer, mais rechignent toujours autant à dégager un milliard pour la protection de l’environnement, la santé ou l’industrie. Ce raisonnement est intenable. Il ne fera qu’alimenter la colère des peuples, leur sentiment d’injustice et surtout n’empêchera pas la récession.

C’est pourquoi je persiste à penser que ce plan de sauvetage, s’il est nécessaire pour éviter un effondrement bancaire qui serait catastrophique pour tous, doit s’accompagner d’une part de la moralisation du système, et d’autre part de la relance de l’économie réelle.

La « relance » à laquelle je songe est de deux ordres : conjoncturelle, pour rendre tout de suite du tonus aux économies du vieux continent, un peu comme on donne des vitamines et du glucose à un grand malade pour lui donner un coup de fouet. Mais aussi, et surtout, structurelle : il nous faut inventer un nouveau keynésianisme européen, un nouveau système économique où la demande équilibre l’offre, où les montagnes d’argent fictif de l’économie-casino, amassées sur le dos des peuples, cèdent la place à un développement durable, fondé sur des taux de rentabilité raisonnable, la juste rémunération des salariés, des investissements de long terme, l’intervention étatique permanente pour tenir la dragée haute au marché, la permanence des services publics, etc.

Cela impliquerait un bouleversement profond de la construction européenne actuelle. Mais les dirigeants européens si prompts à se réunir pour sauver la mise des banquiers, seront-ils capables d’imposer à la Banque Centrale européenne et à la Commission une révision radicale de leurs politiques ? Telle est la question centrale des prochains mois.

Changer le statut de la Banque centrale européenne pour y introduire un objectif de croissance économique, lancer un programme de grands travaux financé par la Banque européenne d’investissement (celui annoncé, d’un montant de 30 milliards d’euros, sera insuffisant), rétablir la préférence communautaire pour sauver nos emplois, investir dans la science et l’industrie pour préparer la compétition mondiale du XXIème siècle,… voilà les enjeux clés.

Car la crise financière, ne l’oublions jamais, n’est que la partie émergée de l’iceberg d’une mondialisation inhumaine que nous avons tous le devoir, plus que jamais, de maîtriser.

11 octobre 2008

L'urgence de la relance économique, par Nicolas Dupont-Aignan

L’intervention massive et tous azimuts des Etats pour contenir la crise financière et boursière serait utile si elle s’accompagnait d’une politique de relance. Les propos martiaux et le déversement de milliards d’euros ne peuvent en effet suffire en l’état.

Car comment ne pas se rendre à l’évidence ? N’assiste-t-on pas à la décomposition d’un système promis à l’autodestruction par sa propre démence ? Peut-on vraiment sauver l’économie mondiale en se contentant d’écoper l’eau du navire sans boucher les trous dans la coque ?

Je ne le crois pas. Je crois au contraire qu’il est urgent de changer le système sans quoi nous risquons de courir à la ruine ! Et plutôt que d’attendre de les 27 pays d’Europe (ou le G8, ou les 192 nations membres de l’ONU) se mettent d’accord sur un nouveau mode de régulation et d’échanges, je suis persuadé que nous devons agir tout de suite au niveau où nous pouvons le faire, c'est-à-dire dans chaque pays. Cela n’implique pas, bien sûr, de renoncer à toute coordination internationale (européenne et mondiale), mais simplement d’inverser les priorités pour agir avec une réelle efficacité.

C’est tout le sens des 21 propositions que DLR a lancées dès le 1er octobre (http://www.debout-la-republique.fr/IMG/pdf/CRISE_FINANCIERE_VERSION_FINALE.pdf), complétées il y a deux jours par l’idée de faire de la Banque postale, en mettant à sa disposition l’argent de la Caisse des Dépôts et Consignations, le bras armé de l’Etat pour qu’il engage, enfin, la nécessaire politique massive de relance vers les PME et les particuliers.

Mais rien n’y fait, le débat public sur la sortie de crise ne décolle pas… Les échanges, quasi inaudibles, qui ont eu lieu mercredi dernier à l’Assemblée nationale à ce sujet l’ont démontré de manière consternante. Tout semble emporté par le tsunami des mauvaises nouvelles boursières et maintenant économiques (déconfiture croissante de l’immobilier, des compagnies d’assurance, de la production industrielle,…).

