31 juillet 2007

Sarkozy bonapartiste ?

Chaque semaine, l'hebdomadaire républicain Marianne qualifie Nicolas Sarkozy de bonapartiste. Cela a fait réagir David Saforcada, secrétaire général du mouvement France Bonapartiste. Vous trouverez ci-dessous l'interview paru sur le site Marianne2007.info. N'hésitez pas à laisser votre commentaire.

David Saforcada : « Nicolas Sarkozy ne sera jamais bonapartiste ! »

Secrétaire général du mouvement France Bonapartiste, David Saforcada a récemment publié un communiqué de presse pour se plaindre de ce que l'adjectif « bonapartiste » soit accolé au nom de Nicolas Sarkozy. Il revient pour Marianne2007.info sur ce qu'il considère être une erreur de jugement sur le nouveau président de la République. Selin lui, il méprise l'appel au peuple, la citoyenneté et l'indépendance de la France, valeurs cardinales du bonapartisme, et que seul Nicolas Dupont-Aignan incarnerait aujourd'hui en politique.

Marianne2007.info : Pourquoi vous êtes-vous plaint de ce que Nicolas Sarkozy soit décrit comme un bonapartiste ?
David Saforcada : Pour moi, Nicolas Sarkozy n'a rien d'un bonapartiste au sens propre du terme. Ses propositions de pré-campagne ont certes pu laisser penser qu'il avait un petit côté Napoléon III. Quand il a défendu le retour à l'autorité, par exemple, ou bien dans les discours écrit par Henri Guaino où l'on sentait une fibre sociale proche de notre courant. La TVA sociale allait dans ce sens même s'il semble qu'on ne veuille pas la remettre au goût du jour. Mais ses déclarations se sont contredites : on ne peut pas se faire le défenseur de la citoyenneté et prôner par ailleurs la discrimination positive. Quand il est allé faire des génuflexions à Washington pour dire que la France était arrogante, c'était totalement à côté des principes bonapartistes. Sa façon d'amener le mini-traité européen en niant le vote des Français sur le TCE montre bien son mépris pour l'appel au peuple, une valeur fondatrice de notre mouvement. Nicolas Sarkozy ne sera jamais bonapartiste : c'est pour moi et ceux que je représente une atteinte à la mémoire des Bonaparte que de le prétendre.

Les idées bonapartistes sont-elles défendues aujourd'hui en France ?
C'est le propos de notre mouvement que de les faire entendre : depuis 30 ans, les valeurs que nous défendons suscitent de moins en moins d'intérêt. L'indépendance nationale en a pris un coup avec l'Europe. Quant à l'autorité, aussi bien au niveau de l'éducation que de la société, elle est tombée en désuétude. Dans le dossier que Marianne avait consacré aux rapports entre Nicolas Sarkozy et le bonapartisme, il avait été précisé que c'était Napoléon III qui avait donné le droit de grève aux ouvriers : plus personne ne le sait aujourd'hui.

Y a-t-il néanmoins des hommes politiques qui semblent attachés à ces principes ?
Lorsque l'on considère que, depuis la deuxième moitié du XXè siècle, les bonapartistes se sont toujours inscrits dans la logique républicaine, une personne comme Nicolas Dupont-Aignan apparaît comme un bon porte-parole pour nos idées. Pendant la pré-campagne présidentielle, nous avions soutenu sa candidature, aussi bien au niveau militant que pour l'obtention des signatures d'élus locaux.

Avez-vous déjà approché le nouveau président sur certains dossiers ?
Nous n'avons pour l'instant soumis qu'une seule proposition d'ordre historique : le transfert des cendres de Napoléon III, de l'impératrice Eugénie et du Prince impérial d'Angleterre en France. Nous n'avons pas eu de réponse. Par ailleurs, nous sommes en train de préparer plusieurs demandes sur des sujets qui nous tiennent à cœur : le mini-traité européen, la participation des ouvriers à la vie de l'entreprise (comme l'avait ébauché de Gaulle) et un retour de services publics efficaces sur l'ensemble du territoire. Il ne s'agirait pas de remettre en cause le droit de grève des ouvriers mais il faudrait pouvoir éviter que les fonctionnaires prennent en otage le reste de la population. De ce point de vue, l'idée d'un service minimum serait à étudier.

