25 mai 2008

Michel Barnier : "Je ne peux rien faire", par Nicolas Dupont-Aignan

Le désespoir des pêcheurs s’explique par leur prise de conscience que le Gouvernement n’a plus le pouvoir d’agir !

Michel BARNIER, Ministre de la Pêche et de l’Agriculture, ne fait même plus semblant.

Il a avoué sur RTL, le 20 mai dernier, son impuissance : « les mesures d’aide que je compte mettre en place sont suspendues à la décision de la Commission Européenne. J’attends la réponse de Bruxelles d’une semaine à l’autre, d’un jour à l’autre, et même, d’une heure à l’autre. Je ne peux rien faire sans cela ». (Voir la vidéo sur le site dailymotion)

On est bien loin des promesses volontaristes de Nicolas SARKOZY au Guilvinec !

Les pêcheurs ont bien compris qu’un monstre bureaucratique, sans légitimité politique, avait décidé de leur mort progressive tolérant juste des aides sociales temporaires.

Mais les pêcheurs ont aussi compris que cette Union Européenne, qui prétend servir l’intérêt général européen, mène une politique injuste car, au moment où l’on impose des quotas de pêche aux flottes des pays membres, les pêcheurs norvégiens et russes pêchent sans limite, et revendent dans l’Union Européenne, qui importe toujours plus de poissons tout en laissant disparaître ses pêcheurs !

Une fois de plus, l’Europe impose des contraintes aux siens mais se révèle incapable de négocier avec le reste du monde pour défendre ses intérêts.

Ce qui est vrai avec les pêcheurs l’est aussi pour tous les secteurs économiques. L’union Européenne (et surtout la zone euro) est devenue la variable d’ajustement de la mondialisation.

Contresens total de la construction européenne qui devrait, à l’inverse, laisser vivre ses nations et devenir par des coopérations renforcées à la carte, un multiplicateur de puissance vis-à-vis de l’extérieur.

Dans ce contexte, on comprend pourquoi le débat institutionnel n’intéresse pas les Français. Il apparaît dérisoire car il n’aborde en rien les questions essentielles.

  • Comment rétablir un peu de pluralisme à l’Assemblée Nationale dominée par un parti unique ?
  • Comment garantir la diversité des médias ?
  • Comment contrôler réellement la décision des Ministres qui engagent la France, en signant des directives européennes, que le Parlement est ensuite sommé de transcrire.
Je développerai lundi, dans mon prochain blog, la question de la réforme des institutions.

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