Dans cet espace public saturé de peur et de fureur, l’action des gouvernements - pourtant dramatiquement partielle et insuffisante - continue de focaliser toutes les attentions !

C’est pourquoi j’ai aperçu avec espoir l’entretien remarquable donné aujourd’hui au quotidien Le Monde par Jean-Pierre Petit, chef économiste chez Exane-BNP-Paribas, qui préconise clairement une massive politique de relance étatique. Evidemment, pour être efficace, une telle politique impliquerait la révision profonde de bien des dogmes, aussi bien en matière de concurrence, de monnaie que de libre échange. Bref, elle tendrait vers la transformation du système capitaliste actuel et du grand retour au cœur de l’économie des Etats-nations qui coopèrent entre eux, ainsi qu’il en a toujours été depuis le décollage de l’industrie et, plus proche de nous, durant les Trente Glorieuses.

Une raison d’espérer qui est bonne à prendre en ces temps difficiles…

09 octobre 2008

"Liberté pour l'Histoire", Acte II

Nous en avons parlé au moins deux fois. Ceci est la troisième, c'est dire si ce sujet nous apparaît important. Il s'agit d'une importance moins vitale et urgente comme celle de la crise qui était le sujet du précédent article. Il s'agit d'une importance sociétale ou sociale. Quelle position adopter dans le débat sur les lois mémorielles ? Bien que DLR n'est pas encore défini de position sur le sujet, nous avançons ici les pièces du dossier. Le livre de Pierre Nora et de Françoise Chandernagor publié par le CNRS aujourd'hui nous permettra peut-être dans ce choix.




Extraits dans Le Figaro.fr:

«Gare à une criminalisation générale du passé»
Pierre Nora est historien et membre de l'Académie française.



"Devoir de mémoire et démagogie
Quoi de plus normal que de rendre justice à la souffrance humaine ? Quoi de plus innocent qu'une sanction législative symbolique qui vient donner à un crime collectif la qualification qu'il mérite moralement ? Quoi de plus juste que d'assurer aux victimes la protection de la loi assortie d'éventuelles réparations et de sanctions contre les contrevenants ? C'est ce qui donne leur apparence de justification, pour l'opinion comme pour les députés qui les votent, à l'arsenal de lois d'un type nouveau dont la France s'est dotée depuis une quinzaine d'années, concernant toutes des crimes collectifs incontestables, et toutes destinées à offrir aux catégories qui les réclament les garanties qu'a offertes aux juifs, en 1990, la loi Gayssot. Il faut cependant prendre la mesure, claire et nette, de la logique qui inspire ces mesures ponctuelles, du mouvement auquel elles répondent et du point où elles aboutissent. Car derrière les nobles intentions qui les inspirent - et qui ne cachent, le plus souvent, que la démagogie électoraliste et la lâcheté politique -, la philosophie d'ensemble, spontanément accordée à l'esprit de l'époque, tend à une criminalisation générale du passé dont il faut bien voir ce qu'elle implique, et où elle mène.
Cette prise de conscience est d'autant plus urgente que si, après toutes les protections des historiens, toutes les assurances des responsables politiques, toutes les mises en garde du président de la République - «Ce n'est pas à la loi d'écrire l'histoire» -, toutes les commissions ministérielles et parlementaires destinées à orienter et à encadrer l'expression du «devoir de mémoire», il se trouvait à nouveau à l'Assemblée nationale des majorités pour décider par la loi une vérité historique, la voie serait ouverte à une généralisation du crime contre l'humanité et à son extension à toutes les victimes de l'histoire nationale et même internationale, puisque, par exemple, dans l'extermination des Arméniens en 1915, la France n'est pour rien. Et, par voie de conséquence, aux sanctions pénales qu'implique leur mise en question.
Crime contre l'humanité et dérives

Le crime contre l'humanité avait été conçu pour des faits contemporains, qui dépassaient l'entendement et dont l'horreur et l'ampleur ne relevaient d'aucune catégorie juridique. Il qualifiait le présent immédiat, il ne concernait pas le souvenir, ni la mémoire ni le passé. Quant à la loi Gayssot, elle avait été conçue, dans les circonstances très précises du négationnisme faurissonien, non pas contre les historiens, mais contre les militants de la contre-vérité historique.