Propos recueillis par Sylvain Lapoix

27 juillet 2007

Actualité et nouveauté sur le blog DLR76

Alors que l'actuatité va diminuer en intensité avec les vacances, le blog départemental de Debout la République maintient son activité comme vous avez pu le remarquer. C'est l'occasion de lire quelques articles de fond sur des sujets qui feront probablement la une à la rentrée ou dans les mois à venir.

De plus, vous pouvez retrouver une nouveauté qui vient d'arriver sur ce blog: la possibilité de télécharger des documents au format PDF sur les prises de positions passées ou actuelles de Debout la République (colonne de droite, sous la vidéo de la semaine). Idéal pour tous ceux d'entre vous qui seraient intéressés par notre action et qui désirent en savoir plus.


La lutte contre le Protocole de Londres se poursuit

Au fil du temps, la lutte contre le Protocole de Londres et pour le multilinguisme se poursuit. Divers mouvements se lancent progressivement dans la bataille. Voici ci-dessous la dépêche AFP concernant l'implication du collectif du "droit à travailler en français".


Le collectif pour le "droit de travailler en français" contre le protocole de Londres
PARIS, 25 juil 2007 (AFP) - 25/07/2007 08h25

Le collectif pour le "droit de travailler en langue française en France", composé de syndicats et soutenu par des parlementaires et associations, a pressé mercredi la France de ne pas ratifier le protocole de Londres, qui menace selon lui la langue française.

Ce protocole, que Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, et Jean-Pierre Jouyet, Secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, ont récemment défendu, "est un acte par lequel chaque État signataire renonce aux exigences de traduction des brevets vers sa langue nationale", rappelle le collectif dans un communiqué.

L'objectif est la réduction du coût des frais de traduction, mais "le véritable enjeu est le régime linguistique", met-il en garde, rappelant que "18 pays de l'Union Européenne ont refusé de le signer et 4 autres l'ont signé sans le ratifier".

Selon le collectif, "l'office américain des brevets souhaite que l'anglais soit la seule langue en matière de propriété industrielle".

Mais la ratification du protocole par la France "entraînera à court et moyen terme de graves conséquences industrielles, juridiques, économiques, sociales et linguistiques, tant pour les petites et moyennes entreprises que pour leurs salariés", estime-t-il.

"Si les brevets ne sont plus traduits, les PME ne pourront plus assurer une veille technologique satisfaisante dans leur domaine, elles devront assumer les frais de traduction auparavant supportés par les brevetés étrangers", met en garde le collectif.

"Renoncer à l'exigence du français comme langue obligatoire pour les brevets d'invention (..) ouvre la porte à d'autres renoncements, notamment celui de l'emploi du français comme langue de travail dans les entreprises en France", prévient-il.

Le collectif plaide pour "un brevet communautaire qui respecte le plurilinguisme en s'appuyant sur les 5 langues-pivots de la Marque Communautaire: français, allemand, anglais, espagnol, italien".

Un "comité contre le protocole de Londres", présidé par le linguiste Claude Hagège, a récemment dénoncé dans une pétition "les conséquences dramatiques pour la langue française" d'une ratification de ce protocole.

21 juillet 2007

La défense du français passe par le refus du protocole de Londres

Nicolas Dupont-Aignan et Debout la République se mobilisent contre le protocole de Londres qui supprimera l'obligation de traduire les brevets en français pour qu'ils s'appliquent sur le territoire français. La défense de la langue française dans le domaines économique et technologique dominés par l'anglais passe par le refus de ce protocole datant du gouvernement de Lionel Jospin à l'instar de la libéralisation du marché de l'énergie. Voici ci-dessous un article de l'AFP qui remet ce thème à l'ordre du jour alors que vient d'être créer un comité contre le protocole de Londre présidé par Claude Hagège.


Polémique autour de la ratification du Protocole de Londres sur les brevets

Une polémique enfle à propos d'une éventuelle ratification du Protocole de Londres sur les brevets européens par le parlement, des chercheurs et intellectuels s'y opposant au nom de la défense de la langue française, alors que le gouvernement l'appelle de ses voeux.

Un "comité contre le Protocole de Londres", présidé par le linguiste Claude Hagège, "dénonce" dans une pétition "les risques d’une éventuelle ratification (...) dont les grandes entreprises étrangères bénéficieraient au détriment des PME et TPE françaises, et surtout ses conséquences dramatiques pour la langue française".

La ratification de ce protocole, signé en juin 2001, "aboutirait en effet, en Europe, à la suppression de l’obligation actuelle de traduire en français tous les brevets rédigés en langue anglaise ou allemande sous prétexte de diminuer le coût des brevets d’invention", rappellent les signataires.

Dans une tribune publiée le 12 juillet dans le journal Le Monde, la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Valérie Pécresse et le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet se faisaient l'avocat de la ratification, en soulignant que le Protocole "permettrait d'alléger les coûts de traduction, qui représentent 40% de l'investissement initial en vue de l'obtention d'un brevet".

"Le prix de revient élevé des brevets européens ne résulte pas des traductions", affirme pour sa part le Comité contre le Protocole, faisant état d'une étude réalisée par l’Office européen des brevets (OEB) qui l'estime à seulement 15%, en moyenne, de celui du dépôt.

Actuellement, les brevets doivent être publiés dans les langues des 32 pays membres de l'OEB. Dans le cadre du Protocole, il y aurait trois langues "officielles" (Anglais, Français et Allemand), et les textes pourraient être publiés dans une seule des trois.

La ratification, déplore le Comité, "reviendrait à admettre, en réalité, l’usage de l’anglais en droit français et serait très dangereuse pour la pérennité de la langue française comme langue scientifique, technique et commerciale".

Actuellement 100% des brevets sont traduits en Français mais, avec le protocole de Londres, "la part de la francophonie passerait à 7 %", dit-il. Car, selon le Comité, aujourd'hui 70% des brevets sont déposés en Anglais, 23% en Allemand et 7% en Français.

Il rappelle que sur les 31 pays concernés, seuls 13 ont ratifié ce texte et 17 ont refusé de le signer et "continueront d’exiger une traduction obligatoire des brevets européens dans leur langue nationale".

"L’accord de la France étant indispensable pour que ce traité entre en vigueur, c’est elle qui détient le sort de notre langue et du plurilinguisme", souligne le Comité.

Pour la Compagnie nationale des Conseils en propriété industrielle (CNCPI), la ratification "serait un +cadeau+ sans contrepartie aux multinationales anglo-saxonnes et japonaises, qui pourraient déposer plus de brevets encore, et renforcer leur hégémonie et la dépendance juridique et technologique de la France notamment".

Le député Nicolas Dupont-Aignan (non inscrit) qui a signé la pétition, rappelle que "la traduction en français des brevets étrangers constitue pour nos entreprises et, pour toutes les entreprises des pays francophones, une source d'information très importante pour appréhender les connaissances technologiques de leurs concurrents".

Dans sa tribune du Monde, Valérie Pécresse défendait le Protocole sur un plan économique plus général, estimant que le brevet communautaire est "le meilleur instrument car il est le seul qui permette d'avoir un titre unique de protection de la propriété industrielle dans l'Union européenne".

© 2007 AFP


En savoir plus:

20 juillet 2007

La confusion des esprits, par Nicolas Dupont-Aignan

La polémique sur la présence du drapeau européen aux côtés du drapeau français dans l’hémicycle, derrière le Président de l’Assemblée, est tout à fait symbolique de la confusion des esprits qui règne aujourd’hui.

Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, dans une sorte de jubilation postélectorale, des défenseurs de l’Europe supranationale, désavouée le 29 mai 2005, prennent leur revanche contre le peuple, multipliant les gestes symboliques censés montrer la conversion des Français à «l’européisme» le plus béat après, je cite, «une erreur en 2005».

Ils se trompent lourdement sur le sens de l’élection de Nicolas Sarkozy. Car s’il est vrai que ce dernier avait annoncé un traité simplifié adopté par le Parlement (c’était là la raison de ma propre candidature présidentielle), le futur Président de la République s’était bien gardé de dire que ce traité simplifié serait la copie conforme de la Constitution.

Tout au contraire, dans le débat face à Ségolène Royale, il avait insisté sur le fait que, je cite, «la Constitution est morte».

De surcroît, toute sa campagne a été construite autour du thème du retour de la volonté politique et de l’identité française face aux errements de la BCE, de la Commission, de l’OMC. Une fois l’élection passée, on s’aperçoit malheureusement du grand écart entre les discours et les actes.

En vérité, aujourd’hui, ceux qui ont été désavoués en 2005 par le peuple français, font tout pour manipuler et cadenasser l’opinion, la préparer en quelque sorte à accepter avec résignation le futur traité qui, dans les faits, liquide la souveraineté démocratique française.