Avec l'extension de la loi Gayssot et la généralisation de la notion de crime contre l'humanité, on est dans une double dérive : la rétroactivité sans limites et la victimisation généralisée du passé.
La rétroactivité et l'imprescriptibilité que prévoyaient les jugements de Nuremberg, puis la loi de 1964, comme la loi Gayssot qui s'y réfère, étaient limitées à la période des crimes nazis. On ne remontait en arrière que de cinq ou six ans. En quelques années, on est passé d'une rétroactivité de six ans à une rétroactivité de six siècles.

Il n'y a aucune raison pour que les descendants des victimes de toute l'histoire de la France ne réclament et n'obtiennent pas ce que les fils et filles des descendants d'esclaves ont obtenu. Le «génocide» vendéen attend sa reconnaissance officielle, les Russes blancs ne manquent pas d'arguments contre les massacres communistes en Ukraine, pas plus que les Polonais réfugiés contre les massacres de Katyn. Suivraient, avec un argumentaire imparable, les descendants des protestants de la Saint-Barthélemy, les aristocrates guillotinés, les Albigeois exterminés. Et pourquoi, dans la foulée, la France ne se donnerait-elle pas, au nom de ses principes les plus fondamentaux, une compétence mémorielle à dimension planétaire, incriminant les Espagnols et les Américains pour leur action exterminatrice contre les Indiens, au Nord et au Sud ? Et les Chinois au Tibet ? Il y aurait déjà, paraît-il, une vingtaine de propositions de loi sur le bureau des Assemblées. Et pourquoi ne pas remonter jusqu'aux croisades ? C'est, en effet, aux yeux des musulmans, la scène primitive de la criminalité occidentale dont la France est effectivement la première des parties prenantes.
Malaise français

Tous les pays ont été amenés, par les bouleversements du siècle dernier, à avoir avec leur passé des comptes à régler. Aucun n'est aussi mal à l'aise que le nôtre avec son histoire, ce qui est à la fois un des symptômes les plus évidents et une des causes les plus profondes de l'actuel mal-être français. […]. Ce qu'il y a de spécifique dans la réaction française au déferlement mondial de la mémoire et qui lui donne sa virulence, c'est sans doute le contraste entre la puissance de l'image immaculée que la France a appris à se donner d'elle-même, et la confrontation pénible, tardive, contrariée, avec les réalités historiques qui contredisent cette image, la brisent, et paraissent elles-mêmes plus noires qu'elles n'étaient. […] Mais remplacer des mensonges d'État par des vérités d'État, remplacer une vérité officielle par une vérité légale ne fait aujourd'hui rien gagner.

«L'histoire sous le coup de la loi»
Françoise Chandernagor est romancière, et membre de l'Académie Goncourt.


Faut-il vraiment juger le passé par la loi ?
Ces lois, qui violent le droit, violent aussi parfois l'histoire. Prenons la loi du 21 mai 2001, qui, selon son titre général, porte «sur l'esclavage et la traite négrière». A priori, le juriste s'étonne qu'il soit nécessaire de légiférer à nouveau sur ce sujet puisque la traite était déjà punie pénalement par des accords internationaux directement applicables en droit français depuis 1926 et déjà qualifiée dans notre Code pénal (article 212.1) de crime contre l'humanité. Mais c'est qu'il s'agissait alors de crimes présents ou futurs. En 2001, on innove : il s'agit de juger le passé. Faut-il vraiment juger le passé par la loi, lui appliquer des notions morales et juridiques d'aujourd'hui ? Et si le Parlement pense qu'il le faut, s'il juge utile et nécessaire de légiférer, comme ici, sur le XVe siècle, d'où viennent, dans le corps du texte, certains distinguos que le titre de la loi ne laissait aucunement prévoir ? Malgré un titre très général, il apparaît, dès l'article 1, que seules la traite transatlantique et la traite qui, dans l'océan Indien, amena des Africains à l'île Maurice et à La Réunion sont considérées comme des crimes contre l'humanité. Ne sont donc concernés, et condamnés, ni la traite et l'esclavage arabes, ni la traite interafricaine, pourtant très importants - et plus étalés dans le temps, puisque certains ont duré en toute légalité «intérieure», sinon internationale, jusque dans les années 1980 (au Niger et au Mali, par exemple), et même jusqu'en 2007 (la Mauritanie vient seulement d'adopter une loi qui réprime la détention d'esclaves).
Ce crime universel qu'est l'esclavage est curieusement réduit par la loi Taubira à l'esclavage imposé par les Européens et au commerce triangulaire. Rien que de normal, objectera-t-on, puisqu'il s'agit là du crime dans lequel des Français eurent leur part de responsabilité. L'argument serait recevable si, par ailleurs, la plus grande confusion ne régnait à propos des dates. La France n'entre officiellement dans la traite qu'à la fin du XVIIe siècle, mais la période visée par la loi comprend les XVe, XVIe et XVIIe siècles. Donc, le crime aujourd'hui reconnu par la France commence avant que des Français l'aient commis. De même qu'elle avait déjà reconnu, à la place des Turcs, le génocide arménien, la France reconnaît ici, par la loi, les péchés des Anglais, des Hollandais, des Portugais… En parlant du XVe siècle dans son ensemble, elle reconnaît même la traite «transatlantique» avant que l'Amérique ait été découverte !
Les juges embarrassés