Car oui, avec cette Constitution là, on passerait, pour prendre les décisions européennes, de l’unanimité des Etats à la majorité qualifiée dans des domaines clefs (négociations commerciales, immigration, services publics, justice et coopération policière, etc.).

Ainsi, le peuple français par ses représentants, Députés et Sénateurs, ne ferait définitivement plus la loi française dès lors qu’une majorité d’Etats au Conseil des Ministres Européen en déciderait autrement.

Pour masquer ce fait fondamental qui équivaut à un suicide parlementaire et démocratique, on fait croire que c’est la seule façon de bâtir l’Europe.

D’où ces actes symboliques comme le défilé des armées européennes le 14 juillet, le drapeau européen sur le quai d’Orsay et, maintenant, comble de tout, le drapeau européen à l’Assemblée Nationale.

Je n’ai rien contre ce drapeau européen qui peut symboliser notre lien privilégié avec nos pays frères. On pourrait d’ailleurs ajouter celui de l’ONU qui symbolise l’amitié entre tous les peuples. Mais l’Assemblée Nationale est l’endroit même où il n’aurait aucun sens puisque, par essence, nous, les Députés, représentons la Nation française. Seul le drapeau tricolore peut donc figurer.

A moins, mais alors il faut le dire franchement, que l’Assemblée Nationale devienne une assemblée régionale et que donc nous soyons obligés de faire allégeance à une nouvelle souveraineté extérieure : celle d’une nouvelle Nation, l’Europe.

Si tel était le cas, il faudrait consulter le peuple car sinon il s’agirait d’un coup d’Etat. Mais cette consultation est refusée aujourd’hui.

Derrière cette affaire du drapeau, il y a bien une mystification profonde. La rentrée sera donc décisive. Profitons de vacances bien méritées pour nous préparer au combat politique de l’automne.

Je reprendrai mon blog à compter du 10 août prochain.

Bon repos à tous !

19 juillet 2007

Universités de rentrée de Debout la République

Pour la quatrième édition des universités de rentrée de Debout la République, les cadres et les adhérents du mouvement se retrouveront les 8 et 9 septembre 2007 à Dourdan (Essonne).

L'objectif y est de réorganiser le mouvement alors qu'il est devenu un vrai parti indépendant et de caler sa stratégie. Ces deux journées sont donc réservées aux adhérents de DLR à jour de cotisation. Inscription et réservation obligatoires, dans la limite des places disponibles.

Voici le programme indicatif de ces 24 heures de rencontres:

Samedi 8 septembre :

  • 9 heures45 : accueil des élus
  • 10 heures-12 heures 30 : session de formation des élus (1ère partie)
  • 12 heures 30 : déjeuner
  • 14 heures 30-17 heures 30 : session de formation des élus (2ème partie)
  • 17 heures : ouverture des universités de rentrée aux cadres et militants actifs. Accueil de Dominique ECHAROUX, Conseiller général de Dourdan.
  • 17 heures 30 : réunion à huis-clos sur la réorganisation de DLR
  • 20 heures 30 : dîner
Dimanche 9 septembre :
  • 8 heures 30-12 heures : réunion des groupes de travail par régions
  • 13heures-14 heures 30 : déjeuner
  • 15 heures : interventions politiques
  • 16 heures 30 : clôture des universités de rentrée

Télécharger le formulaire d'inscription (format PDF)

17 juillet 2007

Contre la République sarkozienne

Nicolas Sarkozy a rendu public lors d'un déplacement à Epinal ses intentions en matière institutionnelle. Alors qu'il avait choisi de faire ce discours là où le général de Gaulle en avait fait un sur le même thème, le président de la République a ébauché des amendements à la constitution qui l'éloignerait encore plus de l'esprit de ses concepteurs. Cela a donné l'occasion aux gaullistes de s'exprimer sur ce sujet d'importance.

Communiqué de Debout la République:
Réforme institutionnelle : un gaullisme de façade !

Le Président de la République a affirmé sa volonté de réformer en profondeur nos institutions, afin de renforcer le rôle de l’Etat, conformément à l’esprit gaulliste de la Vème République.

Le gaulliste que je suis, ne peux que s’en réjouir, pour aussitôt constater qu’il manque l’essentiel dans ces déclarations d’intention.