Devant cette offensive législative tous azimuts, les juges les plus avisés sont embarrassés. Embarrassés d'abord par la médiocrité juridique des textes qu'ils devront appliquer, mais aussi, lorsqu'il leur faudra juger des universitaires reconnus, par leur propre ignorance de l'histoire. Il convient de rappeler, en effet, que le cursus obligatoire des facultés de droit ne comporte aucun enseignement d'histoire générale et que l'enseignement donné à l'École nationale de la magistrature n'en comporte pas non plus. La plupart des juges n'en savent donc pas davantage sur les siècles passés qu'un bachelier d'aujourd'hui - ce qui n'est pas considérable.
Les magistrats sont embarrassés aussi par l'impossibilité de maîtriser l'action publique. Si l'on porte plainte aujourd'hui auprès du procureur contre son voisin, c'est le procureur qui apprécie l'opportunité des poursuites. Il n'en va pas de même pour les lois «historiennes» : la mise en marche de l'action publique appartient aux associations. Si elles portent plainte, le procureur peut seulement vérifier qu'elles ont l'ancienneté requise - cinq ans -, mais il est tenu d'engager les poursuites. Un historien peut donc se trouver automatiquement traduit en justice, même si la plainte ne repose sur rien de sérieux. Et si, pour finir, le tribunal, dans son jugement, déboute le plaignant, l'«accusé» aura été dans l'intervalle discrédité dans les médias - «complicité de crime contre l'humanité», ce n'est pas rien ! - et barré dans sa carrière universitaire.
L'histoire aux historiens !

La France est le seul pays démocratique à avoir imposé aux citoyens un tel corpus de lois «historiennes». Et, par la voix de certains élus, elle se vante de vouloir continuer. Le 12 octobre 2006, un député a déclaré à la tribune : «On ne laisse pas la médecine aux médecins, pourquoi laisserait-on l'histoire aux historiens ?» Vice du raisonnement, bien sûr : on ne laisse pas la médecine aux médecins en ce sens que les pouvoirs publics définissent, et c'est heureux, les conditions d'exercice de la médecine. Mais nous n'avons encore jamais vu le Parlement substituer son diagnostic et ses prescriptions à ceux des médecins : on ne fait pas la queue devant le Palais-Bourbon pour se faire guérir des écrouelles ! Or, sur le passé, que font actuellement les parlementaires ? Ils substituent leur diagnostic à celui des historiens. Ce faisant, ils placent les chercheurs sous la tutelle des juges. Car qui peut dire avec certitude - surtout quand il s'agit d'époques ou de pays de plus en plus éloignés - où commencent et où finissent la contestation, la banalisation qu'interdisent nos nouvelles lois ?"

08 octobre 2008

Propositions de Debout la République pour contrer la crise économique et financière

Alors que la crise financière commence à sévir sur le continent européen, l'Union européenne fait une nouvelle fois preuve de son impéritie à la contrer. Mais il sera temps de débattre aux prochaines échéances européennes du printemps prochain des manques de cette construction européenne que l'on nous impose.

Debout la République, à cet égard, ne se limite pas à une simple critique d'évidence contre un système financier totalement dévoyé et totalement déconnecté de l'économie et de la société réelles. Vous trouverez ci-dessous notre dernière proposition accompagnée des 21 précédentes en lien.


Une banque nationale pour redresser l’économie française

La plupart des Etats européens déversent des centaines de milliards d’euros pour sauver des banques défaillantes et responsables du désastre. Pour autant, ils n’ont aucune garantie d’un changement de méthodes et de management de la part de ces dernières.