Tout d’abord, un Etat fort ne sert à rien si ses propres décisions lui sont dictées par d’autres, ce qui est hélas de plus en plus le cas dans le cadre de l’UE actuelle. Un Etat fort sans souveraineté n’est qu’une coquille vide que n’aurait pas acceptée le chef de la France Libre.

Ensuite, il ne faut jamais perdre de vue que l’étendue des pouvoirs présidentiels sous la Vème République est conditionnée par le contrôle direct du peuple sur le Président de la République, exercé au travers de l’élection présidentielle et du référendum.

Or, Nicolas SARKOZY demeure réticent au respect de cette pratique institutionnelle fondamentale. Il l’a dit et illustré en actes en signant une Constitution européenne bis qu’il se refuse obstinément à soumettre au référendum par peur du peuple français.

Ce gaullisme de façade ne doit pas impressionner nos concitoyens, qui risquent hélas de découvrir bientôt le décalage béant entre le marketing politique présidentiel et la politique réelle de l’Elysée.

Nicolas DUPONT-AIGNAN
Député de l’Essonne
Président de Debout la République

Communiqué de l'Union du Peuple Français, de l'Union Gaulliste, d'Initiative Gaulliste, du Rassemblement pour la France et du Cercle Jeune France:

La République gaullienne est en danger !

Ce jeudi 12 juillet, Nicolas Sarkozy s'est rendu à Epinal pour exposer les réformes qu'il compte opérer dans notre Constitution.

Rien de plus logique à ses yeux que de se rendre dans ces lieux symboliques de la Vème République pour expliquer comment il comptait faire pour se débarrasser des fondements de la République gaullienne.

Nous connaissons ses intentions, notamment sa volonté de calquer le modèle institutionnel américain qui lui est si cher.

Après avoir été dénaturée par l'application de la cohabitation et la mise en place du quinquennat, la Vème République risque donc de connaître son coup de grâce ! Soit, le titre, donc l'enveloppe, restera mais ce qui est le plus important, la vision institutionnelle du général de Gaulle, disparaîtra !

Nul gaulliste ne peut l'accepter, de Gaulle ayant donné des fondements solides et efficaces à nos institutions et pas simplement un chiffre à une République !

Que Nicolas Sarkozy souhaite changer d'institutions est son droit mais utiliser le nom du général de Gaulle pour se justifier et les réaliser n'est rien d'autre qu'une honteuse manipulation.

La rumeur qui a été lancée, notamment par LE FIGARO du 4 juillet, prétendant que de Gaulle voulait se rendre devant le parlement, a d'ailleurs fait long feu compte tenu de l'attachement avéré de De Gaulle à la séparation des pouvoirs qu'il avait placé, dès le 13 juin 1958, au coeur de la question constitutionnelle.

L'Union du Peuple Français et ses alliés, l'Union Gaulliste, Initiative Gaulliste, le Rassemblement Pour la France et le Cercle Jeune France, dénoncent ce genre d'agissements !

En tant que défenseurs de la Vème République nous ne pouvons que nous opposer à toute dérive de nos institutions et appeler les gaullistes de conviction à la plus grande vigilance !

"Le régime présidentiel à l'américaine n'est pas un régime pour la France."
Charles de Gaulle, Conseil des Ministres, 19 septembre 1962

13 juillet 2007

Le marché de dupes !, par Nicolas Dupont-Aignan

Au lendemain du sommet de Bruxelles, l’ensemble des observateurs saluait le « miracle Sarkozy », la relance de l’Europe, la réconciliation franco-allemande…

La France, en avalisant le retour de la Constitution pourtant rejetée par son peuple, cédait dans les faits à la pression des pays ayant ratifié le texte, au premier rang desquels l’Allemagne qui faisait coup double (extension de la majorité qualifiée et doublement de ses droits de vote).

Outre le fait que cet accord est démocratiquement scandaleux puisque le principe du référendum est refusé, le pire aujourd’hui est que le Président Sarkozy n’a rien obtenu en échange. En effet sur la question clef de l’euro, la visite du Président devant l’euro groupe s’est transformée en débâcle.

Le Président qui pendant toute la campagne avait, à raison, fait de la lutte contre l’euro cher un préalable au redressement de la France n’a même pas osé aborder franchement les choses. L’Allemagne par la voix de son Ministre de l’économie l’a renvoyé sèchement dans ses buts. Madame Merkel qui a hier déjà tout obtenu de la France à Bruxelles, a dans une interview sur RTL le 11 juillet mis un point final au débat. Je cite : « Je ne m’y prêterai pas, et le gouvernement non plus ».