Pire, on s’aperçoit aujourd’hui que les banques restreignent de manière inacceptable l’accès au crédit vers l’économie réelle (PME et ménages), alimentant la récession naissante au lieu de la combattre.

Il est nécessaire, certes, d’éteindre l’incendie en évitant la faillite des groupes bancaires. Mais cela ne suffira pas.

C’est pourquoi il est urgent de réformer le système bancaire pour qu’il prête à nouveau et en priorité aux entrepreneurs et aux particuliers solvables.

L’Etat doit donc prendre le contrôle d’une grande banque nationale, la plus présente possible sur tout le territoire, pour la mettre au service du redressement de l’économie française.

A cet effet, la mobilisation du réseau bancaire de La Poste, en liaison avec la Caisse des Dépôts et Consignations, pourrait permettre :


  • D’engager vers les PME et les particuliers cette politique de relance massive,

  • De doter l’Etat régulateur d’un puissant bras armé dans le paysage bancaire national.
Cette proposition s’inscrit dans le plan d’ensemble de 21 mesures pour surmonter la crise que DLR a publié dernièrement et que vous télécharger au format PDF :

Triste anniversaire de la Vème République hier à l'Institut, par Nicolas Dupont-Aignan

Hier après-midi, j’ai assisté à l’Institut de France à la célébration du 50ème anniversaire de la Constitution de 1958.
Pierre Mazeaud, ancien président du Conseil constitutionnel et membre de l’Académie des sciences morales et politiques, a prononcé un remarquable discours sur l’œuvre du général de Gaulle et de Michel Debré.

Le Président Sarkozy, en réponse, n’a fait que plaider pour sa propre réforme institutionnelle. Comme d’habitude, il a parlé de lui plutôt que de parler de la France. Sous prétexte que le général de Gaulle a modifié la Constitution en 1962, quatre ans après son instauration, Nicolas Sarkozy s’est dit autorisé à « agir ». Eloge permanent du « bougisme » - « je bouge, donc je suis » - qui passe à côté de l’essentiel : le sens de l’action.

Comme d’habitude, pour se disculper de détricoter l’œuvre du fondateur de la Vème, l’actuel Président a assimilé la fidélité au Général à une vulgaire « nostalgie » et s’est autoproclamé « moderne ».

Bref, ce fut hier du Sarkozy pur-jus. On se souvient que Charles de Gaulle a eu ce propos aussi prophétique que facétieux : « Tout le monde a été, est ou sera gaulliste. » Mais a-t-il imaginé que ses adversaires allaient à ce point se réclamer de lui pour détourner, pour mettre par terre, son principal legs ?

07 octobre 2008

Invitation au Congrès fondateur du nouveau parti gaulliste indépendant


En 1999, Nicolas Dupont-Aignan fonda Debout la République pour rassembler les députés RPR opposés au Traité d'Amsterdam. Après la présidentielle de 2002, DLR devint le club de réflexion de l'UMP dont il fut membre fondateur. Autre échéance qui a vu le destin de ce petit noyau gaulliste basculer, le référendum sur la Constitution européenne de 2005. Militants actifs du "NON", nous avons pris notre indépendance de l'UMP car, comme l'a rappelé Nicolas Dupont-Aignan dans son discours de cloture de nos Universités de rentrée, "la trahison quand elle est totale, on ne peut pas la cautionner". Sortis de l'UMP, nous avons tenté d'imposer notre candidat à l'élection présidentielle de 2007. Aujourd'hui, une nouvelle page de l'histoire de DLR va s'ouvrir. Debout la République devient enfin le parti gaulliste indépendant qui fait tant défaut à la vie politique française.

C'est à cette occasion que nous vous invitons à nous rejoindre lors de notre prochain Congrès fondateur le 23 Novembre 2008 à la Mutualité (Paris).





Programme:


10 h 00 Accueil
10 h 30 Ouverture des votes pour l'élection du Conseil national et du Président
10 h 45 Approbation des statuts
12 h 30 Fin des votes

12 h 30 Déjeuner

14 h 00 Ouverture au public
14 h 15 Interventions politiques
15 h 00 Discours de clôture de Nicolas Dupont-Aignan
16 h 30 Fin du Congrès

04 octobre 2008

1958-2008 : la Vème République doit renouer avec le peuple, par Nicolas Dupont-Aignan

La Vème République est aujourd’hui cinquantenaire. Qui aurait osé imaginer pareil tour de force en 1958, alors que la France changeait (en moyenne) tous les six mois de gouvernement et que l’armée menaçait de s’emparer du pouvoir ?