Ce qui devait arriver arrivera. Pourquoi l’Allemagne céderait sur l’euro, Airbus ou l’OMC puisque la France a tout donné sur la Constitution ?

Tout cela prouve que le grand écart, pour ne pas dire le double langage, entre le discours à Paris et les décisions à Bruxelles, ne fait pas bon ménage avec la défense des intérêts nationaux et la construction d’une Europe équilibrée.

La France mérite mieux que les fanfaronnades de lendemains de sommet. D’autant, et c’est là le plus grave, qu’aucun résultat concret ne pourra avoir lieu sur le plan économique notamment dans la lutte contre les délocalisations, thème central de la campagne présidentielle sans une réforme de la Banque Centrale européenne, le retour à un libre échange loyal, une nouvelle politique industrielle.

C’est donc l’intérêt même du Président de la République et de la majorité de mettre fin à cette diplomatie de coups médiatiques.

Il en est d’ailleurs de même dans les domaines clefs de la réforme économique ou institutionnelle. A-t-on vraiment les moyens de perdre 15 milliards d’euros pour des mesures catégorielles alors même que la réforme de l’Etat reste à l’état de discours ? On se prive des recettes sans savoir si les économies sont tenables. Quant aux Institutions, le trompe l’œil n’est pas loin puisque on fonce vers la présidentialisation du régime sans de réel contrepoids et avec l’oubli délibéré et essentiel de la pratique référendaire.

Tout cela n’augure rien de bon pour l’avenir. L’audace dans le discours doit suivre dans les actes et surtout la réussite repose sur la cohérence dans la durée.

Espérons que l’été portera conseil !

09 juillet 2007

Nicolas Dupont-Aignan s'oppose à la Constitution européenne remaquillée à l'Assemblée

Nicolas Dupont-Aignan a une nouvelle fois défendu la vision gaulliste de l'Europe lors du débat que a eu lieu sur les résultat du sommet européen de Bruxelles le 4 juillet. Voici ci-dessous la vidéo de son intervention à la tribune de l'Assemblée Nationale.


Nicolas Dupont-Aignan à la tribune de l'Assemblée Nationale le 4 juillet 2007.


Une réunion de l'Eurogroupe en trompe l'oeil, par Nicolas Dupont-Aignan

Le Président de la République se rend aujourd’hui à Bruxelles pour plaider en personne les orientations économiques et fiscales de son gouvernement, et tenter d’obtenir une gouvernance de l’euro qui tienne enfin compte de la compétitivité, de la croissance et de l’emploi.

Réclamant depuis Maastricht un changement de politique monétaire, je ne puis que m’en réjouir bien entendu. Car il s’agit avant tout d’une nécessité régulièrement invoquée par les gouvernements français successifs (en 1997, Lionel Jospin déjà !), mais jamais suivie d’effet à cause du peu de persévérance de nos dirigeants.

Mais c’est aussi une promesse de campagne invariablement martelée par Nicolas SARKOZY depuis un an – comme par sa rivale socialiste d’ailleurs. A cet égard, le chef de l’Etat joue une bonne part de sa crédibilité en venant croiser le fer avec nos partenaires et la Commission européenne.

Hélas, son refus de faire inscrire un changement des statuts et des objectifs de la Banque Centrale Européenne (BCE) en contrepartie du sauvetage de la Constitution européenne rebaptisée « traité simplifié » pour les besoins de la cause, rend difficilement crédible son plaidoyer pour un assouplissement de la « gouvernance monétaire européenne ».

Le président de la République fait mine de croire qu’il existe, dans le cadre des traités existants, des marges de manœuvre inexploitées pour y parvenir. Il est bien le seul. La lettre des traités de Maastricht et suivants est à cet égard sans ambiguïté : la BCE, dont la totale indépendance est inscrite noir sur blanc dans le fameux « acquis communautaire », a pour seule mission de veiller à la stabilité des prix sans autre forme de considération.

Ainsi, le seul moyen juridique de parvenir à un assouplissement monétaire consisterait à réformer les traités eux-mêmes, ce qu’une majorité de nos partenaires, Allemagne en tête, refusent obstinément, par dogme et intérêt à courte vue. Ainsi, le vrai obstacle à la réforme de la BCE est politique : la France (et l’Italie aussi) s’est elle-même mise dans le piège monétariste dont elle ne parvient pas à sortir par peur de mécontenter ses partenaires. C’est exactement le même problème qui est posé par le libre échange sauvage dont souffrent notre économie et nos emplois.

Nicolas SARKOZY aura beau présenter comme une victoire le report de l’équilibre de nos comptes publics à 2012, il ne pourra pas sortir de la contradiction béante qui consiste à tout lâcher à Bruxelles le 23 juin lors du sommet institutionnel pour, 15 jours plus tard dans la même ville, faire mine de réclamer ce qu’il n’a pas voulu obtenir lorsqu’il en avait vraiment le pouvoir.

07 juillet 2007

Témoignage d'un gaulliste historique

L'hebdomadaire libéral Le Point consacre un portrait à Pierre Lefranc, ancien collaborateur du général De Gaulle, et dont on réédite l'ouvrage "Avec de Gaulle" augmenté d'un chapitre plus contemporain sur les fossoyeurs et les héritiers du gaullisme. A lire. Voici ci-dessous le texte de cet article.


Gaulliste de conviction

28/06/2007 - Aurélie Jacques - © Le Point - N°1815

Il est le gardien du temple gaulliste. A 85 ans, Pierre Lefranc, compagnon du Général des débuts du RPF jusqu’à sa mort, en 1970, et cofondateur avec André Malraux de l’institut Charles-de-Gaulle, traque les manquements à la mémoire du fondateur de la Ve République. Dans « Avec de Gaulle », réédition du récit de ses années aux côtés de l’ancien président, il signe un chapitre inédit. Procès en tartufferie, le texte intitulé « L’imposture et les dérives » entend démasquer les « pseudo-gaullistes » à travers trente-cinq années de politique (1970-2005).

Premier visé : le RPR, coupable aux yeux de Lefranc d’avoir, par des alliances centristes, poursuivi la construction européenne aux dépens de l’indépendance française. De la présidence Chirac, l’auteur ne retient que l’opposition à la guerre en Irak. Il reproche à l’ex-chef de l’Etat d’avoir légitimé le gouvernement de Vichy en reconnaissant la responsabilité de la France dans la rafle du Vél’ d’Hiv et déplore l’instauration du quinquennat : « Aujourd’hui, les présidentielles ont trop d’influence sur les législatives. »

Pierre Lefranc, qui, en 2002, avait voté pour Jean-Pierre Chevènement, ne reconnaît que peu de « gaullistes de conviction ». Parmi eux, il cite le député réélu Dupont-Aignan et le sénateur Baudot. Qu’en est-il du président en exercice, qui, pendant la campagne, est allé à Colombey rendre hommage au Général ? « Sarkozy peut faire la rupture qu’il veut, il n’a aucune raison de se réclamer du gaullisme. Il n’y a qu’à voir ses objectifs en matière européenne », bougonne l’ancien résistant. Politique spectacle, campagnes à prix exorbitants, « la vie publique a perdu de sa dignité », déclare Lefranc, dénonçant « une pollution par l’argent » . Gaulliste de la première heure, il semble compter les dernières d’une espèce en voie de disparition

« Avec de Gaulle », de Pierre Lefranc (éd. François-Xavier de Guibert, 316 pages, 24 €).


Vous pouvez commander le livre de Pierre Lefranc dans une librairie près de chez vous ou sur Internet en cliquant ici.

05 juillet 2007

Pour une France libre, par Nicolas Dupont-Aignan

Je sors de l’Assemblée Nationale au terme du débat sur les conséquences du sommet de Bruxelles des 21 et 22 juin derniers.

Dans un hémicycle quasiment désert, nous avons entendu le Ministre des Affaires Etrangères rendre compte du sommet et se féliciter de l’accord soi disant historique qui remet la constitution européenne en selle rejetée par les Français en mai 2005.

Sa sincérité et sa désinvolture sautaient aux yeux.

Sincérité lorsqu’il a dit clairement ce que l’on veut cacher aux Français : le projet de traité « simplifié » reprend la substance de la Constitution. On est si loin des propos de Nicolas Sarkozy candidat qui, lors du débat avec Ségolène Royal, avait affirmé devant la France entière « la Constitution est morte ». Son nom a disparu certes mais le contenu reste !