Le grand mérite de la constitution léguée par le général de Gaulle est d’avoir durablement réconcilié, après plus d’un siècle et demi d’instabilité institutionnelle chronique, le régime républicain et l’efficacité gouvernementale. Un parlementarisme rationalisé et apaisé, la continuité de l’Etat assurée, l’intérêt général supplantant le régime des partis, l’avènement d’un Etat fort et volontariste mais respectueux de la démocratie,… les immenses bienfaits de la Vème République lui ont rapidement valu un consensus national qui paraissait jusqu’alors impossible à atteindre. Le ralliement de la gauche aux institutions, lors de son arrivée au pouvoir en 1981, en fut l’ultime confirmation.

Les ingrédients de cette recette-miracle méritent d’être rappelés : l’élection du président de la République au suffrage universel direct, le scrutin uninominal à deux tours au lieu d’une proportionnelle intégrale qui fragmente, le renforcement des prérogatives du pouvoir exécutif, enfin libéré des entraves qui avaient coûté si cher à la France par le passé. Néanmoins, dans l’esprit de son concepteur, le renforcement de l’exécutif devait s’accompagner d’une pratique irréprochable des institutions, fondée sur le respect primordial de la souveraineté populaire. Un respect qui explique, bien entendu, sa démission en 1969, après l’échec du référendum sur les régions et le Sénat.

Hélas, depuis quelques années, la mécanique bien huilée de la Vème s’est grippée. Ou plutôt, on l’a dévoyée. Le respect de la souveraineté populaire s’est peu à peu évaporé, pour aboutir en février 2008 à la ratification parlementaire d’un traité européen rejeté auparavant en toute connaissance de cause par le référendum. Le quinquennat, sous prétexte de mettre un terme à une cohabitation due en réalité à la politique de nos gouvernants bien plus qu’aux institutions, a supprimé la respiration nécessaire des élections législatives intermédiaires et renforcé exagérément la présidentialisation du régime. Le bipartisme excessif, qui en a procédé, a tué à petit feu la vie politique française naguère multipolaire. Enfin et surtout, l’émergence d’une Europe tentaculaire a sapé la souveraineté tant populaire (les décisions sont prises à Bruxelles) que nationale (les ministres légifèrent à la place des assemblées, qui acceptent par ordonnances, les yeux fermés, des directives communautaires ayant valeur de lois internes).

On redécouvre ainsi, cinquante ans plus tard, que si les meilleures volontés du monde ne peuvent que s’enliser dans de mauvaises institutions, les meilleures institutions du monde ne peuvent garantir à elles seules le bien commun, dès lors que les hommes placés à leur tête ont oublié l’intérêt général.

01 octobre 2008

Crise financière : sauver le système oui, mais pour le transformer au service de l’Homme, par Nicolas Dupont-Aignan

Voici un extrait du document de synthèse transmis à la presse ce jour :

Les événements viennent de démontrer que l’économie-casino, où les cours boursiers atteignent des sommets grâce aux licenciements massifs, à la compression des salaires et à la création de valeur fictive au profit de quelques uns, n’est pas seulement injuste mais autodestructrice. C’est le trait fondamental de cette crise que nos dirigeants, trop contents de passer sous silence leur responsabilité première dans la dérive du système, veulent faire oublier en mettant à l’index « les spéculateurs ». Le rôle du politique n’est plus de fermer les yeux sur un système fou en versant de temps à autre des sommes colossales pour le renflouer ou une larme de crocodile sur les gigantesques dégâts sociaux, humains et environnementaux, qu’il cause.

Il est désormais indispensable d’articuler efficacité économique et justice sociale, sans quoi il n’existe aucun développement valable, matériel et moral, des sociétés. Cela ne peut s’opérer qu’à l’abri de frontières politiques et économiques qui récusent le mythe définitivement démodé d’un libre échange ultime et sans limites. L’enjeu est de passer d’une mondialisation sauvage fondée sur une harmonisation sociale et environnementale par le bas, à une économie mondiale multipolaire organisée sur des zones régionales de libre échange, et coopérant entre elles. Le lien vers le document : http://www.debout-la-republique.fr/Crise-financiere-sauver-le-systeme.html