Désinvolture lorsqu’il a osé dire que grâce à la ratification parlementaire donc à l’absence de référendum il n’y aurait plus de coupure entre le peuple et l’Europe. La démocratie gène, on la supprime !

Ensuite, en entendant les différents intervenants, j’ai retrouvé les éternels arguments du débat sur la Constitution européenne. A la différence près que les avocats de ce texte conscients du rejet viscéral du peuple sont prêts à tout pour imposer leur vue.

Après être intervenu à la tribune de l’Assemblée, j’ai longuement marché à travers Paris comme d’ailleurs je l’avais fait à Versailles en janvier 2005 après le terrible vote du Congrès acceptant la modification constitutionnelle permettant la ratification du projet Giscard.

J’avais besoin de réfléchir encore et toujours sur cette étonnante capacité de nos élites à se masquer la vérité.

Comment, en effet, les parlementaires peuvent-ils à ce point scier la branche sur laquelle ils sont assis ? Comment dans l’indifférence générale accepter de laisser déposséder le peuple de sa souveraineté ? Comment ne pas réagir face à tant d’hypocrisie, d’inconscience ?

Un voisin de rang me disait tout à l’heure « on comprend quand on voit cela comment la chambre a pu dans un moment d’égarement confier les pleins pouvoirs à Vichy » ! A-t-il vraiment tort d’aller jusqu’à cette comparaison historique ?

Car en définitive si ce traité était adopté par le passage à la majorité qualifiée nos lois ne seraient plus décidées par les Français c'est-à-dire par leurs représentants mais par une majorité de ministres au Conseil européen. Fin de la séparation du législatif et de l’exécutif, fin de la souveraineté nationale et populaire : ce n’est pas rien quand même !

Comment une Nation arrive-t-elle au point que ses dirigeants n’ont plus envie qu’elle vive ? Pire, comment quelques semaines après avoir été élu sur le retour du politique, du volontarisme économique et de la défense de l’identité nationale, le nouveau Président peut-il saborder les moyens du redressement qu’il souhaite incarner ; Inconscience, machiavélisme, je ne comprends pas.

C’est pourquoi, nous devons tout faire pour combattre ce projet de traité et réclamer un référendum.

Nous sommes à la fois très seuls et très nombreux. La bataille sera rude mais elle vaut le coup d’être menée car c’est celle de la survie de la France libre !

Pourquoi je me suis abstenu lors du vote de confiance au gouvernement, par Nicolas Dupont-Aignan

L’activité parlementaire a repris. En siégeant chez les non inscrits, je bénéficie paradoxalement de davantage de temps de parole que lorsque j’appartenais à l’UMP et surtout une entière liberté !

Après la déclaration de politique générale du Premier ministre, j’ai ainsi pu intervenir pour expliquer mon vote. En conscience, fidèle à la ligne de partenariat loyal mais vigilant à laquelle j’ai décidé, avec François-Xavier VILLAIN, de me tenir, j’ai refusé de voter la confiance et me suis abstenu (texte de mon intervention sur le site DLR).

Comment en effet accepter sans réagir la contradiction fondamentale entre le discours volontariste et offensif du Premier ministre, que j’aurai pu à quelques nuances près signer, et l’acceptation à Bruxelles d’une Constitution-bis qui lui interdira d’agir et placera davantage encore la France sous tutelle ?

J’ai retrouvé lors de cette séance comme dans les couloirs après mon intervention, les commentaires et les attitudes habituelles de mes collègues.

A l’exception des avocats de la supranationalité européenne, des fédéralistes qui ont hâte de prendre leur revanche sur le référendum de 2005 et qui se réjouissent du tour de passe-passe du Président de la République, les autres députés me considèrent avec incompréhension, ironie ou résignation.

Quelques uns sont venus me voir pour me dire : « tu as raison mais que pouvons-nous !». Les autres me regardent comme si j’étais une sorte d’extraterrestre au langage inconnu.

La plupart ne comprennent pas qu’en se résignant à ce mini-traité comme ils s’étaient résignés à la Constitution européenne, ils scient la branche sur laquelle ils sont assis, ils dépossèdent l’Assemblée Nationale de ses pouvoirs, ils privent les Français de leur liberté ! Bref, ils laissent vider de sa substance notre démocratie !

Cet après-midi je vais intervenir à nouveau, cette fois justement lors du débat sur l’accord de Bruxelles.